‹ Histoire de la PhilosophieChapitre 46 sur 126 · AI.BERT DE GRAND · texte numérisé non relu

AI.BERT DE GRAND

168. Vie et œuvres d'Albert le Grand. — Albert vit le jour en Souabe, vers 1193. Il appartenait à l'illustre famille comtale de Bollstadt. Frappé par

les prédications du second maître de l'ordre de saint Dominique, Jourdain de Saxe, il revêtit l'habit des Dominicains en 1223. Il enseigna tour à tour à Cologne, Hildesheim, Fribourg, Ratisbonne, Strasbourg, puis de nouveau à Cologne où il eut pour élève saint Thomas d'Aquin. Il fut successivement provincial de son Ordre en Allemagne, puis évêque de Ratisbonne. Il abdiqua la charge épiscopale et se retira au couvent de Cologne dont il fit sa résidence habituelle. Il défendit les doctrines de saint Thomas quand elles furent condamnées par l'évêque de Paris, en 1277. Il mourut à Cologne en 1280. On l'a appelé: Docteur universel. Ses œuvres forment une bibliothèque. Mentionnons seulement les principales : De animalibus. — Bthiconim, Hbri X. — Politicorum, libri VIII. — Metaphysicorum, Jibri XIII. — De unitatc intellectus, contra Averrocm. — Ouindecim problemata contra Averroistas. — De eau sis et processif universalitatis. — Summa tlieologiœ. — Siimma de créa tu ris.

169. Caractères de la Philosophie d'Albert le Grand. — 1° Péripatéticienne : le péripatétisme fait le fond de sa philosophie ; celle-ci, en effet, vulgarise Aristote. 2° Eruditc, c'est-à-dire qu'elle fait montre d'une érudition qui tient du prodige. Il possède toutes les sciences de son temps. 30 Inorganique, en ce sens qu'elle ne forme pas un tout compact, uni. Au reste, il était assez difficile pour Albert le Grand de se débarrasser de certaines influences traditionnelles et surtout des idées néo-platoniciennes de l'arabisme. Ce qui a fait dire à certains auteurs

que sa synthèse philosophique n'était pas albertine.

170. Philosophie d'Albert le Grand. — La matière et la forme sont l'objet d'une des thèses de sa métaphysique. Quoique péripatéticien dans l'exposé qu'il en fait, il ne l'est pas jusqu'au bout. 11 a résolu le problème des universaux dans le même sens que saint Thomas d'Aquin. Sa théodicée est franchement aristotélicienne. Il complète la notion qu'Aristote a donnée de l'acte pur et en fait l'âme de sa doctrine théologique. Il défend la distinction réelle entre la créature et le créateur, critique l'émanation, rejette l'éternité de la matière et n'accepte pas la possibilité de la création du monde ab œterno. Sa psychologie enseigne que l'âme est la forme substantielle du corps, le principe vital ; mais elle ne dit pas que l'âme est aussi forma corporeitatis. Albert le Grand ne semble pas complètement fixé sur la nature de l'union de l'âme et du corps, il admet, cependant, la distinction réelle entre les deux. Il distingue trois genres de facultés : les facultés végétatives, les facultés sensitives, les facultés intellectuelles. L'immortalité personnelle de l'âme humaine est aussi une de ses thèses favorites. L'influence d'Albert le Grand fut considérable. Un de ses plus beaux titres de gloire sera d'avoir été le maître de saint Thomas d'Aquin. Et lê* docteur angélique, tout en dépassant le docteur universel, lui doit sa vocation philosophique et son initiation au péripatétisme.

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