‹ Histoire de la philosophie chrétienneChapitre 41 sur 61 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

accueil du public, il ne pourrait pas manquer à ce volume ni au suivant. La philosophie des Pères n'a été traitée jusqu'ici que très superficiellement par les historiens. Tennemann, la considérant comme une masse homogène , l'a appréciée sans y distinguer d'époque , ni marquer la marche de son développement. Ce défaut a été parfaitement senti dans les temps plus modernes. Et cependant il n'y a, autant que je puis le savoir, que Branis qui ait entrepris de le réparer, et qui , dans sa dissertation De Notione philosophiœ christianœ [BreiildiVf f 1824), ait offert un essai delà manière dont, suivant lui, la philosophie chrétienne devait être traitée. C'est alors qu'il promit de donner également une histoire du développement de l'esprit chrétien. Mais je ne sais pas s'il faut encore espérer que cette histoire paraîtra. J'aurais été heureux de la mettre à profit , quoique son essai m'ait rendu les services les plus importants pour les doctrines de saint Justin , de saint Irénée et de Tertullien.

J'ai trouvé plus de secours dans les travaux des théologiens que dans les historiens de la philosophie. Mais les théologiens poursuivaient ordinairement un autre but que moi. Ce qui leur importait avant tout, c'était de mettre en lumière le développement des doctrines chrétiennes qu'ils reliaient positivement les unes aux autres ; dans mon entreprise, j'avais à résoudre ce problème : retrouver les traces de la réflexion philosophique dans les écrits des Pères de l'Eglise. Toutefois , les travaux des théologiens m'ont été d'un secours très profitable ; et , de même , j'espère que mon travail ne sera pas sans utilité pour les théologiens. Cette espérance est discrète, car je sais que la voie nouvelle que je tente n'est pas sans périls ; je pressens que j'aurai commis beaucoup d'erreurs, beaucoup d'omissions dans ce champ qui doit naturellement être mieux connu du théologien que du philosophe; je me console en pensant que partout j'ai puisé aux

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