‹ Histoire de la philosophie ancienne et moderneChapitre 23 sur 72 · DE LA NOUVELLE ACADÉMIE · texte numérisé non relu

DE LA NOUVELLE ACADÉMIE

Au moment où la philosophie du Portique se flattait d'avoir assis sur une base inébranlable l'édifice qu'elle venait de construire , pour mettre la morale à l'abri des envahissements de l'épicuréisme, il s'élevait contre elle un ennemi plus redoutable et plus difficile à vaincre, ^'était la nouvelle Académie. L'école de Platon n'avait pu

Toir sans quelque ombrage s'élever l'école épicnriemie et récole stoïque. Pour combattre Tune et TautCe, elle eut recours à l'ironie de Socrate et à la dialectique de Platon y dont elle abusa. Le caractère de la nouvelle académie est le scepticisme; mais il s'en faut bien que ce soit un scepticisme absolu : elle n'avait point, dans la pensée de son fondateur surtout , d'autre but que celui d'attaquer les deux dogmatismes excessifs de Zenon et d'Épicure; mais comme au fond, dans la pensée de cette école , était encore le dogmatisme , elle ie garda bien d'allei^ j usqu'à la dernière extrémité du scepticisme, ce qui eût ruiné le platonisme lui-même.

Arcésilas, le premier auteur de ce système, avait d'abord fréquenté le Lycée, sous Théophrasteet Polémon; on croit qu'il avait aussi suivi les leçons des Mégariens. Mais les écrits de Platon captivèrent son admiration ; il s'était nourri de la lecture des poètes, surtout d'Homère et de Pindare ; il joignait à une éloquence entraînante une force de logique qui souvent réduisaît ses adversaires au silence. < Ses concitoyens et ses contemporains, dit Numénius, refusaient de croire ce qu'Arcésilas n'avait pas affirmé. » Riche, libéral, humain et doux, il se faisait chérir de ses élèves autant qu'il charmait ses auditeurs. Sa vie fut sans reproche; elle fut même un modèle de modération et de sagesse.

La lutte qu'il engagea contre la philosophie du Portique nous offre un haut degré d'intérêt et d'instruction, sous le rapport de la philosophie de l'esprit humain. A aucune époque^ sôit dans l'antiquité , soit dans les temps modernes, j usqu'a Descartes et Leibnitz, les questions fondamentales qui ont pour objet la certitude «t la

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péaiicé des oonnaîssftnees humaines n^staient obtenu ■ùe attemion aussi sérieuse, n'avaient été discutées avec autant de persévérance et de profondeur.

Les stoiciens avaient enseigné que l'image qui naît de la sensation est conforme à son objet : ÂrcéÂlas engagea contre cette doctrine une polémique, depuis bien souvent renouvelée, d'abord par Carnéade, qui en fit une des bases du scepticisme académique; puis, dans la scholastîque , par Occam; puis plus tard par Arnauk^; plus tard eaRn par Berkeley , Hume et l'école écossaise. Sextus nous a conservé le résumé de TargiH nientation employée par Ârcésilas. < Les stoïciens» dit-H (1), avaient distingué trois choses, la science, Vopbàonf et la compréhenewn , qui occupe le milieu entre les deux premières. C'est sur ce point qu'ils furent attaqi}^ par Arcésilas. Celui-ci soutint que la compréhension (catalepsie) ne peut être l'arbitre qui prononen entre la science et l'opinion, qui sert à les distinguer: car cette compréhension elle-même réside ou dans le sage, ou dans l'insensé : si elle réside dans le sage, elle est la science même; si elle est dans l'insensé, elle n'est plus que l'opinion ; die n'est donc qu'un vain mot. Cette compréhension par laquelle on prétend que nous donnons notre assentiment aux choses qui correspondent à notre vision , n'existe nulle part. Nous ne donnons point notre assentiment aux images, mais à la raison seule; car les hommes n'affirment que des propositions expresses. D'ailleurs il n'est pas d'image qui ne puisse être fausse aussi bien que vraie, comme le montrent une foule d'exemples. Si donc le sage donne

(1) A4f . Matb. XD, 8 152 H suiv.

