U SCIENCE DE L'ESPRIT
de lopération pour dégager la cause qui opère, il sera impossible de concevoir cette cause comme multiple, Tessence même de la pensée étant A'unir.
A tous les degrés, on trouvera que l'acte de Tesprit est une synthèse : la sensation qui unifie la substance de notre corps, la perception qui unifie dans l'espace les phénomènes sentis, la mémoire qui les unifie dans le temps, la raison qui unifie tous nos concepts, la volonté qui unifie tous nos actes. L'unité est si bien la forme fondamentale, exclusive, nécessaire du moi et de tous les faits où il s'exprime, que, par une illusion transcendante, nous projetons cette forme hors de nous à chaque fois que nous voulons comprendre une chose, poser son existence, concevoir même sa possibilité. Ainsi c'est une étrange inconséquence de la part de l'esprit que de chercher l'unité précisément dans la réalité extérieure qu'il ne connaît que par opposition à sa propre nature; c'est pourtant l'esprit qui a imaginé l'atome et l'a modelé à sa ressemblance.
Car il lui a donné ce qu'il sent être, en son for intérieur, le principe de l'unité même, à savoir l'Energie, indépendante en sa racine, sinon en ses rameaux. L'activité spirituelle n'est pas une somme, une forme, une loi; c'est une chose séparée et irréductible, dont la (T force t) , attribuée à la matière , n'est que la grossière image.
Ce n'est point le lieu d'entrer dans le détail de théories qui sont le fond même du spiritualisme, et où concordent tous les philosophes qui ont pris la pensée pour point de départ de la connaissance, Platon, Aristote, Descartes, Leibniz, Kant; il est certain que, sur l'ensemble tous s'accommodent de l'interprétation qui se dégage de cette analyse.
Nous nous trouvons alors en présence d'une véritable antinomie, produite par le rapprochement des conclusions que nous avons demandées à la science de la nature et à la science de l'esprit.
Si nous regardons au dehors, nous verrons dans tous les ôlres qui nous entourent des groupements atomiques et des combinaisons moléculaires sans autre lien que funité formelle de la loi; et nous
5'i8 LIVRE V, CHAPITRE III.
serons infailliblement conduits à étendre cette condition à Tliomme même, qui, en tant qu'organisme, ne saurait y échapper.
Si nous regardons au dedans, nous découvrirons, dans Tunique être qu'il nous soit donné de pénétrer, une activité déterminée, distincte des éléments qu'elle meut, suffisante à elle-même (au moins comme énergie pure), et qui nous paraîtra être le seul type intelligible de l'existence.
Faut-il donc admettre qu'il y a une irrémédiable contradiction entre les deux aspects de l'être et entre les deux sciences qui les étudient?
C'est ce que nous allons rechercher dans un examen d'ensemble, où nous tenterons d'extraire de toutes les théories, accumulées dans ce long travail, une conclusion positive sur le problème qui les a fait naître.
I. Dans la science contemporaine, i'Atomisme se présente comme un système visant simplement à rendre compte de l'ensemble des phénomènes qui se rattachent à la notion de matière. En ce sens, on peut affirmer que c'est l'hypothèse la plus satisfaisante qui ait été proposée jusqu'à présent, celle qui répond le mieux aux exigences des théories acquises, et qui, prise comme principe, se montre la plus féconde en applications vérifiées par l'expérience. L'atomisme scientifique est certainement né d'une conception à pnm (nous avons retrouvé les traces de cette filiation, de Dalton à Newton, de Newton à Bayle, et de Bayle à Gassendi); mais les épreuves expérimentales auxquelles il a été soumis depuis un siècle n'ont fait qu'en accroître la vraisemblance, ou, pour mieux dire, la probabilité.
