Le chunisme
Par une seconde évolution, la matière se différencie qualificativement; à l'indifférence primitive succède la variété des ag-ents (lumière, électricité, chaleur), l'action réciproque des éléments, ce travail intérieur d'opposition et de conciliation, de séparation et de combinaison, de polarisation et d'union, qui fait l'objet de la physique et de la chimie.
Le mouvement sidéral n'affecte encore que la surface des corps : le chimisme est une transformation interne, un chang-ement non seulement de lieu, mais d'essence, préludant à cette transformation définitive de la « substance » en « sujet », de la matière en esprit, de l'être en conscience, de la nécessité en liberté, qui est le but final de la création.
Si, dans le flux de ses métamorphoses, rien d'abord ne ressemble à l'individualité, si rien encore n'y est stable, fixé, concentré, le reflux ne tarde pas à se faire, et, ainsi qu'en logique la pensée pure s'est repliée sur elle-même et constituée en cercle ou totalité {Begrifjf), de même la nature, cette logique réalisée nous montre, à un moment donné, le
processus chimique faisant retour sur lui-même pour former ces totalités centralisées que nous appelons des organismes, des vivants.