et suiv
Si l'être est seul, qu'est donc le monde ?
Ou le monde n'est pas, ou il n'est que l'apparence trompeuse de l'être véritable. A vrai dire, la multiplicité sensible, en tant que telle, n'existe pas. Parménide compare l'opinion incerlainc h la nuit, mère de Terreur, et la vérité à la lumière du jour.
La seconde partie de son poëme, sur la physique (ri nphç 5oÇ«v), est une simple concession faite aux mortels amoureux de l'apparence. Aristote n'aura pas de peine à montrer que cette concession est une contradiction véritable, et que ce panthéisme aboutit au dualisme. « Forcé de se mettre d'accord avec les faits, et, en « admettant l'unité par la raison, d'admettre aussi la pluralité « par les sens, Parménide en revint à poser deux principes et « deux causes: le chaud, qu'il rapporte à l'être ; et le froid, qu'il t rapporte au non-être (1). »
En définitive, Parménide aboutit logiquement à l'indétermination absolue du premier principe pour l'intelligence humaine, et il répète sans cesse celte formule stérile : rêtree8t,ou « l'un-un »• Heraclite niait l'être et affirmait le devenir : Parménide nie le devenir et affirme l'être. L'être, pour Heraclite, était un océan de feu toujours en mouvement ; pour les Éiéates, c'est comme uu océan de glace à jamais immobile.
III. Zenon (2) développa toutes les conséquences de ce système. Son plus fameux ouvrage, lu par lui à Athènes, avait pour objet de défendre la doctrine de Pai*ménide contre les Ioniens, partisans de la multiplicité et du devenir. « Mon ouvrage, dit Zenon dans le « Parménide de Platon, répond aux partisans de la pluralité et leur a renvoie leurs objections, et même au-delà, en essayant de décc montrer qu'à tout bien considérer, la supposition que la plura- « lité est, conduit à des conséquences encore plus ridicules que <c la supposition que tout est un (3)... Par exemple, si les êtres