‹ Histoire de la philosophieChapitre 369 sur 397 · II. — DEUXIÈME PÉRIODE DE LA SCOLASTIQUE · texte numérisé non relu

II. — DEUXIÈME PÉRIODE DE LA SCOLASTIQUE

Les Arabes avaient traduit et commenté les écrivains grecs: leurs priacipaux philosophes péripatéticiens furent le médecin Avicenne(xi* siècle et Avcrrhoès (XIP siècle). Les doctrines des Arabes furent transmises aux chrétiens par les Juifs venus d'Espagne, qui eux-mêmes avaient produit plusieurs philosophes distingués, principalement Maimonide (XII* siècle). On connut bientôt en Occident les principaux ouvrapfcs d'Aristote: Physique, Métaphysique et Morale, Do là un Ilot d*idées nouvelles et une puissante impulsion donnée aux esprits. — Le dominicain Albert le Grand, à cause de sa science, passe pour magicien. — Son disciple saint Thomas, Vange de l'école, essaie de concilier la philosophie d'Aristote et le christianisme. Dans sa doctrine de la volonté. il compromet la liberté humaine par la prémotion physique^ selon !«• quelle Dieu veut éti ruellement que nous fassions tel ou tel acle et ce> pendant que nous le fassions librement. -- Dans sa doctrine sur le prin* cipe de Tindividualiié ou de Vindividuation (problème alors domioanl), il compromet rindividualité de la personne enta faisant reposer sur la matfère ou le corps, non sur la volonté libre. — Dans sa conception de Dieu, saint Thomas fait prédominer l'attribut de rintelliecnce sur celui de la volonté et semble placer en face de la volonté divine une vérité nécessaire qui en est indépendante. Dieu est encore pour lui une nature parfaite plutôt qu'une liberté parfaite. — Dans l'ordre de la morale et du droit, saint Tnomas professe que la propriété n'est ni de droit naturel ni contraire au droit naturel ; il admetresclavagc et re~ jette la liberté de penser. La politique de saint Thomas, empruntée à Aristote, est assez libérale dans ses principes. — Il L'ordre aes demi* nicaîns, chez lequel dominaient les idées autoritaires, eut pour ad • versaire l'ordre des franciscains, dont les tendances étaient plus libérales. Cet ordre contient des observateurs de l'âme, comme le mystique saint fionaventure (xiu<^ siècle), et des observateurs de la nature, ae« vanciers de la science moderne, tels que Roger Bacon et Raymond Lulle> Roger Bacon enrichit la science et en parliculicr l'optique de théories nouvelles. — Le ffrand rival de saint Thomas et le métaphysicien par excellence dans rordre des franciscains est Duns Scoc {doctor subtilis). Il place Le principe de rindividualité dans l'activité libre ; il élève la volonté au-dessus de l'intelligence en Dieu comme dans l'homme , . 20d

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Avec l'esprit d'indépendance qui se fait jour au xiv* siècle commence la décadence de la scolastique. £lle est précipitée à la fois par les dialecticiens et Jcs mystiques. — Le dialectfcien par excellence fut le franciscain et scotiste Jean d'Okkam, qui renouvelle avec éclat la grande querelle des réalistes et des nominalistes ; il se range parmi les derniers. — Après lui, la dialectique des écoles se perd de plus en plus dans les subtilités et les arguties. Par opposition, le dégoût de la logique et de la métaphysique rationaliste incline un grand nombre d'esprits au mysticisme : Pétrarque en Italie, Eckart et Tauler en Allemagne, Germon eu France. — Lé myslicisme populaire trouva sa plus admirable expression dans Vlmitation de Jcsus-Christ^ dont l'auteur est ioconnu . » . . 212

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