‹ Histoire de la PhilosophieChapitre 62 sur 126 · THOMAS HOBBES · texte numérisé non relu

THOMAS HOBBES

230. Vie et œuvres de Hobbes. — Thomas Hobbes naquit à Malmesbury, en Angleterre. Après avoir fait ses études à Oxford, il fit, en France, plusieurs voyages qui le mirent en relation avec Gassendi, le P. Mersenne et Descartes. Il mourut en 1679. Ses principaux ouvrages sont le Ceviafhan qui contient sa métaphysique; le De Cire où il expose ses théories politiques, et un Traité de la nature humaine.

231. Caractères de la Philosophie de Hobbes. — i° Matérialiste : l'immatériel n'existe pas pour Hobbes, ou du moins, s'il existe, sa connaissance ne relève pas de la philosophie, mais de la théologie.

2° Egoïste: suivant lui, il n'y a que deux motifs d'action : la recherche du plaisir, la fuite de la douleur. 30 Despotique : le despotisme est la meilleure forme de gouvernement ; voilà encore un de ses dogmes.

232. Philosophie spéculative de Hobbes. — Elle est nominaliste et sensualiste. Pour lui, l'idée universelle, générale, n'a qu'une réalité verbale. Elle vient de la sensation qui n'est qu'un mouvement du cerveau. Toute substance est corporelle. L'âme elle-même n'est que matière.

233. Philosophie pratique de Hobbes. — Sa morale est utilitaire. Elle n'est que l'art de jouir le plus possible avec le moins de peine. C'est le règne de Yégoïsme ; et tous les sentiments en sont la métamorphose. Et donc, la société n'est pas naturelle. L'état de nature, c'est la lutte de tous contre tous ; puisque l'homme doit avant tout chercher sa jouissance personnelle, son propre intérêt deviendra nécessairement en conflit avec celui de son voisin : homo homini lupus. Mais bientôt, les hommes s'aperçoivent que cet état de guerre est le pire de tous les maux. Ils se réunissent, et pour obtenir la paix, ils conviennent de renoncer à tous leurs droits, ils forment le pacte social. Par ce pacte, ils remettent la puissance sociale entre les mains d'un seul homme qui a tous les droits avec le devoir de maintenir la paix. Sera bien, ce que décrétera le Souverain; sera mal, ce qu'il interdira. C'est le despotisme et V absolutisme.

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