‹ Histoire de la philosophieChapitre 24 sur 41 · SOCRATE · texte numérisé non relu

SOCRATE

personnifiait sans doute l’inslinct de sa conscience, enfin en démocratisant la vérité philosophique à l’en- , contre des esprits égoïstes ou timorés qui prétendent faire d’elle le privilège d’une aristocratie intellectuelle ; est traduit devant un tribunal populaire par le rhéteur Mélitus et le démagogue Anytus qui l’accusent de gâter l’esprit de la jeunesse et de combattre la religion établie ; se défend en juge de ceux qui prétendent le juger ; est condamné à boire la ciguë; dédaigne, pour ne pas désobéir aux lois, le salut que Criton voulait secrètement lui ménager, et meurt victime volontaire de l’intolérance athénienne. Ce philosophe, le plus grand homme de l’antiquité, a réuni dans sa personne l’héroïsme d’un Epaminondas, le génie d’un Descartes et le bon sens d’un Francklin.

Tout le monde connaît les dialogues de Platon et les mémoires de Xénophon, où apparaît cette grande figure, ici rendue sur le vif et plus exactement réelle, là peinte dans son expression la plus idéale et plus profondément vraie.

La grande originalité de Socrate fut d’élever au-dessus du point de vue sensible et du point de vue intellectuel le point de vue moral, et, tout en se livrant beaucoup à la spéculation, de donner pour but principal à la philosophie non de satisfaire la curiosité, mais de régler les mœurs.

D’après lui, la science humaine consiste surtout à connaître combien nous ignorons; l’étude de nous-mêmes doit prendre le rang qu’usurpaient la physique et les mathématiques; l’amour est le principal auxiliaire de l’intelligence; la vertu est la condition du bonheur, et.

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au lieu d’imaginer un aveugle destin, il faut reconnaître une sage Providence dont l’activité bienfaisante est partout manifeste.

Son ignorance affectée, ses questions captieuses, son ironie bienveillante, ses comparaisons familières^ses définitions habilement amenées, enfin son habileté à contrôler méthodiquement la valeur rationnelle des idées et des actes firent de Socrate un admirable précepteur de sagesse. Procédant de degré en dégré et par voie d’analogie du connu à l'inconnu , il possédait l’art « d’accoucher les esprits. » Chez lui, rien de didactique, rien de pédantesque. C’était un artiste ; c’était un chercheur; c’était surtout un amant de la vérité : « Je ne sais, disait-il, qu’une petite science, l’amou»’. »

Socrate qui philosophait partout, dans les camps, aux bains, dans les boutiques, sur les places, n’a fait aucun livre ; mais il a fait Platon, le merveilleux philosophe dont nous aurons bientôt à parler.

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