‹ Histoire de la philosophie européenneChapitre 82 sur 100 · II. Philosophie de la nature ' \. Le monde inorganique · texte numérisé non relu

II. Philosophie de la nature ' \. Le monde inorganique

Ainsi que la pensée reproductrice de l'homme, la pensée créatrice commence par ce qu'il y a de plus abstrait, de plus vague, de plus insaisissable, Vespace et la matière, pour aboutir, à travers une longue série de progrès, à ce qu'il y a de plus concret, de plus parfait, de plus accompli : l'organisme humain.

Gomme Vêtr^e qui figure en tête de la logique, l'espace existe et n'existe pas, la matière est quelque chose et n'est rien. Cette contradiction est le principe même de l'évolution physique, le ressort qui la met en jeu : elle se résout dans le 'inouvemeat qui divise la matière en unités distinctes {FvT sich sein), et en fait le système sidéral. La formation des corps célestes est comme un premier pas que fait la nature dans la voie de l'individuation. La tendance individuatrice, qui la traverse comme un immense désir, se manifeste comme attraction. La gravitation universelle est l'unité idéale d'où procèdent les choses et où elles tendent, s'affirmant au sein de leur séparation. Elle est l'individualité, l'âme, le ciment du monde, et c'est elle qui en fait un organisme, une vivante unité (iiniversum).

' Encyclopédie, | 245 ss. — Nous tenons compte, dans ce résumé, de la Philosophie de la nature, des modifications, peu importantes dailleurs, que l'école lui a fait subir.

La matière primitive et informe, berceau commun des corps célestes, correspond à ce que la log-ique appelle l'être indéterminé. La distribution de cette matière, son organisation en monde sidéral, répondent aux catégories de la quantité. Enfin, la gravitation universelle réalise l'idée de proportion.

Le cosmos astronomique est une société élémentaire, qui préfig-ure la collectivité humaine. Mais les lois qui la régissent ne sont encore que des lois mécaniques ; les rapports que les astres soutiennent entre eux se résument dans l'attraction. Aussi la science qui a pour objet cette phase primordiale de l'être, l'astronomie, s'occupe des dimensions des corps célestes, de leurs distances, de leurs rapports extérieurs, plutôt que de leurs qualités intrinsèques, de leur composition, de leur physiologie.

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