‹ Histoire de la philosophieChapitre 389 sur 397 · I. — FICHTE · texte numérisé non relu

I. — FICHTE

Essence de la liberté, — Kant avait montré que la liberté est le principe absolu; Fich le s'efforce de faire comprendre en -quoi la liberté consiste. Elle n'est pas une chose toute faite, toute réalisée ; elle se produit elle-même et tend à se réaliser par un développement sans fin. ^ La tendance ne se conçoit qu^en vue de l'idéal et du bien, ou de oe qui doit être. Ce qui doit être est donc supérieur à ce qui est, et en général ridée de devoir est supérieure à l'idée d'être. Philosopher, c'est se convaincre que l'être n'est rien^ que le devoir est tout. — Ce qui doit être, c'est la liberté même. La hberté est donc tout ensemble son principe et sa fin ; elle est l'absolu. — Rapports de la liberté et de la nattu^. — La liberté trouve en face d'elle la nature. Est -elle seulement, comme Kant l'avait cru, le principe législateur du monde, ou est-elle le principe créateur? Fichte supprime toute matière indépendante de la liberté. La borne du moi existe; mais il ne la rencontre pas* il la fait. La perfection de la liberté consiste dans l'effort et la lutte ; il faut qu'elle se dresse à elle-même un obstacle pour le franchir, l^e moi se pose, puis s'oppose le nonmoi, puis reconnaît l'identité du moi et du non-moi. — Rapports de la Uberté avec Dieu. — Dieu est l'idéal de la liberté. Il n'est pas, selon Fichte, une individualité, une personnalité particulière. 439

IL — SCBËLLING

Fichte faisait dériver la nature de la liberté, le non-moi du moi, l'être delà pensée ; Schellin» croit que l'absolu est un principe antérieur à cette dualité. La pensée et l'être dérivent l'un et 1 autre d'un principe supérieur qui n'est ni l'un ni l'autre. L'absolu est l'indifférence ou l'identiié des contraires — La science^ premier degré de la vie spiri-

— De la beauté. -^ De la grâce. * La religion intérieure, révélation suprême de l'absolu. — Dernière philosophie de Schelling où, par réaction contre Hegel, il élève la volonté au-dessus de la raison. • 442

m. — HEGEL.

L'absolu, chez Schellîn^, semblait encore un principe supérieur à la nature et à rbumanité ou transcendant. Selon Hegel, Pabsolucsl immanent à la nature et à Thumanité. Il est la raison ou la pensée se réalisant par un progrès sans lin. — La vraie raison et la rraie réalité sont identiques : « tout ce qui est rationnel est réel, et tout ce qui est réel est rationnel, i — Le proiorrôs par lequel la raison se réalise est le devenir. L'absolu n'est pas, il devient. — L Logique, — La vraie science de la pensée, ou logique, ne fait qu'un avec la vraie science de l'être ou métaphysique. La logique abstraite et relative repose sur le principe de contradiction. La logique réelle et absolue repose sur l'identité des contraires. La raison absolue, étant affranchie de toutes les oppositions Jes pose et les détruit tour à tour, manifestant ainsi son indépendance. C'est pourquoi les moments de révolution universelle sont des contradictions réalisées. La lumière enveloppe les ténèbres, la vie enveloppe la mort. — Aussi la dialectique, ou méthode par laquelle la pensée et l'être se développent, procède par thèse, antithèse et synthèse. Les antinomies que Rant voyait seulement dans

identique à son contraire, le non -être. L'être pur et le pur non-élre sont deux thèses abstraites; la réalité vivante e«t dans la synthèse où elles sont ramenées à l'unité, et cette synthèse est le devenir ; car l'être qui devient est et n'est pas tout ensemble. — L'évolution de la pensée et de l'être se manifeste dans la réalité sous deux formes principales, la nature et l'esprit. — H. Philosophie de la nature. — Progrès de la nature vers rindividualité: l'égolsme, loi de la vie organique, se détruit lui-même par la mort. — III. Philosophie de l'esprit. — L'individu, selon Hegel, ne peut être libre que dans la société. ^ L'Etat est la substance de l'individu. — Pouvoir despotique que Hegel attribue à l'Etat sur l'individu et sur la fhmille. —Personnification de l'Etat dans le souverain. Politique autoritaire de Hegel. — La philosophie de Tbistoire. Apothéose du succès. —Degrés successifs du développement de l'esprit. L'art, la religion et la science. — 1* Théorie de l'art. — L'art est l'esprit pénétrant la matière et la transformant à son image. Différentes formes de l'art. Architecture, sculpture et peinture, constituent l'art objectif. Musique, art subjectif. Poésie, synthèse de tous les arts. — Développement de la poésie : épopée, genre lyrique et drame. •* Les Dériodes de l'art: art oriental, art grec, art chrétien et romantique. — z« Théorie de la religion, — Religion orientale, religion grecque, religion chrétienne. — 3<> Théorie de la science et de la philosophie. — La

legel absorbe l'ordre physique et Tordre moral dans l'ordre purement logique, et identifie le réel avec le rationnel. Supériorité de la doctrine de Kant et de Fichte, pour qui l'absolu n'est point ce qui est, mais ce qui doit être. — IV. L'école hégélienne. ^ Strauss, Feuerbach, Max Stiroer. — Matérialisme de Moleschott et de Bachner. ... 445

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