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IV. — SCUOPENHAUSa

MÉTAPHYSIQUE. Schopenhaucr s'annonce comme disciple de Kant« dont il reproche à Hegel de s'être écarté. Il admet avec Kant llmpossi* bililé de dépasser l'expérience, mais il croit que, dans les limites de r^xpérience, une métaphysique ou théorie de l'univers est possible.

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Il supprime toute théodicée au profit de la cosmologie.— D^aiilcurssa théorie de l'univers n'est pas une physique se bornant aux phénomènes, mais une métaphysique cherchant sous les phénomènes la réalité. Confondre la métaphysique et la physique, selon Schopenhauer, c'est détruire la morale. -^ Après avoir soutenu que la métaphysique est possible, Schopenhauer développe son propre système. — D y a un monde apparent et un monde réel. Le monde apparent n'est que la manière dont notre intelligence se représente les choses; il est notre « représentation ■. Pour trouver le monde réel, il faut chercher en soi ce qui est au delà de rintelli^once, au delà des représentations. Avant de penser et de raisonner, nous tendons à vivre età agir, nous désirons, et le désir en son essence est volonté. La volonté est ce que nous avons de plus intime; nous sommes volonté. — Que sont les autres choses ? Nous devons chercher à comprendre la nature par nousmêmes, et non pas nous mêmes par la nature. Le fond de toute action, hors de nous comme en nous, doit être la volonté. La volonté ne se ramène pas au concept de force ; ce serait ramener, dit Schopenhauer, le connu à l'inconnu. — Caractères de la volonté. Universalité: tout veut dans la nature. Indesiruclibilité : les formes disparaissent, la volonté reste. Liberté absolue: la volonté, en elle-même, est indépendante de toute connaissance, et par conséquent du déterminisme ou de la nécessité qui est la loi de la connaissance. — Moralb. Dévelop-

Sement de la volonté, ou théorie des mœurs. Au plus bas degré An éveloppement moral est l'égolsme, qui est l'affirmation ardente de la volonté de vivre. — Le sentiment moral a pour essence la pitié, qui

Î provient de ce qu'on reconnaît tous les êtres comme identiques dans a réalité absolue. ^ Le plus haut degré de moralité consiste dans ranéantissement de la volonté de vivre, et. avec la volonté de vivre, de tout égoYsme, de toute individualité. Reproduction par Schopenhauer de la morale boudhiste. On parvient à la volonté de s'anéantir par l'ascétime et par la science. La science aboutit à cette conclusion que le monde, loin d'être le meilleur possible, est le plus mauvais possible, et que le mal tient à la vie même. Pessimisme de Schopenhauer. ^ La pleine conscience que le monde est un mal aboutit à la volonté de ne plus vivre et de ne plus revivre. Le détachement absolu de toute existence est le Nirvana. — En se détachant ainsi de l'existence phénoménale, o'ontre-t-on pas dans l'existence réelle, et en quoi consiste cette existence? Selon Schopenhauer, ce sont là des questions transcendantes dont nous ne pouvons rien savoir. Sa philosophie tout immanente se tient dans les limites du monde et ne prétend pas les franchir. Voilà pourquoi ellese termine par une négation. — Conclusion. Tout en reconnaissant que la volonté est Tesscnce des choses, Schopenhauer n'a point eu une notion exacte de la volonté, de la liberté idéale et de rindividualité. 11 donne à la volonté un caractère impersonnel au lieu d'y njcouuultrc le londemeut même de la personnalité. 4J7

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