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L'esprit objectif ou la société

Ce qui, à Télat de nature, s'est manifesté con aveugle, l'instinct de la propagation de lespèce, Tins vengeance, continue à se produire, mais change de fo désormais le mariage, c'est la vindicte légale, c'esl réglé, discipliné, ennobli par la loi.

L'esprit objectif se manifeste tout d'abord sous la droit, qui est la liberté reconnue et garantie à tous, reconnu libre est une personne. La personnalité se s'affirme par la propriété. Toute personne légale a, de sa libre activité, le droit de posséder et, par suite a d'aliéner sa propriété. Cette aliénation se fait sous contrat. Le contrat, c'est VÉtat en germe.

Le droit n'apparaît dans la plénitude de sa puis lorsque le caprice individuel se met en opposition avec générale ou légale (l'esprit objectif).

Du conflit entre la volonté individuelle et la volo résulte le délit {injuria^ c'est-à-dire le non-droit, la n

^ Encyclopédie^ § 482 ss.

droil). Mais pour être nié par Tii pas moins le droit, la volonté de un moment, il se redresse sous l le délit, le crime ne servent ainsi de la justice, el à prouver que 1 rieurs au caprice individuel. La j pas un châtiment, une correction elle n'est pas un moyen, mais ui droit, la justice qui se fait justice, involontaire de sa glorification, juste et doit être maintenue. Le I pable que de le tuer! Cette objiec nos jours, repose, selon Hegel, su légale, dont le but n*est pas l'ai Taffirmation solennelle du princif

Ce qu'il y a de vrai dans lobje juridique est unilatéral, exclusif, que sur la loi et son accomplisse mobile intérieur de l'acte légal. ( en tout point aux prescriptions ( ment honnête dans la vie extérie raie soit devenue sa volonté et le donc dans la sphère du droit et rente conformité, un antagonisn Tesprit subjectif et l'esprit objecti

Il faut que cet antagonisme < impersonnelle qui s'appelle le dr( lonté personnelle de l'individu, 1 que la légalité devienne moralii langage de Hegel, que l'esprit objt.

1 C'est en hé<,'élien conséquent que feu M. Véra a pris, comme député, la défense de la peine de mort.

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La moralité est la légalité du cœur, la loi qui sV^' avec la volonté de l'individu. Dans la sphère mora devient bi morale^ conscience^ idée du bien. La mor quiert plus seulement de Tacle comme tel, mais de qui Ta dicté. Si Tordre légal règle les intérêts mal vie sans atteindre la conscience, s'il façonne la vole un certain type sans lui révéler un but plus élevé ( matériel, la morale vise plus haut: elle subordoni bien.

La moralité se réalise dans une série d'instituti< pour but d unir les volontés individuelles dans le serv de ridée.

L'institution morale fondamentale, la base de autres, c'est le mariage, la famille. C'est sur cette que s'édifient la sodcié civile et Y État. L'État ne pou sans la famille, il s'ensuit que le mariage est un dev doit avoir pour base première et principale la coi devoir, la raison. Il n'est un acte moral que s'il s< vue de la société et de l'État. Dans toute autre < équivaut presque au concubinage. C'est à ce point c que doit se résoudre la question du divorce. Le divorce se justifier que si l'union matrimoniale était exclusi aflaire de sentiment. La morale rationnelle le condan cipe et ne peut le tolérer, en pratique, que dans des tionnels prévus par la loié La sainteté du mariage < des corporations sont la base indispensable de la s< rÉtat, la source de la prospérité des peuples; la pn Tégolsme individuel, une cause infaillible de décadei

La société civile, née de la famille, n^est pas en Elle a pour but la protection des intérêts individue particularisme qui règne dans les petits pays, où civile et l'État se confondent, et qui disparaît avec 1; des grands États unitaires. L'État se distingue de

éitt.i.

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civile 6Q ce qu'il poursuit, non plus exclusivement le bien des individus, mais la réalisation de Tidée, à laquelle il n^hésite pas à Sacrifier les intérêts privés. L'égoïsme et le particularisme qui se prélassent dans la commune trouvent ainsi leur contrepoids et leur châtiment. L'État est le règne de l'idée, de Tuniversel, de l'esprit objectifs le but dont la famille et la société civile ne sont que les moyens.

