‹ Histoire de la philosophieChapitre 64 sur 397 · I. » OUUCTIIUE KS nkStES. IRlOtlE DCS IDÉES · texte numérisé non relu

I. » OUUCTIIUE KS nkStES. IRlOtlE DCS IDÉES

Le monde sensible n'edt qu'un monde d'apparence, et les sens ne nous font connaître que des ombres. Allègurie de la caverne. La dialectique est la marche par laquelle l'esprit s'élève des apparences passagères aux réalités étemelles. — D'abora, entre les phénomènes particuliers et irariables, l'esprit aperçoit des rapports qui sont les lois générales et constantes de la nature. Les individus passent, les espèces subsistent, réalisant toujours le môme t}pe, par exemple celui de la fleur, de l'animal, de Thomme. — Cette constance des lois et des types généraux dans la nature doit avoir sa raison dans le Principe suprême d'où tout

t. Platon naquit à Athènes (d'autres disent à Egine) vers la 87™« olympiade; c'était l'époque de la mort de Pcrîclès, et déjà commençait la guerre du Péioponèse [lyiogéne, 1. III, 3). Sur la jeunesse de Platon, on sait fort peu de chose, ou du moins fort peu de vérité. Il est cependant à peu près certain qu'il s'adonna à la poésie et composa plusieurs poèmes épiques ou dithyrambiques; on prétend même qu'il avait fait une tragédie et allait la présenter an concours ; mais, après avoir entendu Socrate, il brûla tous ces essais de sa première jeunesse, et se consacra entièrement à la philosophie. Il ne se borna pas à écouter passivement les leçons de Socrate : même avant la mort de celui-ci, il avait déjà écrit, ditron, le Phèdre et le Lysis (Diog,, 1. III, 35, 38; Olymp,, Vie de Platon), On connaît la phrase plus ou moins authentique que Socrate prononça après la lecture d'un de ces dialogues: « Que de choses ce jenne homme me fait dire auxauelles je n'ai jamais pensé! •

Lorsque Socrate fut accuse par Méiîtus, Platon se voua tout entier à la défense de son maître. I) emplova tous les moyens possibles pour le lauver, et, en dernier recours, il s^adressa à ce peuple pour l'ignorance duquel il professa plus tard tant de mépris. Il avait préparé un discours en faveur de Socrate ; mais on Tarracha de la tribune et on lui imposa silence. — Après la condamnation et la mort de son maître, Platon s'exila lui-même. 11 alla à Mégare, auprès d'Euclide (Diog., 1. II, 1C6) ;

près de Denys TAncien, et il ne tarda pas à l'irriter par sa franchise. Après plusieurs années d*absence, Platon revint enfin dans sa patrie, et ouvrit sa célèbre école dans les jardins d'Académus. A partir de ce moment, il se consacra exclusivement à la philosophie, professant et écrivant tour à tour. C'est dans cette dernière époque de sa vie qu'il composa la

Plupart de ses dialogues. Il mourut à l'âge de quatre-vingt un ans, dans i 108'* olympiade, écrivant encore, au dire de Cicéron {De SenectutCf V, 13). — Voir sur Platon notre livre intitulé : La philosophie de Platon 2 vol. in-S».

dérive. — Nature des Idées. — Ce prinr.ipe renferme éternellemeat en lui ce qui rend possible la fleur, ranimai, l'homme. Il possède en lui, sous une forme supérieure, toutes les perfections qui ne sont réalisées qu'incomplètement dans la fleur, dans Tanimal, dans l'homme; en d'autres termes, il réalise éternellement en lui-même Tidéal de chaque espèce d*étre. L'idéal d'un objet éternellement réalisé dans le principe de rètre s'appelle l'Idée de cet objet, par exemple l'Idée de l'homme» ou l'homme en soi, ou l'homme éternel. — Caractères de l'Idée. — Perfection ou pureté sans mélange, existence absolue, éternité, immutabilité. — Rapports des Idées aux objets, ~ L'Idée est pour les objets i« firincipe de l'existence : exister, ce n'est autre chose que participer aux décs. Chaque homme, par exemple, n'existe que par sa participation à ridée de l'humanité, comme la copie n'existe que par sa ressemblance au modèle. — Rapport des Idées à la pensée. — Les Idées sont pour la pensée le principe de la connaissance. Connaître, c'est voir les choses dans leurs Idées et dans l'Idée des Idées qui est l'Unité suprême, ou le Bien suprême, ou Dieu. Dieu est le soleil des esprits, d'où dérive à la fois rintelligibilité et l'inlelligence.

II. — DIALECTIQUE DES SENTIIERTS. THÉOBIE DE L'AIQUR DU BIEN. Il Y a deux degrés dans l'amour, l'un correspondant au monde sensible 1 autre au monde intelligible, la Vénus terrestre et la Vénus céleste; Tout amour, comme toute pensée, a son principe et sa fin dans le bien. On aime dans les êtres leurs qualités, conséqucmment leur participation aux Idées et au Bien : ou plutôt, ce sont les Idées, c'est le Bien môme qu'on aime en eux. L'amour de Dieu est le fond de tout amour, comme la pensée de Dieu est le fond de toute pensée. L'amour, par une marche dialectique analogue à celle de l'intelligence, s'attache d'abord à la beauté des formes, puis à la beauté des âmes» qui se révèle dans les belles actions, dans les beaux sentiments, dans les belles pensées. L'amour, s'élevant ainsi de beauté en beauté, ne peut trouver de repos que dans la contemplation de la beauté éternelle.

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