‹ Histoire de la philosophieChapitre 35 sur 397 · Arist., Métaphysique, U 11 l · texte numérisé non relu

Arist., Métaphysique, U 11 l

ANAXAGORF. 4t

ment de rotation qu'elle partageait dans le principe avec le reste de l'univers, et devenues incandescentes au contact de Téther ce* leste, qui est embrasé. Le soleil est une masse de feu; la lune, qui a des montagnes et des vallées, emprunte sa lumière au soleil (1).

Tel est l'effet produit par l'action de l'esprit ou de l'intelligence. Mais quels sont les attributs de l'esprit considéré en lui-même ?

« L'Intelligence est infinie (Sictipw) », c*est-à-dire présente à rimmensité tout entière. « Elle est indépendante (ovrox/ian};) », comme il convient à ce qui n'est plus un attribut, mais un principe. « Ne se mêlant à quoi que ce soit^ elle existe seule et par « elle-même. » « Si elle souffrait quelque mélange, elle participe- « rait nécessairement de toutes choses, car il y a de tout en «tout ; et dans cette confusion avec les éléments, eUe perdrait le « pouvoir qu'elle a sur eux et qu'elle doit à la simplicité de son « essence (2).» « L'Intelligence est ce qu'il y a de plus subtil et « de plus pur ; et elle a la connaissance entière du monde entier. « Rien ne lui échappe. Elle connaît ce qui est mélangé, ce qui a est distingué, ce qui est séparé. De même elle meurt et ordonne « tout : ce qui devait être, ce qui a été, ce qui est-ce qui sera (3). »

En résumé, les idées qu*Anaxagore semble avoir introduites dans la philosophie sont :

1« L'idée de TinQuité qui existe en toutes choses, et qui fait que chaque chose, comme le diront plus tard Pascal et Leibnitz, est un univers ;

2" La nécessité de Tlntelligence pour introduire l'ordre dans l'indéfini, au moyen du mouvement ;

3* Le caractère absobi et simple de l'Intelligence universelle et impersonnelle, à laquelle tous les esprits participent.

Mais le dieu d'Anaxagore n'est encore qu*une Ame motrice du monde qui agit par un enchaînement d'effets mécaniques, saus agir en même temps par un enchaînement de moyens en vue d'une fin suprême, le Bien. C'est une pensée motrice et non une volonté morale. En outre, il resterait à savoir si la matière primitive du monde ne suppose pas déjà elle-même la pensée et si la prétendue confusion primitive n'était pas déjà une organisation latente révélant une intelligence, intérieure ou extéiieure.

1. Oq reconnaît le pressentiment des théories cosmogonîques de BufTon et de Laplace.

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