II. ▼. 80 fi. T. 125 11. ▼. 130 fi. IR. IM II. T
Ammonitts Saecas.
liongio.
Plotin.
Amélius.
Porpbyre on Malchus.
JEdésius»
Jamblique.
Eunape de Sardes.
Julien remperenr.
fl. y. 320 m. 333
Thémisllus.
Syrien.
Hiéroclès.
Proclus.
Marinus.
Olympiodore.
pamasciufi.
bidoBt dfr Gaza.
Simplicius.
raOïOSOPVIE 9ES KBBS DB L'bGUSE.
Saint Justin le martyr. m. 165 Athénagore. 11. v. 160
St Clément d'Alexandrie. • m* 212 Tertullien. m. 21S
St Origène d'Alexandrie^ 11. y. 260
Amobe.
Lactance.
Saint Atbanaae.
Synésins.
Saint Augustin.
Il; T. 976 m. 450 11. 450 m. 485 m. 490
fl. T. 530 fl. 533 fl. 533 fl. 533
m. 326 m. 330 fl. T. 325 m. 430
DBEBliRBS LUBUES DB I.A PHlIiOSOPim AHCTBIINE.
WÊK oocximT,
SaM Benis r Aréopagite.
Jac<|ues d'Edesse.
Stobée. fl. Y. 800
Jean Pbiloponus. fl. ▼• 600
Jean de ]>amas. 754
iphotitts. m. 801
Wireianus Capella.
Boèce , décapité en Cassiodore.
Isidore de Sérille.
Bèdolt Vénérable.
Nous avons partagé en trob dîffévents âges rhistoîre de la philosophie grecque : à chacun de ces âges correspond rétude de l'tin des trois grands olbjets de la science humaine^ savoir : le monde, Vhomme, et Dieu^r La philosophie , dans son premier âge , a été toute physique, dans le second^ toute morale; dans son troisième» elle sera toute religieuse. Mais , avant d'exposer les théoriesiqui appartiennent spécialement à cette dernière époque^ nous sommes forcés de revenir un peu sur nos pas y pour suivre s«ir les différents ponitfi de Tem-
noisiiiiE iMQTO. iSS
pif^ PQlDiJn le dé^doppement et la marche 4e la philoiopliie elle-même.
Alexandre avait anéanti la liberté républicaine de la Qràee et aoumis à sa puissanceJ'Egypte et une grande partie de l'Asie; alors Alexandrie prit insensiblement 4ao§ le monde l'importance et le caractère d'Athènes déobue, et fit tourner à l'avantage de la science les retotîoQS nouvellesqui venaient de s'ouvrir entre l'Orient et l'Occident. Les Ptolémées, successeurs d'Alexandre m Bgypte, par l'établissement de la fameuse BiUiothèqiie et du Musée d'Alexandrie, rendirent d'importants services h l'instruction (i).
Il n'entrait point dans l'esprit de la mission donnée par les Lagides aux savants du Musée, de tenter des créations nouvelles : ce qu'on leur demandait easentieUementy c'était d'importer sur ce théâtre nouveau lef) créations de leur patrie ; aussi est-*ce à la fondation 4n Musée que nous voyons naître, pour la première fois dans l'antiquité , les travaux de l'érudition proprement dite, la critique littéraire, l'art d'interpréter, de corn* mepter ; et jamais les études grammaticales n'acquirent une $i haute imoportance, n'excitèrent une aussi grande
émulation.
Les poètes du Musée ne cherchèrent point leurs principaux siqets dans l'histoire de leur première patrie* Ai^FCt^LONius célébra l'expédition des Argonaotes ;
^) 9M|r to^l c0 (|oi concenie lliisloire des soienoes et de la IHténtnre , 4epul8 le temjps d*Alex«Ddre jusqu'au it« siècle «près J.-€. , os pe«i Mre l'ouvrage de M. Jacques Matter, couronné par TAcadéiDie des inscHpUons «I belles-lettres , et qui a pour titre : Essai historique sur r École éCAlexan^ 4rttoÉ»V9liiMK
i30 PHitosopwE ÂNcinniE.
LvcoranoN fil reparaître dans sa Cassandre l« tableau des deslioées de Troie; Callimaque composa ses hjmnes en l'honneur des dieux de l'Olympe; alors aussi la poésie didactique prît naissance : Aratus sortit du seia du Musée.
