PLATON I. — DIALECTIQUE DES PENSEES. THÉORIE DES IDÉES
Le monde sensible n'est qu'un monde d'apparence, el les sens ne nous font connaître que des ombres. Allégorie de la caverne. La dialectique est la marche par laquelle l'esprit s'élève des apparences passagères aux réalités éternelles. — D'aoord, entre les phénomènes particuliers et variables, l'esprit aperçoit des rapports qui sont les lois générales et constantes de la nature. Les individus passent, les espèces subsistent, réalisant toujours le môme type, par exemple celui de la fleur, de ranimai, de l'homme. — Celte constance des lois et des types généraux dans la nature doit avoir sa raison dans le Principe suprême d'où tout dérive. — Nature des idées. — Ce principe renferme élernellemenl en lui ce qui rend possible la fleur» l'animal, l'homme. Il possède en lui, sous une forme supérieure, toutes les perfections qui
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ne sont réalisées qu'incomplétemeot dans la fleur, dans l'animal, dans l'homme ; en d'autres termes, il réalise éternellement en lai-mème ridéal de chaque espèce d*étres. L'idéal d'un objet élcrnellemenl réalisé dans le principe de Tétre s'appelle Tldée de cet objet, par exemple ridée de l'homme, ou Thomme en soi. ou l'homme éternel. ~ Caractères de l'Idée. — Perfeclion ou pureté sans mélange, existence absolue, éternité, immutabilité. — happcrU des Idées aux objets. — L'Idée est pour les objets le principe de Fexistence ; exister, ce n'est autre chose que participer aux Idées. Chaque homme, par exemple, n*exi8te que par sa participation à l'Idée de Thumanilé, comme la copie n'existe que par sa ressemblance au modèle. — Rapports des Idées à la pensie.^Les idées sont pour la pensée le principe de la connaissance. Connaître, c'est voir les choses dans leurs Idées et dans ridée des Idées qui est l'Unité suprême, ou le Bien suprême, ou Dieu Dieu est le soleil des esprits, d'où dérive à la fois l'intelli^bilité et Tintelligence 87
II. — DIALECTIQUB DBS SENTIMENTS. THÉORIE DE L'AHOUR DU BIEN.
n Y a deux degrés dans l'amour, l'un correspondant au monde sdnsible, rautre au monde intelligible, la Vénus terrestre et la Vénus céleste. Tout amour, comme toute pensée, a son principe et sa lin dans le bien. On aime dans les êtres leurs qualités, coii3C(|UfU]u)enl leur participation aux Idées et au Bien : ou plutôt, ce sont les Idées, c'est le Bien même qu'on aime en eux. L'amour de Dieu est le Tond de tout amour, comme la pensée de Dieu est le fond de toute pensée. L'amour, par une marene dialectique analogue à celle de i intelligence, s'attache d*abord à la beauté des formes, puis à la beauté des âmes, qui se révèle dans les belles actions, datisies beaux senliments, dans les belles pensées. L'amour, s'élevant ainsi de beauté en beauté, ne peut trouver de repos que dans la contemplation de la beauté éternelle 93
m. — DIALECTIQUE DES ACTIONS. UORAI.E R POLITIQUE.
Théoiie de la volonté, — La volonté ne peut vouloir comme fin générale des actions que le bien, et dans le choix des moyens ou des actes particuliers, elle incline toujours vers ce qui lui semble le plus ^rand bien. Platon n'admet pas plus que Socrate le libre -arbitre. — Morale platonicienne. — La vertu est la conformité de Tâme aux Idées, et conséquemment sa ressemblance avec Dieu ; la sagesse, le courage et la tempérance produisent dans Tàme un ordre et une harmonie des fonctions que Platon appelle la justice intérieure. — La justice extérieure n'est que la réalisation d'un ordre analogue dans la société. L'homme le plus juste en lui-même est aussi le plus juste dans ses rapports avec autrui, et en général Têtre le meilleur en soi est aussi le meilleur pour les autres.^ La justice entraine la bienfaisance. Il faut faire du bien à tous les hommes \ il ne faut faire de mal à aucun, pas môme à ceux qui nous en ont fait. On ne doit pas rendre injustice pour injustice. — PoWigu^p/afonîctcmie. — La politique n'est pour Platon qu'une morale en grand, et il aboutit à confondre entièrement la politique et la morale. Le but de la politique, selon lui, serait de rendre les hommes vertueux et heureux. De lâi l'exagération des^ pouvoirs qu'il attribue à TËtat sur l'individu : TËlat est tout» l'individu n'est rien ; la famille même et la propriété doivent être, s'il le faut, supprimées au profit de l'Etat. Communisme platonicien. Théorie de Platon sur la loi. Œuvre de raison et de science, elle doit être précédée des raisons qui la justifient ou d'un exposé des motifs.
Théorie des lois pénales. Platoa fonde la pénalité sur le principe d'expiation, ce qui Pentralne à faire tomber sous la pénalité sociale des erreurs et des fautes privées ou religieuses contre lesquelles TEiat est réellement sans droit U8