‹ Histoire de la philosophieChapitre 28 sur 54 · ESPRIT ORIENTAL PARMI I.KS GRECS · texte numérisé non relu

ESPRIT ORIENTAL PARMI I.KS GRECS

cependant négliger d'en faire remarquer les traces ça et là.

' Les ouvrages de Philon contiennent souvent des applications des symboles numériques des pythagoriciens et en supposent l'usage connu. On ne peut dope pas douter que y de son temps , la doctrine pythagorîque n'ait repris crédit ; mais comment et à quelle époque repritelle faveur y c'est ce qu'on ignore. Il est vraisemblable que ce mouvement se rattache aux travaux d'érudition des écoles d'Alexandrie, sur l'activité desquelles nous manquons absolument de renseignemens. Ce n'est que vers le temps de Philon que nous voyons paraître plusieurs pythagoriciens. Nous leur trouvons en général le caractère de la philosophie dont nous avons à nous occuper dans ce chapitre , de l'attachement à la culture grecque avec un penchant pour les idées mysiiques de rOrient , qui semblent avoir une grande affinité avec les symboles mystérieux de la théorie pythagorique des nombres y ainsi qu'avec une autre superstition. Ce nouveau pyihagorisme semble aussi avoir généralement nourri une prédilection pour la théorie platonique des idées et ne s'être pas moins attaché à la morale ascétique. Justin le Martyr nous raconte qu'il fréquenta dans sa jeunesse un de ces pythagoriciens qui promettait de conduire, par sa philosophie, au bonheur, à la connaissance parfaite du bien et du beau , à la condition seulement que l'on sût auparavant la musique , l'astronomie et la géométrie, car ces sciences devaient arracher l'âme aux choses sensibles et la préparer à l'admission des idées suprasensibles (1).

La forme scientifique des idées répandues dans cette école se^mble avoir été peu de chose. Nous ne dirons donc qu'un mot de quelques hommesquien firent partie. Parmi eux se présente d'abord la figure merveilleuse A' Apollonius

(i) Diahg. c. Try^iV' ^'9» ^^^- Francof., 1686.

de Tyane, qui, malgré les fables dont elle est entourée , demande , quelque attention , parce que nous voyons en tUe un des membres peu nombreux qui ont introduit la sagesse orientale parmi les Grecs et qui sont parvenus à notre connaissance histortc^ue. A.pollonius naquit sous César-Auguste, et parvint à un grand âge. Nous avons sur sa vie des renfieignemens étendus dans la biographie que Philostrate rancien composa par ordre de Vimpératriœ Julia Domna, sur des sources incertaines (1), à la louange de son héros. Ce biographe même ne peut être exempt du soupçon d'avoir altéré la vérité par des traits ^»ra.tonres, par des ornemens, de style, sans que nous soyons cependant autorisés à penser qu'il nous ait sabstitaé à dessein une autre figure que celle qui lui était fournie -^ar les sources (S). Nous croyons dooc , en gé-

. (x) Là prin6i|Mile49VUicei «l'ouvrage de Daiais sur les voyages d' Apollonius, dao^ lesquels Damis . avait,accompagné son maître.^ ne peut être regardée que comme écnte sous riofluence d'une illusion vraisemblablement de, bonne foi, et qui n'était mspirée par aucune arrière-pensée» Le grand nombre d'histoires merveilleuses qu'il raconte ne peuvent trouver place que dans tttie tête très malade, tel que Damis nou^ est représenté par ÏWloshàte. L^ lettfès d'Apoîîotiius sont rficontestablement iMatrthétitiqueif.

(i) (^ otttti^arti plus tard ^ comme tout lemondcsiii, Apolfooius M noitfve SauytaT yet Pbi^s^te est sOupçonsé d'avoir e» en^rue cetle. ootnpu^aisfm.; mwn^us^oe irouvpusdafos J'ouvrage aucuee Vrhtû à^tam . xendwtpe |)olémiq-ue> No^s ne pouvons pas non plus être de l'avis de Baur (Apollonius de Tyane et le Chri.^U ou rapport du j?ytha^orisme au, <;hristiqnis me, Twhvn^. i832), qui nie même le rapport polémique contre les chrétiens ^ admettant au contraire que Philostrate a eu en vue dans tout son ouvrage un parallèle avec le Christ. Ce parallèle ne pourrait cependant se trouver que dans une très petite partie de l'ouvrage. On a en général fait trop peu d'attention , dans ces recherches, au caractère d'écrivain de Pbilostrate*

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lierai , pouvoir emprunter des documens de Philostrate quelques traits historiques.