Hais le mérite qui distingua éminemment les savants d'Alexandrie, et qui fait de leurs travaux une époque mémorable dans l'histoire de l'esprit humain , consiste dans les progrès rapides que leur durent les scioices positives. Les mathématiques avaient été déjà cultivées avec ardeur dans le Lycée; mais les unes et les autres s'enrichirent à la fois dans te Musée par des conquêtes nouvelles. Euclide dans ses Eléments posa avec tant de grandeur les fondements des premières, qu'il parut les créer une seconde fois; Appollonius, son disciple, développa ta théorie des sections coniques , et fut surnommé le Géomètre par eaxellence ; quelques siècles plus tard, DioPBANTE inventa l'algèbre. On sait tout ce que l'astronomie et la géographie doivent à Eratostbène , à Hypparoue, â Strabon, à Claude Plotoméb.
Ainsi la philosophie , arrivée à sa maturité , tendait partout à se résoudre en applications pratiques. Dans là Grèce, Archihëde s'illustrait par les applications de la géométrie et du calcul à la mécanique; Marius de Tyr perfectionnait la géographie historique; Théodose donnait un traité de la splière; Pausanias était le Strabon de la Grèce.
Tels étaient, dans les diSérentes parties de l'empire Ire, les progrès qu'avaient fïiits les sciences losophie. Voyons maintenant quelles furent tioées dans la capitale de l'empire romEMQ.
TROISIÈME ÉPOQUE. i37
Les Romains ne commencèrent à connaître la phîlosopbie grecque , et en particulier les doctrines stoîque, péripapéticiènne et académique , qu'après la conquête de la Grèce , et principalement par l'entremise des trois philosophes, Garnéade, Diogène et Gritolaûs, qui leur furent envoyés pat tes Athéniens (i).
Quelques maximes d'une sagesse pratique, dues aux Claudius^ aux Gaton, aux Scévola, aux Scîpion, aux Métellus, avaient composé, entre la 2* et la 3* guerre punique, une sorte de philosophie qui était pour les Romains cequ'avaientété pour lesGrecs les Sentences des Gnoniiques. Mais lorsque la conquête eut établi plus tard d'étroits rapports entre Bomeet les villes où florissaient encore les écoles ouvertes aux sciences et aux lettres, les Romains les plus distingués ne purent demeurer longtemps indifférents à ces nobles études : on vit Scipion l'Africain et Lœlius se lier d'une étroite amitié avec le philosophe Panétius, et rechercher le commerce desf autres philosophes; on vit Gaton d'Utique s'attacher à Antipater de Tyr, le stoïcien; M. Brutus, Yarron, Pison, cultiver l'ancienne Académie; LucuUus s'enquérir avec empressement de toutes les doctrines philosophiques des Grecs. Déjà les ouvrages d'Aristote avaient été apportés à Rome par Sylla. Tous les hommes d'un mérite supérieur qui se montrèrent sur la scène, à dater de la guerre de Mithridate jusqu'au règne d'An-
(1) Les Athéniens ayant été condamnés à payer 500 talents pour avoir pillé la Tille d'Orope, envoyèrent i Rome ces trois philosophes pour plaider lenr eause dans le sénat. Gaméade parla avee beaucoup d'éloquence; nais Caton le Censeur conseilla de le renvoyer au plus t6t , ainsi que ses deux compagnons , parce qu'ils éblouissaient tellement les espriU , qu'il était impossible de distinguer H vrai d'avec le faux.
4tt PHILOSOPHIE ANCnSlfNK.
gutte^ goûtèrent et calti?èrent les doctrines de« écoles de la Grèce. Parlons d'abord de ce citoyen illustre , de ce griind homme qui fut à la fois le prince des orateurs e( des philosophes romains.
CICiRO!!.
Au premier rang des services qu'il était si justemant fifif d'avoir rendus à son pays, Cicéron plaçait le t)OQ* beur d'avoir pu introduire ses concitoyens à Tétude de I9 philosophie. En appUqqant son génie à cette étude, il parait s'être proposé quatre vues principales : faire OûQqattreauK Romains l^s doctrines des Grecs, y puiser I}))réi9eq| ce qui lui paraissait digne d'estime , les revêtir des ornements du style et de tout l'éclat qu'elles peuvent emprunter à l'art oratoire, et les appliquer aux besoins généraux de la société , comme à ceux de la morale privée.
Pe toutes les écoles de la Grèce, celle d'Épicure est la seule à laquelle il n'ait voulu payer aucun tribut. Il loue Pythagore; il rend à Socrate une sorte de culte^ i) pfoÇpsse pour Platon l'admiration la plus constante; il associe Aristote aux hommages dont il environne le fbodateur de l'Académie, et il se plaît à voir dans ces deux philosophes plutôt deux alliés que deux rivaux; il s'^t pénétré des austères maximes de Zenon ; il s'est tf^Qg^ ^ 1^ suite de Carnéade et de Phi Ion dans les rangs de la seconde Académie; mais ce qu'il y a surtout çberché , c'est l'avantage qu'offre cette dernière école de pouvoir comparer, discuter librement toutes les doctrines , les opposer entre elles , et en faire un choix judicieux.
