L PREMIÈRE PÉRIODE DE LA SCOLASTIQUE
L'influence du mysticisme néoplatonicien et chrétien domine à l'origine de la scolastique. ITrlandais Scot Erigéne (ix* siècle) reproduit eu grande partie les doctrines de Platon et de Plotin. — I. Querelle des nominalistes et des réalistes. Les dialecticiens. — fiientôt reparut le problème qui avait séparé Platon et Aristote : celui des idées. Les idées universelles ou universaux, par exemple l'humanité, ont-elles un» existence séparée des individus qui les manifestent (Platon), ou n'ontelles d'existence que dans les individus mêmes (Aristote) ? Ge grand problème de l'origine des idées qui enveloppe celui de l'origine des choses, devait agiter tout le moyen &ge. — La question fut d'abord résolue dans le sens platonicien : les idées universelles répondent à des réalités distinctes de notre pensée et de la nature; c'est la doctrine rdoliste soutenue surtout p^rsaint Anselme (XP siècle). Saint Anselme, outre qu'il reproduit la dialectique platonicienne, y ajoute un argument nouveau en faveur de l'existence de Dieu : l'argument ontologique. Selon lui, il est contradictoire de penser que la perfection n'existe pas, car, l'existence étant elle-même une perfection, cela revient à penser que la perfection est imparfaite. — En face de ce réalisme platonicien, selon lequel l'idéal est ce qu'il y a de plus réel, se développe un système qui, reproduisant et exagérant une partie des objections d'Ans-
tole àPIaton, refuse toute réalité aux idées universelles. Ces idées, selon Roscelin, ne sont que des mots et des noms. Tel est le nominalisme. — Guillaume de Champeaux combat Roscelin en poussant le réalisme jusqu'ù ses dernières exagérations. — Entre ces deux doctrines extrêmes se place le conceptualisme (TAbélard, selon lequel les idées universel les sont des conceptions de la pensée résultant de sa nature essentielle; doctrine analogue à celle d^Aristote. L'indépendance et la libre dialectique d*Abé1ard lui attirèrent les condamnations de l'Eglise. — II. L^es mystiques de la première période, — Saint Bernard oppose la piété mystique aux hardiesses de la dialectique rationaliste. — Même tendance dans ï école de saint Victor ^Hugues et Richard, de l'abbaye de Saiat* Victor). Les mystiques finissent par admettre, eux aussi, une sorte de liberté d'esprit opposée aux formules de rajitorité. — La libre pensée faisant des progrès, l'Eglise condamne au bûcher un grand nombre dMiérétiques et frappe dVinathômo les ouvrages d'Aristote (1209). — Un peu plus tard, Arislote devient la principale autorité dans les choses humaines, prmcwrsor Ckristi in rébus naturalibus. • • 199