Si nous cherchons à pénétrer la raison profonde des avantages théoriques qu'il offre à la science, nous trouverons que la conception sur laquelle il repose vaut surtout par la simplicité. La phénoménalité extérieure nous apparaît si infiniment multiple et diverse, que la difficulté de l'élude réside moins dans l'observation que dans la réduction et la synthèse des faits observés. Il ne faut pas oublier qu'une loi est nécessairement une expression simple^ ramenant une multiplicité à l'unité. La nature ne nous est intelligible que sous le concept d'un système. La meilleure hypothèse sera donc celle qui rendra compte du plus grand nombre de faits par les moindres moyens, ou, comme le dit Maupertuis, a avec les moindres frais t^ qu'il est possible : entendez «r en nécessitant le moins de postulats fl.
C'est à ce litre que la loi de Newton est, dans l'ordre des expressions phénoménales , la plus parfaite des formules, étant la généralisation la plus haute et la plus exacte tout ensemble.
Mais la loi de Newton, qui règle les mouvements et la distribution des corps dans l'univers, implique une hypothèse portant sur la constitution même des corps; elle suppose que la matière est composée d'unités, de forces qui agissent chacune pour leur compte dans le travail de l'attraction et de la gravitation, sans quoi l'idée de (T masse T), nécessaire à la physique comme à la mécanique, serait proprement inintelligible. En un mot, la loi de Newton postule l'atomisme.
Ajoutez ceci, c'est que la chimie, par une tout autre voie, est arrivée au même résultat, je veux dire à poser des lois d'ensemble dont la notion d'atome est la condition fondamentale.
Toute systématisation des phénomènes naturels parait donc aboutir à poser la division corpusculaire et l'unité dynamique des composantes de l'étendue matérielle.
Il est facile d'expliquer cette conclusion. La conception atomique, qui entraîne avec elle la conception moléculaire, détermine dans le chaos phénoménal des centres de systèmes^ qui rendent iounédiatement distincte et intelligible la direction particulière du mouvement sur ce point. L'interprétation phénoméniste est obligée ellemême de marquer ces centres, d'y supposer des tourbillons spéciaux {vorttœs) , et d'établir en somme sa formule en disant que ffles choses se passent comme si. . . l'atome était réeK.
Sans doute la science ne peut guère que signaler cette exigence de ses lois, et elle ne saurait poser Y existence absolue des atomes sans entrer dans le domaine de la métaphysique. Mais les concepts par lesquels elle représente ses postulats expriment suffisamment cette réserve; elle ne parle que à'unités, sans chercher à donner la raison de la forme qu'affecte ainsi l'être; le mot force qu'elle emploie aussi, laisse également indéterminée l'essence de la cause qui se manifeste comme une source continue de mouvement.
Tout ce qu'on peut dire, c'est que ces deux idées, qui ne font que traduire en symboles les conditions ultimes de la phénoménalité, acheminent l'esprit vers la conception d'une spontanéité active y que la psychologie arrive à poser d'autre part, par un travail d'analyse parallèle , et qu'elle va chercher à généraliser.
II. Si la chimie a toute raison de se déclarer en faveur de i'atomisme, peut- on attendre les mêmes conclusions de la part de la philosophie générale, qui a deux sortes de données h concilier : celles de la science interne et celles de la science externe?
Les conséquences, précédemment déduites, du système atomistique semblent commander une réponse négative à cette question.
La loi même qui domine le développement du système tend à exclure toute hypothèse spiritualiste : si l'atome est le seul être simple, l'esprit, lié à la forme complexe d'un organisme, devra être considéré comme la résultante finale des combinaisons qu'implique la vie organique supérieure, et n'aura pas d'autre individualité ni d'autre stabilité que celles de ces combinaisons.
Atomisme sera donc synonyme de matérialisme, même dans le cas où l'atome — comme chez Gassendi, chez Lemaire, chez M°*® Clémence Royer — serait doué de propriété plus ou moins psychiques; -car le matérialisme ne consiste pas seulement à ramener toutes les formes de l'être à l'inertie et à l'inconscience originelles, mais à considérer l'âme comme un résultat, au lieu d'en faire un principe.
Telle est l'interprétation que la plupart, pour ne pas dire l'unanimité, des savants et des philosophes considèrent comme la seule logique , sinon la seule possible.
