MYSTICISME, CABALISTIQUE, MAGIE
« On a pu voir par ce* qui précède, que de .tous les ajyotèmes philosophiques développés presque simultar pémenl, pendant les deux siècles qui se sont écoulés entre la chute de la scolastique et la naissance de la philosq>hie moderne proprement dite, c'était le néo* platonisme qui avait exercé le plus d'emfHre. Gela ne {M>uvait manquer d'être, à une époque dont le caractère dominant était l'entjiousiasme religieux, et Texalt^^on mystique. On serappelle que les philosophes d'Alexan* ditie accordaient un pouvoir surnaturel à certains êtres, qWils regardaiept comme les intermédiaires entre la divinité et l'homme. .Ils. supposaient à ces génies ou, démons une grande influence dans legour ^^rnement du j^onde , et ils admettaient la possibilité de les. faire agir par certaine procédés, tirés, les uns d(SB ppissances naturelles, les autres de certaines par rôles ,. en un mot , . à l'aide de ^e que Ton appelait Magie. A ces dogmes , qui se trouvaient si . bjen d'^cr fiorà avec. la disposition des espritSi, vinreQt se réunir d'autres idées empruntées à la cabale des Jpifs, àcette science mystérieuse dont nous avons aussi parlé, et
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qui n'est autre chose que le néoplatonisme » altéré par le mélange des chimères théurgiques qui résultaient de la doctrine de l'émanation. Ces opinions étaient alors tellement dominantes , qu'à aucune autre épo((ue il ne fut aussi souvent question de sorcellerie et de sorciers. Une commission du parlement de Pau fit brûler plus de trois cents de ces malheureux , dans un espace de temps assez court. La croyance aux sorciers était alors si générale, si profonde, que les accusés de sorcellerie la partageaient eux-mêmes ; ils ne niaient point les faits qu'on leur imputait, lorsqu'on les pressait un peu. L'imagination fortement préoccupée de cet état extraordinaire^ plusieurs, soit dans leurs rêves , soit dans des moments qu'on appelait d'halludnation , avaient cru réellement se voir au sabbat , ou être les objets d'actes de sorcellerie. L'étude de la cabale et la croyance à la sorcellerie étaient répandues parmi les catholiques et parmi les protestants ; mais peut-être l'é trient-elles davantage chez ces derniers, parce que, comme leur principe était de remonter au texte des livres sacrés , ils avaient dû s'attacher surtout à prendre connaissance de la langue hébraïque : ce furent même eux qui , un peu avant la réformation , firent naître l'étude de cette langue, complètement négligée pendant le moyen-âge. La nécessité où ils étaient, pour la connaître dans ses détails, d'étudier les livres des rabbins, où la doctrine cabalistique est présentée avec étendue , contribua encore à enraciner cette philosophie dans leur esprit.
Nous en avons indiqué déjà (1) les principaux
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dogmes ; ils furent développés vers la (in du xv*" siècle par Pic de là Mirandole, qui , s'étant cependant , à ce qu'il parait, affranchi pendant sa vieillesse des préjugés répandus de son temps, et que son exemple avait contribué à accréditer, composa une exellente . léfutation des superstitions astrologiques. Ce fut d'a-^ près ses inspirations qu'un des hommes les plus distingués de son temps, Jean Reuchlin, composa ses deux ouvragés de Verbo mirifico, et de Arie cabalisiicd.