IV. - THÉODIGÉE DE PLATON
Comme Platon élève le Bien ou Dieu au-dessus de la définilion, de même il Télève au-dessus de la démonstration logique. Démontrer Dieu, ce ne peut donc être autre chose que tourner vers lui Torgane de l'iatelligence, de même qu'on prouverait l'existence du soleil en tournant vers lui Torgane de la vue (1). En d'autres termes, c*est rendre claire et distincte l'intuition confuse et obscure qui est au fond de toutes les âmes. Or, c'est là le propre de la dialectique. On peut donc considérer la dialectique tout entière comme étant aux yeux de Platon une preuve de Texistence de Dieu. C'est la véritable preuve platonicienne.
Cependant Platon a reproduit et approfondi les preuves d'Anaxagore et de Socrate.
I, — le mouvement prouve Pexistence d'une àme motrice ^ cause efficiente de l'univers.
i Lorsqu'une chose produit du changement dans une autre, i celle-ci dans une troisième, et ainsi de suite, peut-on dire qu'il c y a pour ces choses un premier moteur ? comment ce qui est c mù par un autre serait-il le principe du changement ?» — Le vrai moteur, c'est celui qui se meut lui-même, c'est-à-dire l'âme. L'âme se définit : c une substance qui a la faculté de se mouvoir c elle-même. » L'âme est donc antérieure au corps, et l'âme universelle est antérieure au monde qu'elle anime. Par là nous arri* vous à concevoir Dieu comme un moteur qui se meut lui-même, comme l'âme du monde.
Mais ce n'est là qu'une première et inférieure conception de la divinité. Au-dessus de ce qui se meut soi-même il y a l'Idée immobile, objet de rintelligence immobile. De là, selon Platon, une nouvelle preuve de la divinité.
II. -^ La tendance des choses au bien prouve f existence d'un Bien suprême^ cause finale de l'univers.
« Si quelqu'un veut trouver la cause de chaque chose (non plus la cause efficiente, mais la cause finale), comment elle naît, périt