I. — SOCRATE
Le flls d’un sculpteur et d’une sage-femme, le disciple d’Anaxagore, le soldat qui, tout en combattant vaillamment, sauvait ses deux amis Alcibiade et Xénophon, l’un à Polidée, l’autre à Délium, .le citoyen qui protesta, libre et fler, contre les trente tyrans devant lesquels tout se soumettait et se taisait, Socrate, combat à outrance les audacieuses négations des sophistes ; s’applique à tout définir et à élever les questions au point de vue le plus universel ; se fait l’apôtre du bien moral auquel il associe, au moyen de la théorie des causes finales, la notion d’un Dieu intelligent et bon, ordonnateur du monde, et la notion de l’immortalité de l’âme; se rend suspect en remuant toutes sortes d’idées, en jouant le rôle de contradicteur subtil et d’« effronté railleur », en enseignant à douter sur beaucoup de points sans mettre à même de connaître, et en frondant les opinions reçues pour soutenir des paradoxes tels que ceux-ci : « bien savoir c’est bien faire; on n’est méchant que contre son gré; qui sait plus doit toujours commander à qui sait moins » ; irrite la superstition et l’envie en inspirant le mépris du polythéisme, en parlant souvent de son géme familier dans lequel il