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son assentiment sur la foi de ce crt^^um^illusoire produit par les stoïciens , il ne conçoit réellement que la simple opinion. » Arcésilas recommandait *le doute à l'exemple de Socrate , comme principe de toute philosophie.

Ghrysippe réparait les brèches faites à la doctrine des stoïciens y en déterminant avec 'plus de précision que ne l'avaient fait ses prédécesseurs le rôle de la raison dans le phénomène de la perception, lorsque Carné A DE parut et vint à son tour recommencer l'attaque. Il essaya précisément de battre en ruine les ouvrages construits ou restaurés par Ghrysippe; il suivit ce stoïcien dans tous ses raisonnements, et s'attacha à lui corps à corps , si l'on peut s'exprimer ainsi. 11 disait lui-même que sans Ghrysippe il ne serait jamais devenu ce qu'il était. Son scepticisme se réduisit au probabilisme , c'est-à-dire , à un dogmatisme affaibli. Il ne niait ni les vérités subjectives, ni l'existence des êtres réels et extérieurs ; il soutenait seulement que nos propres modifications ne peuvent nous représenter exactement les objets. D'ailleurs, si l'on en croit Numénius : € Les exercices dans lesquels il établissait et détruisait tour à tour les mêmes opinions, opposait la même force, les raisonnements contraires, et semblait tout confondre par la subtilité des argumentations, n'auraient été que la portion extérieure de son enseignement; mais après avoir usé de ce genre tle discussion pour combattre les stoïciens , il aurait secrètement professé des doctrines positives au milieu des adeptes reçus dans son intimité, les aurait présentées avec un caractère de vérité et de certitude ég9\ à celui auquel

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préteiidaient les autres philosophes. » On a considéré Carnéade comme le fondateur d'une troisième académie. Il £ut pour successeur Clithomaque de Garthage , qui ne fit que commenter les opinions de son maître.

Quoique le but principal des académiciens fût de combattre les affirmations dogmatiques des philosophes du Portique, ils avaient été conduits dans le cours des discussions plus loin qu'ils ne l'avaient prévu sans doute, et à professer, en ce qui concerne la réalité de nos coii|iaissances, un scepticisme opposé à leurs intentions.

Après s'être déclarée rivale du Portique^ l'Académie ne tarda pas à s'apercevoir qu'en n'opposant à son adversaire qu'une 4>hilosophie négative, elle semblait abdiquer elle-même les plus justes titres à l'estime et à la confiance des hommes. Telles furent sans doute les considérations qui engagèrent Philon et Antiochus à reprendre graduellement un langage plus affirmatif , à se porter médiateurs entre les stoïciens et les sceptiques. La nouvelle direction qu'ils donnèrent à leur école a porté quelques historiens à distinguer une quatrième et une cinquième académie , dont ces deux philosophes sont regardés comme les fondateurs. Mais ce rapprochement momentané entre deux systèmes rivaux , indice de l'esprit de conciliation dont étaient animés ses auteurs, ne pouvait détruire entièrement les dispositions générales de l'esprit humain , à cette époque, pour l'incertitude et le doute. La philosophie idéaliste ne pouvait être longtemps sceptique ; son scep* ticisme apparent voilait des intentions dogmatiques qu'elle ne put entièrement dissimuler. Nous allons voir

496 PHILOSOPHA AMCiENNE.

gorlir de la philosophie aensualiite un 8oeptîeiine Ibut attlr^menl positif, toul aatrement énergique.

