Aristote, Xénophane. SextusËmpiricus, ad Math, vni
LES SOPHISTES. — PROTAGORAS BT 00RGIA9. 63
opposées, se rencontrent dans la doctrine de Tuniverselle relati- ^té, et nient également la science pour y substituer l'apparence.
Tout étant relatif^ le bien et le mai perdent leur caractère d'absolue opposition. Au lieu d'avoir son origine dans la nature essentielle des choses, que recherche la dialectique, la distinction du bien et du mal repose uniquement sur la coutume et
la loi : To Scxaiov mal rh ahxp^ ^ fîtau iàlà vôfiy ( I ).
Ia politique qui dérivait logiquement de la morale des sophisier «fit des rhéteurs^ c'était la politique de la force. Voilà ce que Platon a voulu montrer dans le Gorgias et dans la République par l'exemple de Galliclës et de Thrasymaque. Que cette politique ait été ouvertement enseignée et soutenue, cela n'est pas certain. Dans le Gorgms^ 6oci*ate dit àCalliclès: a Tu exposes franchement ce que d'autres pensent, mais n'osent exprimer, m
Les sophistes, malgré les germes d'immoralité que contenaient leurs enseignements, eurent leur utilité dans le développement de la philosophie. Par leur doctrine de l'universelle relativité, ils ramenèrent la philosophie delà considération des objets pensés il celle de la pensée elle-même : c'est dans le sujet pensant qu'ils cherchent « la mesure de toutes choses ». Seulement, ils placèrent cette mesure dans la sensation. Socrate s'efforcera de montrer que, si la vraie mesure de tentes choses est la pensée, c'est à la condition qu'on entende parla non la sensation individuelle et variable, mais la raison universelle.
!. Gcrgias, 482. Uis. X, 482. ThééiéU, 167. ^ ^ .^ ^
Voir, sur les sophistes et ProUgoras, dos Extraits des philosfophcB, page 36.