Et pourtant, à y regarder de près, on s'aperçoit bientôt quelle donne à latomisme un sens plus négatif encore que positif : de ce que l'atome est la composante de tonte réalité, *8'ensuit-il vraiment
quil ne soit susceptible d'aucune évolution interne, et ([u'il faille nécessairement rapporter à une loi extérieure tout groupement déterminant une forme nouvelle?
Ce n'est point ainsi que l'entendait Leibniz : il admettait le progrès (le la monade, et par suite la subordination, autour d'un centre plus pf parfaite, des éléments inférieurs associés à l'action de l'élément supérieur.
N'est-il pas possible de concevoir l'univers organisé d'après ce plan, en étendant Thypollièse ([ui sert de base à la science, et en la libérant, pour ainsi dire, des images matérielles qui la restreignent?
Il ne s'agit pas ici — on le pense bien — d'édifier un système complet de la Nature, ni de résoudre, en un tour de main, le problème métaphysique de Texistence et de l'essence; notre prétention se borne à rechercher si latomisme, qui se présente à nous comme la conclusion dernière de toutes les études portant sur le monde matériel, est radicalement incompatible avec ce que nous considérons comme le point de départ de toute philosophie de l'esprit, c'est-à-dire avec l'unité de l'àme humaine.
Pour nous, cette incompatibilité n'est pas définitive : elle repose sur une réserve qui est imposée à la science positive par sa méthode particulière, mais dont la portée ne s'étend pas au delà du domaine où cette science règne en maîtresse.
La chimie, la physique, la biologie ne s'attachent qu'aux phénomènes extérieurs; elles s'interdisent toute induction sur ce qui se passe à l'intérieur des centres de forces qu'elles déclarent impénétrables et irréductibles.
Leur conception est donc fatalement limitée de ce côté; elles ne peuvent faire entrer dans le plan d'ensemble l'élément subjectif, dont elles supposent pourtant la réalité en circonscrivant leur étude à l'enceinte de son individualité.
Elles sont ainsi conduites à considérer comme sans raison les groupements diveis (jui se j)roduisent dans le monde atomique, cl
se bornent à donner la loi suivant laquelle les groupes évoluent sur eux-mêmes et agissent au dehors.
Mais une loi n'explique rien; les atomisles Tout si bien compris, qu'au lieu d'englober (comme le l'ont les mécanistes) tous les centres de mouvements dans une formule plus ou moins générale, ils ont senti le besoin de les rattacher, un à un, à des unités particulières qu'ils refusent de fondre dans le chaos phénoménal.
J'entends bien que, s'ils n'ont pas conclu de même à l'égard des autres centres, de^ formes supérieures, depuis la molécule jusqu'à l'organisme, c'est qu'ils sont parvenus à les décomposer en leurs éléments et qu'il leur a semblé, à cause de cela, qu'elles ne méritaient pas le nom d'unités.
Mais qui est-ce qui nous assure que ces groupements ne récèlent pas un principe interne de synthèse, détruit ou plutôt séparé par l'analyse, et que ce principe n'est pas précisément un atome plus spécialisé que les autres qui les associe à sa fonction ?
N'est-ce pas là ce qui se passe dans le phénomène de la génération, où le germe transmis est un centre d'attraction autour duquel s'agrègent les molécules nécessaires à la vie?
Ne peut-on supposer qu'il en est de même partout où apparaît une forme nouvelle, et que toutes les lois ont leur raison dans quelque unité qui détermine la modalité du mouvement?
Ainsi l'atomisme se concilierait parfaitement avec les exigences spiritualistes. Parlons mieux : ce n'est pas parce qu'un certain système, le spiritualisme, se trouve en opposition avec celui que nous examinons, que nous réclamons de ce dernier une modification, ou plutôt une extension de ses principes; c'est pour pouvoir tenir compte, dans la conception d'ensemble, d'une donnée aussi positive, aussi formelle et encore plus évidente que toutes celles de la science matérielle, je veux dire runité de Tespriiy postulat de la conscience et de la raison.
Cette unité pourrait subsister si l'atomisme, se transformant
55& œNGLUSION.
en moiiadisme , admettait le développement individuel de la monade et l'action attractive des monades supérieures sur les autres.
