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Premiers principes, p. Î

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presque infinitésimales qui 8*y introduisent, se produit peu à peu cette combinaison complexe de tissus et d'organes qui constitue l'être adulte. C'est là l'histoire de tout organisme ; c*est aussi, en général, l'histoire de tout progrès. La formation de la terre» le développement de la vie sur sa surface, puis de la société humaine, du gouvernement, de rindustrie, du commerce, du lan* gage, delà littérature, de la science et de Tart, supposent la même évolution du simple au complexe, de la structure « homogène » à la structure a hétérogène ».

La raison en est, selon M. Spencer, que tout ce qui est uniforme et homogène est instable. En eCTet, chaque cause qui agit sur un objet homogène y produit, dans toutes les directions, des eCTets que la variété même des directions rend variés, comme une pierre tombant dans l'eau engendre des ondulations diverses. L'état d'homogénéité est en général une condition d*équilibre instable ; la diversité dans Tunité est une condition de durée et d'équilibre stable.

Pourtant nul équilibre de forces ne peut durer toujours ; les actions extérieures finissent par décomposer les mécanismes ou organismes les plus parfaits : c'est la loi universelle de disse* lution.

Évolution et dissolution embrassent le monde et Ten traînent dans un changement perpétuel. Tout a été produit et tout sera détruit par cette incessante métamorphose. Les individus sont des combinaisons passagères ; il en est de même des espèces, que la vieille métaphysique et la vieille physique croyaient immuables. Les espèces ne sont pas des créations successives faites par une intervention directe du créateur selon un type fixe, et à jamais enfermées dans ce type comme en un cadre infranchissable. D'après Técole anglaise comme d'après l'école allemande, tout est flexible, tout est changeant ; la vie circule à travers les formes qui paraissent immobiles, et, peu à peu brise ces formes. Aussi l'école anglaise a fait la plus large place dans sa cosmologie et étendu à l'explication de toutes choses la grande hypothèse du naturaliste et philosophe anglais, M. Charles Darwin, sur la production des espèces vivantes, hypothèse qui a ouvert une ère nouvelle à la pensée.

Selon M. Darwin, révolution des espèces est soumise à deux lois, dont la psychologie même nous a montré déjà des appli* cations : lutte pour la vie et sélection naturelle. Les individus

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fÎTanto 66 multiplient avec une rapidité incroyable, selon im« progression géométrique qui, dépassant de beaucoup la proportioo des subsistances, amène entre les animaux la concurrence vitale ou lutte pour la vie, struggle for life. Dans cette lutte qui remportera ? Les plus forts ou les plus intelligents, en un mat» ceux dont le mécanisme physique ou intellectuel est le mieux adapté au milieu. Les vainqueurs transmettront ensuite par l'hérédité leur supériorité organique à leurs descendants, et ainsi l'avenir leur appartient. — Maintenant, comment se produisent et la. divergence des espèces et leurs formes de plus en plus dissemblables ? Par un triage naturel, dont les triages artificiels offrent l'image. Nous, par exemple, entre les fleurs de nos jardins, noa& choisissons les plus beaux sujets, ceux qui ofTrent une particu* larité, une nouveauté, et nous semons leurs graines ; puis, parmi les individus sortis de ces graines, nous choisissons encore ceux qui offrent le mieux les particularités que nous désirions, et nous semons de nouveau leurs graines. Ainsi s*obtiennent des variétés nouvelles, ainsi Téglantine devient la rose. De même pour le perfectionnement des races animales. On choisit pour la reproduction les sujets qui offrent les qualités voulues, et cesqualités vont s'accusant de plus en plus avec les générations. Un triage analogue, mais tout mécanique, a lieu dans la nature^ selon M. Darwin : c'est la sélection naturelle (i). Un individu se trouve-t-il avoir accidentellement une qualité qui le rend plus capable de l'emporter dans la lutte pour la vie ; il l'emporte en effet et transmet cette qualité à ses descendants, qui fixent de plus en plus dans leurs organes la supériorité reçue de leurs ancêtres. Une variété accidentelle devient de cette manière une variété essentielle, puis une espèce. Ce sont des ramifications qui vont s'écartant de plus en plus et qui finissent par pa-» raitre étrangères l'une à l'autre ; allez au fond, et vous trouverez la souche commune. — Telle est la loi de sélection que l'école anglaise étend à l'univers physique, puis au monde humain, i aux races, aux sociétés, aux langues, aux mœurs. C'est une concurrence perpétuelle entre les plus forts, entre les plus intelligents, entre les meilleurs, et un perpétuel triage des êtres. Les . vainqueurs sont dépassés à leur tour et vaincus : tout marche, tout avance, tout tend à se mettre en équilibre avec le milieu et avec les autres êtres. La fin de ce progrès, ce serait un état de

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