‹ Histoire de la philosophie Cartésienne (volume 2)Chapitre 38 sur 68 · CHAPITRE XVllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVllI

Suite des disciples de Malebranche. — Lelevel. — Rôle important de Lelevel dans Thistoire de la philosophie de Malebranche. — Son nom associé à celui du maître dans toutes les polémiques. — Sa Philosophie tnodeme par demandes et par réponses, — Critique des tendances empiriques de Régis. — René Fédé. — Tendance à pousser le malebranchisme vers le spinozisme. — L*abbé de Lanion. — Abrégé des Méditations de Descartes — Claude Lefort de Morinière. — Explication de la science qui est en Dieu. — Essai de conciliation de la prescience avec la libert»^, d'après les principes de Malebranche. — Miron, défenseur et protecteur de la philosophie de Malebranche. — Sa réfutation du P. Dutertre. — L'abbé Genest. — Son éducation cartésienne. — Les Principes de Descartes en vers français. — Lettre à Régis.

En dehors de TOratoire, dans les universités, dans le monde, dans le clergé séculier et dans. d'autres congrégations religieuses, nous trouverons encore un certain nombre de disciples de Malebranche dignes d'attirer notre attention.

Dans rhistoire des diverses luttes que Malebranche eut à soutenir, il n'est pas de nom qui revienne plus souvent que celui de Lelevel. Lelevel a été, pour ainsi dire, le second de Malebranche contre Arnauld, contre Régis et contre tous ses autres adversaires. Dans leurs bouffonneries, leurs injures et leurs accusations, l'abbé Faydit et le père Hardouin ne séparent pas le nom de Lelevel de celui de Malebranche. Malgré nos recherches, les renseignements nous manquent encore sur la vie de ce malcbranchiste autrefois célèbre. Nous savons seulement, par les registres de rOratoire, que Lelevel était d'Alençon, qu'il y fit sa philosophie chez les oratoriens où il entra en 1677, et d'où il

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sortit en IBS! (1). Denieiii'6 dans le monde, il parait s'être cont^acré tout entier à la propagation et à la défense de la philosophie de Malebranche. Il était à Paris, jeune encore, quand éclata la guerre entre Régis et Malebranche. Malebranche allait répondre à Hégis, dit le pÈrc André, « mais un autre avait déjà pris sa défense. En effet, nn jeune homme fort vif, etquine mangue pas d'esprit, arait entrepris de ie défendre en réfutant les opinions particulières de Régis, particulièrement sur la physique et la morale; il poussa à outrance le faux cartésien; l'attaquant toujours à outrance, il l'assomme sans quartier. Il s'en prend aussi à Huet et à Duhamel (2). ii

La vraie et la fausse métaphysique, tel est le titre de l'ouvrage de Lelevel contre Régis (3). Il y attaque avec une singulière vivacité les tendances empiriques de Hégis en métaphysique et en morale (i) et il ne traite guère miens Huet, fort mal réfuté, suivant lui, par Régis, ainsi qu'un autre adversaire du cartésianisme, le péripatéticien Duhamel.

Voici comment, en opposition à Régis, il définit le vrai cartésien, c'est-à-dire, un disciple de Malebranche ; k Ceux qui disent que Dieu fait tout, que les créatures n'ont que l'impuissance en partage, qu'on ne voit pas les objets cil eux-mÈmes, que la nature corporelle n'est qu'une continuelle mécanique, qne la raison n'est point un être parti-

(1) Voie! l'es trait du rogiatre de l'Omtoire : "Henry Lelevel, d'âlençon, diocèse de Siez, S\\s de Mcolas Lelevel, Agé de !2 sas (en l6Ti], t Tait sn philiHOpliie à Alen(Dn...CDugifdii£en IliHI. "Je dois celte note à M. l'abbé

iede Malebranche, msa de Troyes.

(3) Lu vraie el fa fausse métaphysique, où l'an réfuta ks sentiments de M. Régis sur cette matière, groi in- 12. itolterdum, |G9).

(4) On en peut juger par les titres seulB de qiielijues cliRpiires : chapitre XV, o On fait voir i^ue M. Régis n'a nulle notion du bien et dit maL ■ — Cbapitre xvi, t On faitvoir que par les principes de M. Régis, il n'y a point de corruption dnua la nalare el que l'âme meurt avec le corps, u — Chapiire xxi, <r Que la doctrine de M. Régis tend ï In ruine du genre

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