La nature humaine conserverait ainsi sa dualité, qu'il parait nécessaire de maintenir en tout état de cause, et la métaphysique ne serait pas réduite au dualisme, qui répugne aux exigences logiques de la raison.
L'organisme serait l'ensemble des monades inférieures groupées, dès le premier moment, par la monade séminale, et peu à peu entraînées dans le mouvement des fonctions vitales, sous l'influence active et directrice du principe d'unité , qui ne serait autre que l'esprit.
Celui-ci ne pourrait point , sans perdre sa détermination positive et son énergie efficace, s'isoler de l'organisme, exactement approprié, qui sert de matière à son action. Le coi*ps est le sujet des perceptions de l'âme et, le corps manquant, l'âme ne serait plps qu'une puissance pure.
Do même, une âme ne saurait passer d'un être dans un autre, parce qu'il y a, comme le dit Aristote, une adaptation rigoureuse de l'unité à la proportion qu'elle détermine et régit
IIL Voilà le système qui permettrait peut-être de faire concorder dans une même conception les conclusions de la science extérieure et celles delà science intérieure.
Non seulement je n'oserais le donner comme déGnitif, mais il ne m'échappe même pas que lea objections balancent ici les arguments favorables.
La plus grave de toutes est que cette théorie entraîne, pour chaque combinaison, de quelque ordre qu'elle soit, depuis le cristal jusqu'à l'organisme humain , l'intervention et la présence continue d'une unité substantielle distincte des parties, d'une espèce .d'âme, en un mot, qui soit la raison profonde de la forme réalisée. Or, l'homme à part, rien ne nous permet de supposer qu'il
existe de pareilles unités. Les chimistes mêmes souriraient d'une telle rêverie ...
Il est vrai que, si nous considérons Thomme au point de vue purement expérimental, — entendez de l'expérience extérieure ^ — nous serons tentés de conclure de même, et cependant nous ne pouvons douter de l'existence de notre esprit; en sorte que l'objection, si forte qu'elle soit, ne paraît pas décisive.
Pour juger équitablement de la probabilité d'une hypothèse, il faut la comparer à celles qui ont été proposées en vue de résoudre le même problème. Examinons-donc rapidement les solutions fondées sur un principe autre que l'atomisme.
Il n'y en a que deux de possibles : le dualisme et le mécanisme.
Le premier entraîne précisément les mêmes conséquences que l'atomisme en ce qui concerne le doublement de l'être, ou bien il renonce absolument à expliquer le phénomène de l'organisation. On peut, en effet, accorder (bien que nous soyons d*un avis tout différent) qu'on rend compte de l'unité de l'individu humain en la montrant comme le résultat de l'association, de la coopération même de deux substances hétérogènes, la matière et l'esprit Mais cette apparence d'explication ne saurait en tout cas s'appliquer aux autres êtres vivants : attribuera-t>-on une âme spirituelle aux animaux , aux plantes ?
Le dualisme est acculé au mécanisme cartésien, à moins qu'il ne consente à admettre des degrés de nature dans la série des âmes, c'est-à-dire qu'il n'accepte le monadisme.
Quelque parti qu'on prenne ici, le système que nous avons esquissé comme dérivant de la conception atomistique est incontestablement supérieur, pour la rigueur logique comme pour la compréhension métaphysique, à l'espèce d'expédient de doctrine auquel on réserve d'ordinaire le nom de spiritualisme.
Reste le mécanisme, qui ne reconnaît aucun subslratum an mouvement, ou tout au moins aucune unité définie à laquelle on puisse rapporter l'origine de la force en acte.
En chimie, le système consiste à prendre comme véhicule de la force une matière difTusc et continue qu'on appelle le (r fluide éthéré -n ; toutes les combinaisons résultent des variétés du mouvement giratoire ou vibratoire qui s'y développe.
Il Qst clair qu'il n'y a plus là aucun centre d'action possible, et que l'idée d'un esprit distinct du tourbillon ne saurait, au regard de cetle hypothèse, être énoncée sans ridicule. C'est un retour au phénoniénisme d'Heraclite, et une métaphysique qui chercherait à s'en accommoder pour une construction d'ordre ontologique, n'en pourrait tirer que le panthéisme.