Sa. gitiémit. 4it M., de Gàrando, aufvetilQns.^BiiytuiiftoBa^ m l'aboégeast, l'eiceUent chapitra qfi'il a, cMMorô à OcéiQu dans son Hiatoipe comparée àfn, systémea de pUlofiophie (i), il suit la. nouvelle Ac)d^. «lie^ dans les. <|ttestioiis spéaujiativea) Platûi) dana l^i Dijj^efaolegîe : A.riatote» et Zenon surtout,, le guident dwa la vomIq; il s!attache de préférence à Ariatot^,, dana k politique, mais c'est Platon qu'il ppend coqafeMMment pour modèle dana sa méthode; U se plaît 4r imiter la ftHrme de ses dialogues : s'il ne l'égale^ pjia daM Vtutaéme^ délieatesse de ses analyses^ il l'^ale MMKvent en élétation y il le surpasse en. clarté , et effire. kn-mAane à l'éinquemee philosophique qn^m^l^^ n'a jamais été égalé jusqu'à ce jour.
McHMk ne vejona point que Gicéroii ait cheoclié i &- Bttliaviaeff lies Bomains aiiec la métaphysique et la dia^ leetifiie des Greca : ces recherches e«wsent été ts^ peu dtt goâl des Romains» et lrq> pe« analogues pemt-i èlre au génie de Cicéren lui-même. U limite, dans una pcMrtînn de ses écrite, la méthode socratique» (elle qu'elle ti^it été reproduite pat Flato«; dans les autres , eemne danaks traités de» (Jijfice$ et dfi$ Lm, A remonte dl'idboré aux preauers principes pour descendre am déductions par la marelie la plus directe^ De toutes \m questions de la morale spéculative, les seules dcmt il se soit emparé sont celles qu'il discute dans ses traités de la naùtrede^ Dieux, du Destin et 4e la Dmmt\/mi n^is on toit qu'il les considère » en partie^ plutût comme un sujet d'érudition , que comme une matière entièrement accessible à la raison humaine.
(1) toM8,ns.iTattiiitv^
i40 PHlLOtfOPfltt , ANCIENm.
Mais c'est lorsqu'il entre daos le d^mîaioe de la morale pratique, qu'il recueille eh abondance les fruits qu'il s'était promis de retirer de l'étude de la philosophie^ ÀYec quel dédain, ou plutôt queHe indignation ,* il rejette ces frpides hypothèses qui dégradent la yertu en la réduisant à un calcul mercenaire , en la rendant Tesclavedes motife intéressés l 'S'établit-il sur le terrain de la législation civile ? à quelle distance ne laisse^t-il pas tous les jurisconsultes vulgaires , froids et stériles commentateurs 4u texte de l'édit du Préteur ! C'est des sources du droit naturel qu'il fait découler le droit positif; c'est des sources de la morale éternelle et universelle qu'il fait dériver tous les principes du droit de la nature. 11 réunit ici la sublimité de Platon à la rigueur d'Aristote; il allie le patriotisme du citoyen à la moralité de l'homme privé , à la piété de l'homme religieux. Le jurisconsulte , formé à son école , trouvera dans la plus haute philosophie le commentaire des lois de son pays; le simple particulier^ guidé par lui, en obéissant à ces lois, obéira à la raison, à Dieu même.
En traitant des Uns, Gicéron semblait avoir pris Platon pour guide : à son exemple, il composa aussi un traité de la répiiblique. Citoyen d'une république, défenseur de la liberté expirante, alors même qu'il s'élève contre les entreprises audacieuses des César, des Antoine, des Octave, il reconnaît les avantages d'une monarchie sagement tempérée , et il présente avec Aristote , comme le modèle d'un gouvernement parfait, celui qui se forme par la combinaison et l'harmonie des trois formes monarchique, aristocratique et populaire.
Nous avons dû parler avec quelques détails de cet
taOlSiÈMB ÉPOQtJE. i41
boiume distingué. Nolis avons peu de chose à dîrë de ses successeurs. Au momeot où Gicéron s'efforçait d'inspirer à ses compatriote le g^ût dont il était animé lui-même pour ces hautes et nobles études, déjà les mœurs avaient commencé à se corrompre , d^ la liberté n'existait pkis. Bientôt à tousles vices j tristes fruits de l'opulence , de l'orgueil et de la puissance , vinrent s'unir ceux qu'engendrmt l'adulation et la servitude : la philosophie ne fut pins alors que l'héritage d'un petH nombre d'hommes de bien qui luttaient contre la dépravation uni verselfe , et contre les excès de la tyrannie. ^ *