La république n'est pas, selon Hegel, la plus parfaite des formes de gouvernement. Reposant, en dernière analyse, sur une confusion de la société civile et de l'État, elle exagère l'importance et le rôle de l'individu. C'est pour avoir sacrifié l'idée à l'individu, à la famille et à la caste,. que les républiques de l'antiquité ont fini par la dictature. La tyrannie chez les Grecs, le césarisme à Rome, sont la condamnation, prononcée par la raison souveraine elle-même, du vice radical de la forme républicaine, démocratique ou aristocratique.

La forme politique normale est la monarchie : c'est dans la libre et souveraine action d'un chef unipersonnel qua l'idée nationale trouve son expression adéquate. L'État n'est guère qu'une abstraction s'il ne se personnifie dans un monarque, dépositaire dé sa puissance, de ses traditions politiques, de l'idée qu'il est appelé à réaliser. Le prince, c'est l'État fait homme, c'est la 'raison impersonnelle devenue raison consciente, la volonté générale devenue volonté personnelle. C'est là, selon notre philosophe, le côté vrai de la devise de Louis XIV : PÉtat c'est moi.

Si Hegel condamne le libéralisme politique, en revanche il est favorable au libéralisme national et au principe des nationalités. Au point de vue utilitariste de la société civile, il peut y avoir, à la rigueur, union ou confédération entre éléments hétérogènes. La Suisse nous en donne l'exemple. Mais qui dit État, dit nationalité, et qui dit nationalité, dit unité de langue, de religion, de mœurs, d'idées. L'État qui s'incorpore une nationalité

difTérente de ia sienne à tous ces points de vue et la maintient, malgré elle, sous un joug détesté, commet un attentat contre la nature, et dans ce cas, mais dans ce cas seulement, lopposition, la rébellion même, est chose légitime. Pour vivre en communauté politique, il Tant être en communion d*idées.

Ici cependant il faut distinguer. L'annexion n'est un crime autorisant la révolte que lorsque le peuple annexé représente une idée aussi grande, aussi féconde et viable que l'idée personnifiée par le conquérant. Il y a des nationalités qui, ne représentant plus aucune idée et ayant perdu leur raison d'être, sont décidément condamnées. Telle est la nationalité bretonne en France, la nationalité basque en France et en Espagne.

En dépit des apparences contraires, c est toujours la nationalité la plus vigoureuse, c'est l'État représentant l'idée la plus viable qui finit par l'emporter. L'histoire n'est qu'une lutte incessante entre les États du passé et ceux de l'avenir. A travers ces défaites et ces victoires, l'idée d'État se réalise graduellement. Les États historiques sont les vêtements éphémères dont elle se couvre et qu'elle rejette sitôt que le temps les a usés, pour revêtir des formes nouvelles. L'absolu n'étant pas limité à une existence particulière, mais se trouvant toujours dans la totalité, on ne peut dire de l'État idéal qu'il soit ici ou là. L'État idéal est partout et nulle part : partout, parce qu'il tend à se réaliser dans les États historiques; nulle part, car en tant qu'idéal, il est un problème à résoudre par l'avenir. L'histoire est la solution progressive du problème politique. Chaque peuple apporte sa pierre à l'édification de l'État idéal, mais chaque peuple aussi a son péché originel, par lequel il se met en opposition avec l'idée et qui tôt ou tard entraine sa ruine. Chacun représente l'idéal par quelque côté, aucun ne le réalise dans sa plénitude, aucun par conséquent n'est immortel. Semblables aux notions logiques, absorbées l'une après l'autre par une rivale plus puissante, et en vertu de la même loi, les nations

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succombent tour à tour, et se transmettent, développée et grandie, ildée politique dont efles ont été les dépositaires, la civilisation dont elles ont été le foyer.