SCEPTICISME

DE l'école empirique.

ifinésidème était eonteoiporain de Cîcéroii. li naqait OQ Crète 9 vécut et enseigna à Aleiandrie. Déjà la phi* losc^bie, longtemps concentrée dans les écoles de la Grèce , avait été portée sur un nouveau théâtre , et se répandait rapidement à Alexandrie, à Rome et dans toute l'étendue de Tempire romain. Tandis que les antres philosophes, n'apercevant devant eux aucune route connue qui pût les conduire .à rivaliser avec les fondateurs de l'Académie, du Lycée eH du Portique, ne semblaient plus aspirer à d'autre gloire qu'à celle de les commenter, ou de concilier plus ou oioios heureusement leurs théories, i^nésidème, peu satisfait des résultats produits par ces premières tentatives d'éelectisme, et attaclié particulièrement aux idées d'Héra* dite, entreprit de donner un nouveau développement aux doutes de Pyrrbon. Il reprochait à la philosophie sceptique des académiciens de manquer d'universalité, et par là d'être en contradiction avec eUe^naênie. « Les académiciens, disait-ii avec raison, sont, au fond, de véritables dogmatiques. Us admettent certaines propo* sitions comme des vérités indubitables, d'autres comme absolument fausses. Les pyrrhoniens, au contraire, doutent de tout universdlement : non-seulement ils n'adoptent aucun dogme , mais ils se gardent même d'affirmer, s<»t que les choses puissent être généra^

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lementi, soit qu'elles demeurent généralement incom-» préhensibles. Ils n'acceptent pasplusla vraisemblan^ou l'invraisemblance que la réalité ou la non-réalité ; ils ne décident rien ^ pas même cela qu'ils ne décident rira. »

Pour justifier la suspension de tout jugement décisif, il admit et soutint les dix motifs de doute attribués à Pyrrbon : ces motifs sont tirés , l"* de la diversité des aniibaux ; 2"" de celle des bommes , pris individuellement; 3° de Torganisation physique ; 4*" des circonatances et de rétat variable du sujet; 5*" des positions, des distances, des diverses conditions locales; O"" des mé* langes et associations dans lesquelles les choses nous apparaissent; 7"* des diverses dimensions et delà conformation diverse des choses; S** des rapports des choses entre elles; 9"* de l'habitude ou de la nouveauté des sensations; lO"" de l'influence de l'éducation et de te constitution civile et religieuse.

Mais ce qui caractérise surtout le scepticisme d'^Ënésidéme , ce sont ses attaques contre la réalité de l'idée de came : l'idée de causalité, prétendait-il, est nulle, parce que le rapport de la cause à l'efiet est incompréhensible. Voici l'abrégé de son argumentation à ce sujet : « La cause produit l'effist; mais comment le produit-elle ? Opère -t-elle par une seule et unique force? Alors elle ne pourrait produire qu'un seul effet, toujours et entièrement semblable à lui-même. Dironsnous qu'elle opère en vertu de plusieurs forces comi» binées et réunies? Alors toutes ces forces devraient à la fois agir sur toutes choses, et produire encore un même e£fet sur chacune : or ces conséquences sont démenties par l'expérience. La cause est^eUe séparé^

i!28 PHILOSOPHIE ANCIENNE.

de la matière sur laquelle elle agit ? Elle ne pourra opérer, puisqu'elle sera privée de la condition sur la-* quelle elle s'exerce. Est-^lle réunie à celte matière? L'une et l'aulre à la fois seront alors effet et cause; il y aura action et réaction réciproques. Le contact et la compénétration sont également inhabiles à expliquer une action véritable. Si quelque chose éprouve un effets ce ne peut être que par addition , par soustraction , ou par altération : or ces trois opérations sont également impossibles. » La conclusion légitime de ce raisonnement était que nous ignorons le rapport qui existe entre l'effet et la cause : mais iEnésidème en conclut que ce rapport n'existe pas. Cette conclusion n^est pas d'une sage philosophie ; et cependant nous verrons plus tard que le même raisonnement fait le fond de toute l'argumentation d'un philosophe du xvui* siècle^ célèbre par son scepticisme, de l'Écossais Hume.