Je sais bien que la théorie de la matière continue peut se réclamer, outre Descartes qui est dualiste, d'un grand philosophe, du plus grand de tous peut-être, qui ne passe point pour avoir conclu dans le même sens : Aristote a la prétention de n'être ni phénoméniste ni matérialiste, et cependant il ne croit pas à la division particulière de la substance : il place l'unité dans la résultante et non dins les éléments.
Ne serait-il pas plus sage de suivre son exemple, de rompre nettement avec latomisme de notre temps, comme Aristote rompit avec Démocrite, et de chercher dans Yacte le principe de la véritable forme, de la véritable énergie, de la véritable unité?
Malheureusement, nous croyons que la solution péripatéticienne ne sauvegarde pas plus l'indépendance de l'esprit qu elle ne rend compte de la phénoménalité matérielle. Non seulement l'existence de l'âme y est limitée par la durée de la vie présente, mais la nature même de cette âme n'y saurait être déterminée que dans le «ens du matérialisme ou du panthéisme. Ou bien, en effet, Yacle en qui réside l'essence et l'énergie de l'être n'est qu'une forme de la matière, ou bien il est une émanation du Principe Suprême, qui est lui-même un acte pur. Les successeurs d'Aristote ont senti l'indécision de sa doctrine, et le dilemne s'est posé à leur interprétation : les uns, à la suite d'Alexandre d'Aphrodisias, ont fait pencher la balance du côté de la matière; les autres, avec Averroès,
du côté de Tlntellect divin; aucun n'a pu en tirer Tidée de Yàine individuelle et spirituelle que reclame la science de l'esprit.
IV. En dernière analyse et pour conclure après tant de recherches et de doutes, nous ne trouvons pas de raison définitive pour exclure de la philosophie latomisme qui se présente à elle, crédité par les sciences de la nature.
Le principe qui lui sert de base n'a, en soi, rien d'inconciliable avec les légitimes exigences de la conscience et de la raison. Peutêtre même est-ce le seul de tous les systèmes inspirés par l'observation extérieure qui puisse, sans inconséquence, s'adapter c^ la doctrine spiritualiste.
Cette affinité naturelle de ralomisme avec la métaphysique se manifeste plus clairement encore dans un ordre d'idées que nous avons réservéjusqu'ici,car il n'intéresse qu'indirectement la question qui nous occupait. Aucune conception du monde n'est plus favorable que celle-ci à l'hypothèse d'une suprême Intelligence organisatrice.
L'étude du matérialisme anti(|ue a fait ressortir à nos yeux l'impossibilité où se trouve la philosophie corpusculaire d'expliquer la diversité et la régularité du devenir — impossibilité qui pèse sur elle plus que sur aucune autre.
En eiïel, lorsqu'on admet à l'origine une matière continue, une substance did'use, un ôlrc en puissance qui ne réclame, pour entrer en acte et faire jaillir toutes les formes de son sein, qu'une intervention extérieure, limitée et, pour ainsi dire, occasionnelle, comme l'action du dieu d'Aristote, on côtoie toujoui*s, de plus ou moins près, l'hylozoïsnie, et l'on n'est pas loin de résoudre le problème de la nature dans le sens de l'immanence, en rapportant à la substance primitive le principe de son évolution.
L'atomisme, au contraire, met la matière dans l'impuissance radicale de sortir par elle-même du chaos do la division. Une loi tramcemlanle est nécessaire pour grouper les unités isolées en systèmes et ordonner les systèmes de façon à obtenir la résultante .
universelle. L'alomisiiie suppose une Gnalité interne en chaque .être et un plan externe pour tous.
Au dehors comme au dedans, Tatome n'est rien que par la pensée ; c'est elle qui le meut en tant quil est force, cesl elle qui le dirige en tant quil est matière : cr Spiritus intus alit ?), — cr Mens agitât molem n.
Voltaire nous avait bien dit que la philosophie corpusculaire est le plus court chemin pour trouver l'Ame et Dieu.