LES SOPHISTES. PROTAGOBAS ET GORGIAS
L Les professeurs de science et do rhétorique ou sophistes étaient devenus très-nombreux à la lin du v° siècle. Sans former une secte proprement dite, ils avaiçnt une méthode et des doctrines analogues. La lutte des systèmes, frappante surtout à Athènes, vint détruire toute idée de vrai absolu : les sophistes en conclurent que tout est vrai rela^ tivemeni pour qui sait le soutenir, et que rien n'est vrai absolument. — II. Protagoras d'Abdère tire du sensualisme ionien les conséquences qu*il renferme. L'homme est la « mesure de toutes choses » par la sensation ; car les choses ne sont pour nous que comme elles nous apparaissent, c'est-à-dire comme nous les sentons. De là relativité uniyerselle des pensées. — III. Gorgias, de Léontium en Sicile, lire les conséquences sceptiques de l'idéalisme éléale. Rien n'existe ; ou, si quelque chose existe, il ne peut être connu; ou s'il existe et est connu» il ne peut être exprimé. Telles sont les trois thèses de Gorgias. — IV. Après avoir substitué le relatif et le vraisemblable à l'absolu et au vrai aans la métaphysique, les sophistes substituent, dans la morale,
moment utile dans le développement de la philosophie grecque : les sophistes ramènent la pensée des objets au sujet, et montrent que c'est la pensée elle-même qui doit être la mesure des choses. Mais ils ne voient dans la pensée que la sensation variable, au lieu d'y apercevoir la raison immuable, et, plus profondément encore, la volonté libre. 60
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