Au reste, si l'on en croit M. de Gérando, le scepticisme d'iEnésidème n'était qu'un moyen de faire valoir la philosophie d'Heraclite, à laquelle il était attaché; il tendait essentiellement à justifier cette mobilité de toutes choses , qui formait le point de irue dominant du système d'Heraclite. ^Enésidème aurait donc rempli, relativement à la doctrine du philosophe d'Éphèse, un rôle semblable à celui d'Arcésilas et de Carnéade , re<lativement à l'enseignement de Platon. Un philosophe péripatéticien, Aristoclès, essaya de réfuter iEnésidème, en lui opposant sept motifs que l'on peut réduire à deux : la contradiction dans laquelle tombe le scepticisme absolu , et les funestes conséquences du sceptU cisme pour la pratique.

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Parmi les successeurs d'iCloésidéroe , nous remarquerons Agrippa , qui réduisit les dix motifs de doute à cinq plus généraux , savoir : l"* la discordance des opinions; 2** la nécessité indéfinie pour toute preuve d'être prouvée elle-même; 3*" le caractère relatif de toutes nos idées; A"* le caractère hypothétique de tous les systèmes ; 5** le cercle vicieux inévitable auquel est condamnée la démonstration philosophique. Favorin où Phavorin, d'Arles 9 le premier philosophe qu'aient produit les Gaules y est compté par quelques auteurs au nombre des académiciens; mais le témoignage de Galien doit le faire ranger parmi les sceptiques. Il développa les principes d'iflnésidème. Une seule chose lai paraissait probable : c'est qu'on ne peut rien savoir avec certitude.

Ces philosophes, et beaucoup d'autres qui leur succédèrent, mais dont nous ne connaissons que les noms, étaient presque tous des médecins , de l'école des empiriqves et des méihodisies, qui , se tenant à l'observation, rejetaient la théorie qui remonte aux causes des maladies. Le plus célèbre de tous est Sextus, surnommé Empiricus , à cause de l'école de médecins à laquelle il appartenait. Il naquit, à ce qu'il parait, à Mitylènc, vers la fin du second siècle de notre ère , et eut pour maître le sceptique Hérodote , de Tarse.

« A peine connaissait-on dans nos écoles le nom de Sextus-Empiricus, dit Bayle. Les moyens de V Époque (i) qu'il a proposée si subtilement n'y étaient pas moins inconnus que là terre australe , lorsque Gassendi en a donné un abrégé qui nous a ouvert les yeux. » On ne

(1) Suspeofiloii de jugeittcat, doute.

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peut s'étonner assez d'un oubli aussi général et Mssi prolongé. Les ouvrages de Sextus ne .sont pas seule—nt le traité le plus complet du scepticisme, ou plolAt to seul Complet que les anciens nous aient laissé; ibnat certainement aussi ceux qui renferment les doeuoMBls les plus nombreux , les (dus variés , les plus préeieux sur la philosophie entière de Tantiquité. Cet homme extraordinaire avait étudié toutes les doctrines^ les avait examinées , rapprochées et. comparées entre elles ; son exactitude inspire la confiance pour son témoignage ; sa pénétration et sa sagacité ie dirigent $m les points essentiels de chaque système.

Sextus a donné le nom d! Hypoiyposes pffrrhotuetmet au traité dans lequel il a méthodiquement exposé Teii* semble de son système. Il dirigea aussi contre les pro* fesseurs des sciences , contre les géomètres , contrôles arithméticiens, contre les astronomes, contre les logiciens, contre les physiciens, contre les moralistes, d'autres traités que Ton comprend ordinairement sous le titre commun adversùs Mathemaûcos, & KÙson de celui qui y occupe le premier rang, et qui nesonlqu*mi couunentaire de son premier ouvrage.

