et suiv
ÉCOLES IDÉALISTES. -^ PABMÉNIDB. 53
■ n n*est pas admissible que l'èlre ne soit pas sans bornes (dcrf>jvTYirov},
■ Car il est Tètre, à qui il ne manque rien,
« Et s'il ne Tétait pas, il manquerait de tout (1). »
La comparaison avec la sphère se retrouve chez presque tous les philosophes anciens ; il faut entendre par- là la sphère infinî^ dont le centre est partout et la circonférence nulle part^ c'est-àdire rimmensité. II est donc difilcile d'appeler, comme on Ta fait, cette conception de l'Être un, immense, immobile et éternel, un Daturalisme rafEiné.
Mais d'autre part a-t-on raison de dire, comme on le dit sou- Tant, que l'unité de Paiménide est une unité abstraite, supérieure non-seulement à la pensée^ mais à Vélre même ? — Rien de plus inexact, comme le prouvent les fragments qui précèdent. Parménide ne part point de Tidée d'unité ; il ne fait qu*y aboutir, en posant rëtre absolu : a L*étre est, le non-étre n'est pas, tu ne sortiras jamais de cette pensée. » C'est de l'être réel efrrat qu'il parle sans cesse ; il est, comme le sera plus tard Spinoza, ivre de Télre. Son nnité n'est ni abstraite et vide, ni matérielle. Elle est Dieu même, au sein duquel Parménide se transporte par la pensée, et d'où il prétend que rien ne peut sortir. — Comment pourrait-il exister autre chose que Dieu, c'est-à-dire Têtre qui est ? — Voilà la question que se pose Pai'ménide, et qu'il résout négativement.
Son Dieu n'est pas plus au-dessus de la pensée que de l'être ; car il est la pensée même dans son absolue unité avec l'être.
• La pensée, dit Parménide, est la même chose que rôtrc.
c II faut que la parole et la pensée soient de Tétrc, car Tètre existe et « le non-étre n'est rien (2)...
t La pensée est identique à l'objet de la pensée (Tûvrôv ivri voi cv rt xai m «vyfieiiv lorc vônfMc) (3).
« En effet, sans Tètre, sur lequel elle repose,
« Vous ne trouTerex pas la pensée;
« Car rien n'est ni ne sera excepte Tètre (4|. »
Toute distinction entre le sujet pensant et l'objet pensé ramène* rait la dualité ; Parménide la supprime donc dans l'absolu et énonce expressément l'identité éternelle de la pensée et de l'êti-p.