Apol., c
" Ce qu'il y a d'intéressant dans la doctrine de Diogène, c'est l'effort pour rajeunir la vieille physique ionienne. . . Diogène reprend l'hylozoïsme (matière vivante) en donnant à la matière non pas seulement la force, mais la pensée. Son œuvre est une réaction de l'esprit panthéistique contre le dualisme 1. "
28. Héraclite d'Ephèse vécut vers le Ve siècle avant J.-C. Il donna une orientation nouvelle à la philosophie ionienne. En effet, ce qui l'intéresse, ce n'est pas tant la substance des choses que leur devenir et leur changement. Tout change, rien .n'est, tout devient, telle était sa formule. Il ne reconnaît dans les choses qu'un seul principe qui est le feu. Et le feu en prenant des formes déterminées, rend compte de la multiple variété des choses. Si tout devient, rien, en ce monde, n'a une existence réelle. Les êtres sont dans un flux, un écoulement incessant. Le feu seul subsiste, les différentes formes qu'il prend disparaissent. Le feu en soi représente l'être en général ou indéterminé, les différentes formes qu'il revêt, sont les êtres particuliers, singuliers, déterminés. Or ces êtres ne sont pas réellement puisque tout devient. Il s'ensuit donc que l'être et le non-être sont identiques. Héraclite conclut à l'identité des contraires, et à ce point de vue il est considéré, à bon droit, comme précurseur de Hégel. Mais " la sophistique est plus subtile, plus savante, plus complète, chez le philosophe de
t. Janet et Sailles, Hist. de la Philosophie, pp. 919-920.
Berlin que chez le ténébreux penseur d'Ephèse 1 ".
La sophistique ancienne est la mère de la sophis tique contemporaine. Comme Heraclite, beaucoup de philosophes, de nos jours, partent, pour construire leur système, de l'être indéterminé 2, c'est-àdire en puissance, lequel devient toujours et n'est jamais.
29. Anaximandre de Milet. — (611-546 avant J.-C). Avec lui entre en scène un nouveau système cosmogonique. Tandis que les dynamistes attribuent le commencement de toutes choses à un principe unique qui, en vertu d'une force cachée se transforme en une infinité de manières différentes, les mécanistes recourent à plusieurs principes confusément mélangés à l'origine mais dont le dégagement s'opère par une sorte de mouvement mécanique intelligent ou aveugle.
Anaximandre fut philosophe et astronome. Diogène Laërce le regarde comme l'inventeur du cadran solaire. Au dire des anciens, pour Anaximandre, le principe du monde était l'infini. Et cet infini, qui est-il ? C'est le chaos, c'est l'indéterminé d'où tout sort et où tout revient. C'est l'amas confus de tous les éléments " qui en se combinant et en se séparant devaient former l'univers 3 ". A ses yeux, " tous les éléments des êtres existent éternellement ; ils sont infinis et forment par leur mélange une sorte