Ce passage de la civilisation d'un peuple à l'autre constitue ia dialectique de Vltistoire^ expression qui chez Hegel n'a rien de figuré. La logique ou dialectique sans épithète est révolution de la raison dans la pensée individuelle : la dialectique de l'histoire est le développement de celte même raison sur la scène du monde. C'est un même principe qui s'épanouit dans des milieux différents, mais suivant une loi identique. Dans la logique pure, c'étaient des idées abstraites qui tour à tour paraissaient sur la scène de la pensée et en disparaissaient, pour se continuer dans des idées plus compréhensives et concrètes. Dans la logique de la nature, c'étaient des idées devenues massives, des organismes matériels, qui se succédaient dans une série ascendante de formes, réalisant avec une perfection croissante le type idéal des créations physiques. Dans la logique de l'histoire, ce sont encore des idées, incarnées dans des peuples, qui filent, invisibles, la trame des destinées humaines. Que les idées se déroulent sous le regard spirituel du philosophe, qu'elles se succèdent sous forme de corps ou qu'elles s'incarnent dans les nations historiques, elles sont toujours les mêmes et leur ordre de succession est invariable. La raison est la substance même de l'histoire, qui est une logique en action. Aux yeux de l'historien superficiel, ce sont des empires qui naissent, fleurissent et succombent, des peuples qui luttent, des armées qui s'entredétruisent; mais, derrière ces nations et leurs armées il y a les principes qu'elles représentent; derrière les remparts et les batteries il y a les idées qui s'entre-combattenl.

Il en est de la guerre comme de la peine de mort : elle changera d'aspect. Dès aujourd'hui, l'art militaire et la civilisation s'unissent pour en modifier les allures barbares. Mais, adoucie et transformée, elle subsistera comme un des moyens indispen-

sables du progrès politique, C est la gloire de notre te considérer sous son vrai jour et d'y voir, non plus la s passagère d'un caprice de souverain, mais une crise dans le développement de l'idée. La guerre véritable, nécessaire, c'est la guerre pour les idées, la guerre de la raison, comme le dix-neuvième siècle a appris i Ce n'est pas que l'anliquilé et le moyen âge n'aient battu pour des idées, mais ils n'ont point encore con lessence morale de la guerre. Les idées s entre-choqu; comme des forces aveugles : l'humanité moderne a i de la cause pour laquelle elle verse son sang. C'élaien sions, ce sont aujourd'hui des principes qui sont en li

L'État vainqueur est plus vrai, plus rapproché de l'I meilleur en un mot que l'État qui succombe. Son même en est la preuve: il est la condamnation di représenté par les vaincus, le jugement de Dieu, Ainsi l'histoire nous apparaît comme la série des représailh qui frappent inévitablement tout ce qui est fmi, exclus plet, comme l'éternelle dies irœ^ à laquelle rien de ( terrestre ne saurait échapper.

A toutes les époques, il est un peuple en qui l'esprit plus complètement que dans les autres, et qui marche de la civilisation générale. C'est ainsi que le Dieu de I aéluD successivement les Égyptiens, les Assyriens, I les Romains, les Français. Groupés autour de l'Esprit i l'histoire est le temple, les esprits nationaux sont tour organes privilégiés. Tels les archanges entourent le l'Éternel.

Les trois phases de toute évolution, être, s'épanouir, i trer, se retrouvent dans les trois grandes époques de

Dans les monarchies orientales, l'État personnifi souverain domine l'individu au point de l'anéantir, a-t-il souci des vagues qui se jouent à sa surface!

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Daos les États de la Grèce, la vie politique et ses luttes fécondes succèdent à rimmobilité asiatique; la république, à la monarchie absolue. Les individus n'y sont plus de simples modes, dont la substance de TÉtat n'a que faire, mais les parties intégrantes d'un tout qui n existe que par eux; comme tels ils ont le sentiment de leur importance et du besoin qu a TÉtat de leur coopération. Les républiques classiques subsistent aussi longtemps que Téquilibre entre l'élément individuel et TÉtat. Elles périclitent du moment où le régime démagogique substitue à l'intérêt national les vues égoïstes de l'ambition individuelle. Par la réaction césarienne, l'individu rebelle est ramené de force à l'obéissance, la terre habitable est soumise, les nationalités les plus opposées sont jetées dans un même moule et réduites en une masse inerte et impuissante.

L'équilibre entre l'État et l'individu se rétablit dans la monarchie chrétienne et parlementaire, dont la constitution anglaise offre à Hegel le type accompli*.

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