€ On admet, dit Sextus, trois sortes de crUerimn, c'est-à-dire d'instruments, pour distinguer le vrai du faux : le premier appartient à celui qui juge, c'esl-à* dire à l'homme ; le second au moyen qu'il emfdoie pour juger, c'est-à-dire au sens et à Tintelligence ; le ttoi^ siéme à l'impression produite par les objets sur l'esprit. C'est ce qu'on appelle les critérium àqm, par qmd, $eamdian quod. Les controverses des philosophes sur ces critérium eux-mêmes suffiraient pour prouver u*il

n'en eakie potDt;<iar il ia»ide«k«m*ciilaM&wm?en ^ supérieur, pour déoider<eB ^prononçttiU • Le pre^ èabUisoie des aottdéfflioisaB ne troofve 'pas pte ^rtee aux yeux de Sextus que Jia certkuâe des -éogmatiques. Il combat^ avec les argumente emjiojés dégà par jEoé- •sidème , le priocipe de la causaHié. BaBS des oioq del^ niers livres de son traité aéfem» MathemaUcos , il passe en revue les questions les plus koportantes^ >et fait ressortir ce qu'elles ont d'inoertaôn, de cbaneelaiit dans leurs principes , de contradictoire <>n d'inoMiséquent duis leurs raisonnements^ Niant toute •cerlitQde immédiate 9 attendu la contiradiotinti qm règne éms les assertions des philosophes, il'oemnenGe|Mr anger que touf e vérité soit liémcmliée , «t ^pr^nve ensuite «que cela set imfpossible, &ote de {principes eertains «en soi. JPâr là , il bat en ruine tous les trarvaùt ecienlifiq«Ms de r^qçirît humain, sans en enoepter aème les ONfthématiques.

'Le proeédé em{deyé par 'Serttn 'eoBsis>ait5 comme on plut le voir, à mettre aux prises les idées eensibles et les coneqitions 4le l'esprit^ afin ^d'arriver par cette coniradiotion à la suspenmn absi»lne debout jugements Mais ce n'était là que le b^ théorique du sceptknsme : son but pratique était Vaiarowie y limpassibilité ; et la maiûme fiiverile de Sextus étak -ceUe^H : N«He ^chose n'est préfërabie à l'autre.

Cette notatte analyse du soeptidsme de Técole 'etnpirique suffit pour montrer qu'A ne diffère de celui des sophistes et de celui de Pyrrhon que par son étendue et sa rigueur scientifique. Du reste, la méthode, le but, le résultat sont les mêmes. Venue à la suite des débats

i32 PHILOSOPHIE ANCIENNE.

de l'idéalisme et du sensualisme, ta philosophie sceptique a saisi et combattu avec beaucoup d'avantage les extravagances de l'un et de l'autre système. Mais, après avoir montré ce qu'ils avaient de faux et d'exagéré , il ne fallait pas sortir des bornes d'une critique légitime; il ne fallait pas imiter, surpasser même, leurs exagérations , et nier avec une assurance dogmatique les vérités qu'ils contenaient. Il y a de l'incertain et du faux dans tous les systèmes : telle était la conclusion légitime que l'on pouvait tirer d'une analyse exacte et approfondie. Tous les systèmes sont faux , il ne peut en exister de vrais , tout est incertain : telle fut la conclusion que tirèrent les sceptiques. Après tant de systèmes et de tentatives hardies pour résoudre à la fois les plus hautes et les plus difficiles questions , la sagesse con<> seillait la prudence et le doute ; la sagesse exagérée conseilla l'immobilité absolue , et condamna l'esprit humain à cette funeste ataraxie qui devait couper court à toute recherche scientifique , et rendre par conséquent impossible tout progrès ultérieur. ^

Mais il n'est pas facile d'enchaîner l'esprit humain et d'arrêter son essor : il semble même que son énergie s'accroisse en raison des obstacles qu'on oppose à son activité. Après les sophistes est arrivé Socrate. Les pyrrhoniens n'ont point arrêté l'élan communiqué aux esprits par les philosophes de l'Académie, du Portique et du Lycée. La philosophie ne succombera pas non plus sous les efforts de Sextus et d'^nésidème.

TROISIÈME ÉPOQUB,

TROISlÈMI^ ÉPOQUE. •— Oepuis la diffusion de la philosophie grecque dans Tempire romain (80 ans av. J.-G. ), jusqu'au huitième siècle après J.-C.

Im philosophie grecque, par êon contact avec l'Orient, s'empreint d'une couleur mystique. — Caractère religieux de ce dernier âge de la philosophie ancienne.

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

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