PLATON. DIALECTIQUE DBS ACTIONS
politique et Téducatioa ne sont au fond qu*un seul et même art.
Le gouvernement le plus parfait est celui des meilleurs, parce que la raison y domine : c'est Taristocratie. Par malheur, cette forme de l'État ne peut durer toujours. La tyrannie, résultat inévitable de la licence démocratique, est Tintempérance effrénée avec son cortège de passions méprisables : le tyran est le dernier des hommes. La société ne sera heureuse que quand elle sera gouvernée par les philosophes (1), qui seuls possèdent la science du juste.
Telles mœurs publiques, tel gouvernement : sans la vertu, l'État ne peut subsister; — de là, par une déduction inexacte, Platon conclut à l'absolue identité de la morale et de la politique, ce qui est une de ses plus graves erreurs.
La République décrit TÉtat parfait, la cité céleste, l'Idée de l'État. liO livre des Lois contient un idéal plus réalisable ; mais on y retrouve le même contraste entre la beauté des principes généraux et la dureté des institutions particulières.
La loi écrite est l'expression de cette loi non écrite, qui n'est autre que lldée même du juste : or, l'Idée s'adresse à la raison, et c*est aussi à la raison que doit s'adresser la loi écrite. Un exposé de motifs doit donc toujours la précéder ; car elle n'est pas nne force aveugle et brutale, mais une force intellectuelle qui éclaire en même temps qu'elle commande.
Il est une espèce de lois qui méritent plus particulièrement l'attention du philosophe : ce sont les lois pénales. Leur but, selon Platon, est de sauver l'homme, non de le perdre ; de corriger le coupable en vue de la justice, et non de le faire souffrir par cruauté ou par intérêt. L'utilité séparée de la justice ne peut fonder la loi pénale. Platon en conclut à tort que le principe de la , pénalité est identique au principe de l'expiation. L'État se trouve donc chargé de faire respecter partout le bien et défaire expier partout le mal, ce qui met le gouvernement humain à la place de la Providence divine. La conclusion inévitable, c'est l'omnipotence de l'État et son intervention en toutes choses, même dans la vie privée.