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LA PHILOSOPHIE ANTÉ-SOCRATIQUE

I a donné la justice, qui est la meilleure des choses. » Le bonheur est dans avail et dans la vertu ; c'est par là seulement qu'on mérite la bénédiction jlieux, la faveur de Jupiter au large regard, et qu'on évite les maux qui suib le parjure et l'iniquité. (Les Travaux et les Jours,) Telle est la première cic de la philosophie pratique. Nous ne possédons que de rares fragments

poèmes composés du ix« (époque présumée d'Hésiode) au vi^ siècle. La ancolie, ce sentiment des peuples fatigués et réfléchis, apparaît dans la sie grecque. « La sueur coule sur toute ma chair, je suis frappé de stupeur, nd je songe à cette fleur de l'adolescence, comme elle est charmante et e! et que ne dure-t-elle plus longtemps! Mais elle est rapide comme un ge, la jeunesse bénie, et déjà, funeste et hideuse, la vieillesse est suspendue

ma tète. » (Mimnerme de Smyme, né vers 632.) « Ce qui vaut le mieux pour babitants de la terre, c'est de ne pas naître et de ne pas voir les rayons de Latant soleil ; mais lorsqu'on est né, de franchir au plus vite les portes de v^isible et de dormir couché sous la terre. » (Théognis de Mégare, né B 580.)

La légende des sept sages et les rares fragments des poètes gnocjues nous montrent à la même époque les débuts de la réflexion >rale.

«es sept sages, dont les noms mômes ne sont pas fixés, ne sont pas des phiophes (Dicéarque, a;^. D. L., I, iO) ; ce sont des hommes pratiques qui, sous la uie de courtes maximes et de discours familiers, tentent de faire pénétrer circuler les idées morales. Pas de discussions, pas de raisonnements ; des rites nettement formulées, qu'on suppose ou évidentes par elles-mêmes ou idées sur quelque autorité divine. De même les poètes gnomiques, Solon, ocylide, Théognis, par leurs réflexions morales, expriment les résultats de Kpérience humaine : le danger de la violence, la nécessité de la modération us la vie privée comme dans la vie publique. En môme temps que la conlence morale se purifie, l'idée des dieux s'élève. « Zeus, père suprême, tu gpies du haut du ciel ; mais de là tu portes les yeux sur tout ce que les •mmes commettent d'actions iniques et impies, et jusque chez les bêtes tu ends souci du juste et de l'injuste. » (Ârchiloque.) Si Zeus est tout-puissant, où vient que l'injustice triomphe ? Théognis se révolte à cette pensée ; il presse s dieux, il les somme de répondre. « Qui donc, en voyant cela, peut encore tnérer les immortels?... Zeus, père suprême, fais qu'il en soit autrement dé- >rmais. » Cette révolte contre la théologie populaire, c'est déjà la philosophie.

La Grèce n a-t-elle pas eu sa physique comme « sa morale avant s philosophes » ? Des théogonies et des cosmogonies où Tindéendance poétique se mêle aux traditions religieuses du passé, la •ansition n'est-elle pas naturelle aux spéculations cosmologiques e Thaïes et de ses successeurs ?

Ite poème les Travaux et les Jotirs est la plus ancienne expression de la phisophie pratique ; la Théogonie, dont on fait aussi honneur & Hésiode, est la rme première de la philosophie spéculative. Les dieux ne se séparent pas de nature; la cosmogonie, c'est la théogonie, la génération des dieux. Les kfiéalogies que donne le poète répondent' le plus souvent & des observations è9 simples sur les phénomènes de la nature. Si Érèbe et la Nuit engendrent Èther et le Jour, par exemple, c'est que le jour avec sa clarté semble sortir > la nuit et de l'obscur. La Terre engendre la mer à elle seule, et les fleuves ) son union avec le Ciel, parce que la mer semble une masse ensevelie dès

son origine dans les profondeurs de la terre, tandis que les soureesdcsfe se nourrissent de la pluie du ciel. (Zeller, tr. fr., 1. 1*', p. 80.)

Au VI* siècle Forphisme était né. Onomacrite , savant de lei rage des Pisistrale, publiait déjà des chants sacrés sousk d'Orphée (540-520 av. J.-G.). Il s'inspirait sans doute detraiU anciennes , d'idées circulant sous le nom du vieux poète. Mais ce que nous savons de Torphisme nous vient des Alexandrins, l'ont défiguré par un mélange de toutes les idées, auxquelk aimaient à donner un caractère sacré, en les mettant dan bouche inspirée des premiers sages.

Ce qu'on trouve à peu près dans toutes les traditions, c'est un premiff | cipe (la Nuit, le Temps) qui, soit de lui-même, soit par son union a^ autre principe, engendre Toeuf du monde. Cet œuf, germe de la vieuniTen est fécondé parles vents et laisse échapper de son enveloppe brisée k d Éros, TAmour aux ailes d'or. En lui est contenu le monde, comme dai gland le chêne. 11 grandit, sa tête s'étend, se courbe, et forme la ToAtf » avec ses étoiles sans nombre ; du rayonnement de ses yeux jaillit lalunùa^ la lune et du soleil ; « ses larmes sont la malheureuse race des homni^ sourire fait germer la race sacrée des dieux. »

Phérécyde de Syros (vi* siècle av. J.-C), le premier, écrinl prose sur la nature et sur les dieux. Sa cosmologie reste ioiis ment li^ à la théogonie, mais elle est en progrès sur celle d1 siode. Son double mérite est de distinguer les éléments soliife terre) des éléments atmosphériques , et la matière de la puistf qui l'organise. Pour marquer le rapport qui unit ces cosmoptf aux premiers eiïorts de la pensée philosophique, les ancieoSt^* leur habitude de symbolisme, supposaient une lettre de PhéfK?< à Thaïes, par laquelle il lui laissait ses écrits.

Ainsi, au moment où la philosophie naît en Grèce, IVUi^ esprits , des mœurs , de la religion , de la vie privée et de 1»' publique la rend nécessaire. Déjà même avant qu'elle n'appai** une poésie morale et spéculative en tient lieu et la prépare :«' la philosophie avant les philosophes; elle est dans l'esprit cur^ inquiet, qui pousse les Grecs à travers l'Océan; elle estdatf fêtes de Délos et d'Olympie ; dans les réflexions des poètes vie des hommes et des cités, sur le gouvernement des dieux est enfin dans ces cosmogonies trop peu connues, qui êlar? les traditions de la mythologie et mêlent Thistoire du m l'histoire des dieux, les observations positives aux inventif»* la fantaisie. Une idée maîtresse domine les efforts de la hellénique : l'idée de Tordre, de la proportion, de Thannonie.^ cette idée que varient les sentences des gnomiques,quel^'^

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