‹ Histoire de la philosophieChapitre 83 sur 397 · Bélp., VI · texte numérisé non relu

Bélp., VI

lOG PHILOSOPHIE GRECQUC.

forme alors en celle-ci : Pourquoi, outre le Bien absolu, y a-til un moindre bien ?

Faire celte question, c'est demander pourquoi Dieu a produit le monde, au lieu de rester en lui-même. Platon répond de nouveau : — Parce que Dieu est le Bien, et qu'un être bon doit vouloir réaliser tout le bien possible. Le monde n'est pas bon comme Dieu, sans doute; mais enfin il est bon: s'il 7 avait une seule chose bonne que Dieu n'eût pas réalisée, une seule forme de perfection qu*il n'eût pas communiquée, on pourrait dire qu'il n'a fait qu'une œuvre imparfaitement semblable à son modèle, et qu*il est impuissant ou envieux, c II faut, dit Platon dans le Timéey que le Tout soit vraiment un Tout. »

De cette doctrine du Timée résultent deux conséquences:

1* L'univers est le meilleur possible ;

2* Il n*est pas le meilleur absolument^ il n'est pas le. Bien même, et par conséquent l'imperfection est nécessaire dans l'œuvre divine, c Le mal ne peut être détruit (i), • mais il peut diminuer de plus en plus; et si vous embrassez la durée infinie de l'univers, l'œuvre divine vous offre la plus parfaite image de Dieu même, c Celui qui prend soin de toutes choses « les a disposées pour la conservation et le bien de l'ensemble ; <( chaque partie n'éprouve ou ne fait que ce qu'il lui convient de <c faire ou d'éprouver ; il a commis des êtres pour veiller sans <c cesse sur chaque individu jusqu'à la moindre de ses actions, et « porter la perfection jusque dans les derniers détails. Toi-même, a chétif mortel, tout petit que tu es, tu entres pour quelque it chose dans l'ordre général, et tu t'y rapportes sans cesse. Mais <( tu ne vois pas que toute génération se fait en vue du Tout, afin « qu'il vive d'une vie heureuse ; que Tunivers n'existe pas pour « toi, mais que tu existes toi-même pour l'univers. Toutmé- <( decin, tout artiste habile, dirige ses opérations vers un tout et u tend à la plus grande perfection du tout ; il fait la partie à « cause du tout, et non le tout à cause de la partie ; et si tu mura mures, c'est faute de savoir comment ton bien propre se rap- <c porte à la fois et à toi-même et au tout, selon les lois de l'exis- « tence universelle (2). »

« Mon cher fils, qui te crois négligé des dieux, si l'on se per* c vertit on est transporté au séjour des âmes criminelles; si Ton

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