Caractères de la Philosophie au XIXe siècle
— 1° Composite : au dix-neuvième siècle, en effet, la philosophie est le rendez-vous de toutes les opinions. 2° Spiritualiste au sens chrétien et au sens rationaliste, suivant qu'elle subordonne, ou non, la raison humaine à la révélation. 30 Eclectique avec Cousin et quelques autres qui font profession de chercher ce qu'il y a de vrai dans les divers systèmes afin d'en faire une synthèse générale. 40 Sensualiste avec les disciples de Condillac. 50 Matérialiste, surtout, en Allemagne, où il y eut une forte réaction contre l'idéalisme hégélien. 6° Sociale-humanitaire, en France, où Saint-Simon, Fourrier, Proudhon, comptèrent de nombreux disciples. 70 Bvolutionniste en Angleterre avec Darwin. 8° Positiviste: elle ne se contente, chez plusieurs, que du fait brut, et renonce à en chercher
la cause, sous prétexte qu'elle ne peut la connaître. 9° Sceptique: le scepticisme de la philosophie, à cette époque, se présente sous différents noms ; il s'appelle tantôt néo - criticisme, tantôt phénoménisme, tantôt relativisme. io° Religieuse : malgré les aberrations des philosophes au XIXe siècle, on trouve encore dans les différents pays des hommes respectueux des croyances catholiques et soucieux de démontrer que la science et la foi ne se contredisent pas.
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319. Caractères de la Philosophie française au XIXe siècle. — i° Subversive, ennemie de l'ordre social établi. Elle prêche la guerre à la propriété. 2° Positiviste : elle renonce à la recherche de l'absolu, objet de la métaphysique, qui, pour elle, est une entité cachée inaccessible à l'esprit humain. 30 Eclectique : elle se forme de la synthèse de prétendues vérités recueillies un peu partout. 40 Traditionaliste: voulant réagir contre les écarts de la raison humaine, elle la déclare absolument incapable d'arriver à la connaissance de la vérité, sans le secours d'un enseignement, d'un magistère. 50 Chrétienne : à côté des partisans des pernicieuses doctrines, à l'époque dernière, la France compta toute une pléiade de philosophes qui combattirent vaillamment pour la cause des principes chrétiens.
320. Les socialistes. — Saint-Simon (1760- 1825) dans son Nouveau Christianisme, enseigne que
l'homme, ici-bas, est fait pour le bonheur et que celui-ci consiste dans la satisfaction de tous les appétits. Le moyen, d'après lui, d'arriver à cette fin, est la suppression de la propriété, source de malheurs. Charles Fourrier (1772-1837) met en pratique les enseignements de Saint-Simon par la création de son phalanstère ou commune socialiste. Pierre Leroux (1 798-1871) prétend que l'homme est indéfiniment perfectible, et que cette perfection s'accomplit par une série de vies sucessives sur la planète terrestre. Pierre-Joseph Proudhon (1809- 1865) a pour devise cette fameuse phrase tant de fois répétée après lui : la propriété, c'est le vol. Nous dirons seulement que toutes ces rêveries méritent à peine le nom de doctrines philosophiques. Les tristes conséquences dont elles ont été la cause sont à elles seules, une preuve manifeste de leur fausseté.