ÉPICURIENS
La doctrine d'Épieure fut annoncée aux RmMiaa par Lucrèce, dont le poème est le plus ancien qui nous ait été conservé dans cette langue. Il naquit environ 95 ans avant J.-.C; il avait huit ans de moins que Cicéron et un de moins que César. On doit supposer qu'il passa quelques années de sa jeiiMSM an
Grèee et. même à Atbèaes; H ptratt (foj^ ymté étm tous les mystères de la philosophie » de la cosmogonie et de la physique ^HCurieBDe^ pour que l'on puisse croire qu'il eo ait pris connaissanee seulemeoCÀ Romo^ Si Lucrèee a osé plier la langue de Rome à peiodre la doctriiie de TapOtre de la volupté ; s'il a réussi à. tirer d'admirables beautés d'une théorie ratiotiadlo} s'il a pi| ressentir la chaleur de Tenthousiasme pour le système le plus aride et le plus glacé y il n'a pu > «mémo ea ne s'attachant qu'à traduire, être un imithteur fl« déle ; et dqji ses pinceaux commencèrent à altérer lee doctrines d'Épicure. Lucrèce compta parmi ses an^is McHiiius et G. GASS10S9 tous deux attachés cômaoelui aux principes de la philosophie épicurienne» Le der« nier, citoyen intrépide et austène^ se saerifiâ, • ainsi que ie stoïcien Brutus, i la cause de la liberté, liiviaés ^Mans l'école , ces deux hommes illuslres se réumasaient au forum, au sénat, et sur le chainp de bataille»
Servitts nous atteste l'étude approfondie que YiauiLi: avait faite des doctrines philosqihiques ; mais lui-même nous l'atteste bien mieux encore, par les nombreux emprunts qu'il leur a faits : il n'est pas une de ces . doctrines qu'il n'ait l'art de faire revivre et de peindre dans ses chants immortels»
T4ous devons placer encore parmi les poètes philosophes ce spirituel ami de Mécène et d'Auguste, cet Horace, qui nous apprend lui-même avec quelle ar^ deur il s'est appliqué dans sa jeunesse à suivre les Ihciles leçons d'Épicure; il parait cependant qu'une plus mûre expérience lo rattacha plus tard aux sévères maximes du Portique. Au reste, e<mservant toujours son mdé*
I4S PHILOSOPHIE ANCIENNC.
jpendaoce, ii ne suivit exclusivement aucune école ^ sa régie fut de ne juger sur ia parole d'aucun niattre(l). .-. On compte aussi parmi les épicuriens T. P. Atticus, cet ami de Cicéron , qui pendant les guerres civiles de César et de Pompée, de Brutus et d'Antoine, se mé« nagea si bien que , sans prendre parti pour aucun , il iut aimé de tous.
Nous pouvons ajouter à cette liste les noms des deux Pline:, .ots explorateurs infatigables des phénomènes de la, nature; cependant Pline l'Ancien pourrait peut* âtre avec plus de raison ôtre rangé parmi les sceptiques.
. Le satbrique Lccien de Samosaie , dont les censures ingénieuses, élégantes, mais sévères, poursuivent sous toutes .les formes les prétentions du dogmatisme et l'ocgueil des &ux savants; Diogène de Laèree, auteur d'une histojre des philosophes anciens, bien précieuse malgré son manque absolu de critique et de goût; Celse eii0n, qu'on appela l'Hippocrate latin, parce qu'il avait traduit le. père de la médecine, qui combattit les chrétiens et trouva dans Origène un redoutable adversaire, nous paraissent avoir été comptés sans motifs suffisants parmi lea épicuriens.
Les philosophes dont nous venons de parler avaiait en .général embrassé le parti d'Épicure, parce qu'ils trouvaient sa physique attrayante, et que sa morale traçait une règle dont la pratique leur promettait unç vîe douce et exempte de la gêne à laquelle les stoïciens
' (1) Kiitlius addictus jarare in verba magislri ,
Que niecuinque rapit (empeslas , deferor hospes^
adintaitQftteiit r^spècB humaine. Mais 1er nom^c %t tnewiparableiDeAt plus grand de ceux qui adopt^ei^l cette doctrine uniqfuemeot parce qu'ils eroyaieat.voir 4»m ses. principes l'apologie de leur irvéligioi^, et dç^ débauches m sein desquelles ils vivaient* plongés;. Ce lurent ces dernier» partisans d'Épicure, et l'abus qu'ils firent de la philo^phie, quirendireitt son nontçt son système si odieux ; qui , chez les, Grecs comme chez les Romains^ révoltèrent les stoïciens et les académieiôiis, et les portèrent à employer^ (XM3tre eux un. ton si méprisant et si rempli de fieK.La corruption de? mœurs, l'absence de courage et de patriotisme, la bassesse et la servilité dont le specta^e attristait partout leurs regards, ne justifiaient que trop la sévérité de ImtB cansures. . . ,
PÉRIPATÉTICIENÇ.
. La phdosophie d'Aristote était moins à la portée 4e l'esprit essentiellement pratique des Romains .: et les Grecs qui s'en occupaient étaient réduits à commenter péniblement le philosophe de Stagyre^ avec plus ou moins de succès , et dans des sens divers ,. ii cause de la forme sou-vent obscure et souvent altérée de ses écrits. Après Andronicus de Rhodes, qui mit en ordre et expliqua à Rome les livres d'Aristote , et Cratippe de Mitylène, que Quintus Gicéron, ainsi qoe beaucoup d'autres Romains, entendit à Athènes^, on 4H>mpte comme purs péripatéticiens, Nicolas de Damas, ou Damascène, et Xén arque de Séleucie, qui donnèrent tous deux des leçons à Rome, au temps d'Augusio;
Alexandkë yfiCiftus qui fVit aussi Tun des nuillMi 4ê Néron, et particuliërement le célèbre comiàotâlow Algxandbb d*Aphrodîse , qui fondb à Alexandrie une école critique particulière qui porte son nom , et com^ battit h doctrine du fktaltsme, comme inconciliable avec Tordre mord, A une époque plus rapprochée nom trouverons parmi Tes péripatéticieDs syncrétistes* Ta** msTius , Syrien et Sthplichjs. Les comm^itaires de ce demfef sur la philosophie d^Aristole sonf , aiM ceux d'Alexandre d* Aphrodîse , les plus remarquaMes qu'aient écrits ces écoles.