‹ Histoire de la philosophie Cartésienne (volume 5)Chapitre 70 sur 77 · II · texte numérisé non relu

II

galimatias pour couvrir une ignorance glorieuse (1).

A côté de Fontenelle et de Mairan, il faut, comme nous venons de le voir, placer aussi le cardinal Gerdil parmi les derniers et les plus habiles défenseurs de la physique de Descartes (^). Néanmoins, et sauf cette exception, Grimm, à la mort de Fontenelle, pouvait écrire : « Aujourd'hui que le newtonianisme a triomphé en France comme dans le reste de l'Europe éclairée, il n'y a plus guère ici de partisans de Descartes que M. de Mairan et quelques vieux académiciens peu connus (3). » Rendons plus de justice qu'on ne le fait ordinairement à ces derniers défenseurs des tourbillons. Si quelques-uns ont eu le tort de rejeter les expériences et les calculs de Newton, tous ils ont raison de rejeter cette cause occulte de l'attraction, et de demeurer attachés avec opiniâtreté à ce point de vue supérieur de l'impulsion et du mécanisme auquel s'est de nouveau placée la science du dix-neuVième siècle (4).

Tel est l'ensemble des causes qui, pendant la première moitié du dix-huitième siècle, furent fatales à la domiBà"

(1) Éclaircissements sur les conjectures physiques^ par Nicolas Hartsoeker. Amst., 1610, 1 vol. in-4o.

(2) Dissertation sur l'incompatibilité de l'attraction et de ses différente lois avec les phénomènes. (Voir le 5* vol. de ses Œuvres, édition de Rome.) Montucla en fait le pHis grand éloge. Citons encore YiUemot, curé de U QuiUotière à Lyon, auteur de Nouveau système ou Nouvelle Explicaii'jn lu mouvement des ptanètes, in-12, 1707, dont il est dit dans YEncyclopé' liCy à Tarticle cartésianisme, que c'est le meilleur ouvrage en fayeard^ Descartes. Falconnet Ta traduit en latin.

(3) Correspondance y Lettre du !«' février 1764.

(4) Voici comment ce grand débat est jugé dans de savants articles de 3a Revue des Deux-Mondes^ 15 octobre 1866, sur la physique moderne, hignés Edgard Saveuay : « Pour nous qui regardons maintenant ce débat liistorique à travers l'apaisement des années, nous voyona le terrain o^ les deux doctrines ennemies pouvaient se concilier. La gravitation new:v tiienne et tous les faits qu'elle embrasse nous apparaissent, conformément m principe cartésien, comme des conséquences de mouvements matériels.

■iOsdeux principes, si longtemps ennemis^' unissent et se confondent dars • 'idée générale que nous pouvons maintenant nous faire du système dJ aonde. » Nous venons de voir que ce langage était aussi celui de Mairao.

Page 1