XXXIV PREFACE
purifier le cœur des peuples de plus en plus en brisant insensiblement la lettre morte; elle lèvera peu à peu le voile qui cache encore le temple et la divinité : elle se fera un devoir de préparer les yeux intelligents à contempler un jour Dieu dans son immuable perfection ; elle demandera avec reconnaissance des secours à toutes les puissances du génie humain pour conduire l'homme à ses éternelles destinées, et elle interrogera sans aucun ressentiment la philosophie qui lui est dévouée, afin de marcher vers l'avenir plus puissamment, et ne point perdre un jour sans accomplir un pas vers Dieu. La philosophie a la même intuition rationnelle de Dieu que la religion : la première se rend compte de ce monde , de l'homme, de Dieu, et consacre ses réflexions; l'autre a charge de frayer une voie sûre et toujours présente pour conduire, pour élever au Très-Haut, à l'Infini, afin que l'homme aperçoive l'Invisible à chaque heure de souffrance, de découragement, ou de force, de triomphe, depuis le moment joyeux où son esprit s'ouvre à la douce voix de sa mère , jusqu'au moment terrible où ses frères en deuil le déposent froid dans la tombe , qui ne le possédera pas.
Puissent ces paroles , rapides et à peine articulées , sur le grand problème des relations de la croyance avec la science, exprimer, du moins, le sentiment qui nous anime en publiant cette traduction , et témoigner de notre vif désir de faciliter les études philosophiques et religieuses en vue du présent , en vue de l'avenir! Puisse surtout ce remarquable travail de M. H. Ritter, si pro-^ fondement empreint d'impartialité, de sainteté, provoquer chez nos compagnons d'âge des réflexions sincères, et leur inspirer bientôt l'intelligente résolution de rompre , selon les expressions de M. Quinet, avec cette foule sam figure et sans nom, qui ne vivant , ni dans la religion , ni dans la philosophie , ni même dans la poésie ,