Apollonius est représenté comme un thaumaturge, m^is Philostrate pense que stes actions merveilleuses n'étaient pas produites par la magie , mais ep vertu dune puissance divineet d'une illumination particulière (1). La plus grande partie du merveilleux que la renommée lai attribua se rapporte à des divinations, à des prédictions d^ l'avenir ou à U connaissance des événemens éloignés qu'il ne pouvait natarellement pas connaître »tt moment où il en parlait cependant comme de faits Rccom<plis. Il faisait grand cas , pour arriver à ces résultats , dss songes et des pronostics; mais il n'est pas rare non plas qu'un sens profond \nï révèle en lui-même deis choses naturellement cachées; ce qui nous rappelle l'intuition m^ teroe des Indiens et Veffort de Philon pour acquérir, pav ie retour sur soi-méflCue , l'intuition de Dieu. Aussi Flndien Jarehas enfle%na-t-il à Apollonius que personne ne peoi approcher de la vérifié qui embrasse tout , sans s'être an* paravant içonou soi^wérne (2). La nouvelle doctrine py^ thagorique qvie suivait Apollonius eut aussi son inflvbence snr lui. il £«« élevé par un pythagoricieffi^ Ëuxène « maïs q«*il regaordait comitie, trop s^ntsuel; lai, au con« trairti) ixienaii la -vie la plus a^âtère (})« Il y demeura toujours fidèle et chercha à imiter et en même temps à reproduire en tous ppÎAts Py thagore ; car il évitait de se nourrir de. matièros amicales, il ne partait point tde vêtemetis. de laine, mais' de lin; il allait les pieds, nus, laissait croître ses «hevèux, s'abstenait aussi de vin et ne voulait pasmêkne se sonoier de lamonr conjugal (4). Aussi lui attribue-t-on un ouvrage sur la vie de Pythagore (5).

(i) Comp. particulièrement vitaÀpoiL^ I, a; IV, 45* V i^x,

(2) Ib.,m, i8.

(3) Ib., I, 7, 8.

(4) Ib,, I, 8, i3,

(5) Suid. s, V, ATToXXwvioçTuav.; Porph. v, Pyth,^ 2. On a re-

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Mais son py thagorisme ne consistait pas dans le respect et la propagation de ]a doctrine symbolique des nombres, doctrine qui fut d'ailleurs cultivée d'une manière particulière par les nouveaux pythagoriciens; il parait , au contraire, qu'il regardait la théorie des nombres comme quelque chose de subordonné (1) j il attachait^ il est viai, quelque importance , mais une importance secondaire cependant , à ce que Ton se préparât à la philosophie par les sciences mathématiques^ la musique et l'astronomie. La direction principale de ses efForts était vers la purification des pratiques religieuses, la restauration du culte dans le sens delà pratique moralement sévère qu'il s'était imposée. C'est là le but des ouvrages qui lui sont attribués sur la divination par les astrçs et sur les sacrifices (2). Si ce dernier ouvrage pouvait être regardé comme authentique, ce dont nous n'avons pas de raison de douter, non seulement il aurait rejeté le sacrifice des animaux , mais il aurait aussi enseigné qu'on ne doit pas sacrifier au Dieu suprême, parce que tout ce qui appartient à la terre ne serait pour lui qu'impureté. Dans un fragment qui nous a été conservé de cet ouvrage , un culte divin , pur , du Dieu suprême, qui est dépouillé de tout accessoire , une prière pure, qui n'a pas même besoin d'être exprimée par des paroles, est recommandé ( 3) . Ceci est assez d'accord arec

gardé cet ouvrage conune le mémo que celui qui a pour objet les opinions des pythagoriciens qu^il doit avoir tiré de Tantre de Trophonius , d'après Philostratc , YIII, i g, JambMque ^ de vita Pfth.j %5dy parle de l'ouvrage d'Apollonius sur Pytfaagore, et l'opinion que Jonsius a émise, et qui a été plus tard rendue plus probable par Meiners , que beaucoup de choses ont passé de cet ouvrage dans la biographie de Pythagore par Porphyre et Jambltque, est très vraisemblable.

(i) Philostr, V. Apoll.y IIT, 3o.

(a) /A., III, 4i; IV, 19.

(3) Euseb.^pr, ev, TV, 1 3. OOtuç tocvuv fxoXcoTa av rtç oT/xac tyjv 7rpooi)xov9av cirt/jtcXctocvirotoTTO tou âuorj ruy^^ovoc rc auroGcv c^ccl» tc xote cùfutrvou; QiuTou irotp ôvrtvaoïiv jiovoç ôvGpwTroM , cl 3côS ftev, ov Sh

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