LA PHILOSOPHIE ANTÉ-80CRAT1QUE
iteurs veulent faire vivre dans la cité (Solon) ; c'est elle qui conxuit les univers dans les poèmes et les temples sur les Acropoles.
Divisions de la philosophie greeque. ~ Carac- ^res généraux de la philosophie anté-socratique* - Classification des philosophes antérieurs i\ Sorate d'après Zeller. — La philosophie grecque, à laquelle î rattache la philosophie romaine, peut être divisée en trois randes périodes. La première période commence k Thaïes (vers [)0 av. J.-G.) et finit avec Socrate. La philosophie est une cosmo- )gie, une science universelle, dont l'objet est toute la nature. Sonate, averti et stimulé parles Sophistes, ouvre à la philosophie le voie nouvelle. La physique est subordonnée à la logique et à la orale. La troisième période commence avec le nëo-pythagorisme
:s^e prolonge jusqu'à la fin de la philosophie ancienne. Ce qui la iractérise, c'est la fusion de l'esprit grec et de l'esprit oriental, la rédominance de la théosophie et du mysticisme.
Xe caractère dominant de la première philosophie grecque, c^est qu*elle ett cclusivement une philosophie de la nature. Quaad elle considère Tesprit, c^est »inme une chose parmi les choses. N'opposant pas le sujet et Tobjet, les philo- »phe8n*ont pas à résoudre le problème de leurs rapports. Ils pensent comme I vivent. Ils entrent de plain-pied dans la science, sans soupçonner que la itique de Tesprit en est Tintroduction. Pas plus que le sujet et Tobjet, les idées 1 spirituel et du corporel, de Tabstrait et du concret, ne sont distinguées. S8 Pythagoriciens font des nombres, qui sont de purs rapports, la matière èDae des choses ; pour les Éléates, l'Être, Tidée la plus générale et la plus »8traite, est une chose étendue ; Heraclite voit dans le feu tout à la fois la ibstance et la loi métaphysique de l'univers. A ce titre la première philosolie grecque est un des chapitres les plus curieux de la psychologie de l'hulanité. Les idées, qui se sont parle travail et l'analyse différenciées, opposées» mt encore confondues dans une unité vague, dans une synthèse confuse. est peu à peu qu'elles se dégagent. L'organisme spirituel est soumis à des is analogues & celles qui dominent révolution des organismes vivants. Le rogrès se fait, pour parler le langage moderne d'Herbert Spencer, de l'hoogène & l'hétérogène, et de l'indéfini au défini.
Les vieux Ioniens (Thaïes, AnaKimandre, Anaximène, Diogéne ' Apollonie, plus jeune, mais qui revient à leur point de vue), les y^thagoriciens et les Éléates cherchent quelle est la substance des loses. La question de savoir quel est le principe du mouvement . de la multiplicité est pour eux une question dérivée, dont la Jution est subordonnée à la solution du premier problème qu'ils I posent : De quoi sont faites les choses? Au contraire, à partir Heraclite, « la question fondamentale est celle des principes du avenir et du changement; et la manière de concevoir la matière
primitive de Tétre dépend des déterminations jugées Déca pour expliquer le devenir et le changement » (Zeller, tr. fr., p. 192.) Empédocle, les Atomistes , Anaxagore, frappés de? ments de Parme'nide contre le changement et la pluralité, & tent qu'il n'y a ni devenir ni périr, au sens propre du mot. expliquent tous les phénomènes par une combinaison et une ration d'éléments matériels. Pour tous ces philosophes, « les tions relatives à l'être n'apparaissent que comme une hypt destinée à rendre compte de la doctrine du devenir ». Le de cette évolution, c*est, avec Anaxagore, la distinction du a ment et de sa cause, de la matière et de la force qui la me corps et de l'esprit. Nous étudierons donc tour k tour les pit Ioniens, — les Pythagoriciens, — les Ëléates, — puis Heraclite pédocle, les Atomistes (Leucippe et Démocrite), Anaxagore. \ aux Sophistes, par leurs doutes sur la valeur de Tesprit, \\sj rent une philosophie nouvelle.
Les premiers Ioniens* — En Grèce les poètes, nous Fi vu, précèdent les philosophes. Les problèmes que résolra vieilles théogonies sont immenses. Il ne s'agit de rien moio: de savoir comment le monde s'est formé, comment rhorni apparu sur la terre.
Ces Tastes questions n'ont rien qui embarrassé les poètes. Un jrJ se résout par une puissance bu par une aventure divine. La cosmop* l'histoire des dieux, de leurs mariages, de leurs querelles, et ce ne ?ï les dieux qui manquent. On ne se demande pas quels sont les aDÎéc^ tonnerre et de la pluie ; on se demande quel est le dieu qui fait tooser Mj voir. Ces solutions étaient d'autant plus aisément acceptées par les p^ Grecs qu'elles semblaient remettre entre leurs mains le gouverDeJB«^ choses par l'intermédiaire des dieux, qu'on peut toujours émouvoir fts-' ter. La théorie et la pratique se tenaient': aujourd'hui k une loi àH^ répond une machine ; & un dieu répondait alors une prière, une fonwie^ gique, un art d'incliner les volontés divines.
Les premiers philosophes acceptent l'héritage des vieux po^ Le problème reste le même : toute la réalité. Mais la ^ transformée n'est plus en rapport avec ces questions sans M Il n'est pas aussi aisé d'expliquer les choses par les tns^ tions d'un élément primiti/ que par l'histoire des dieux. ^' heurte à des difflcultés inattendues. La raison, par l'cxerci* développe et s'affermit. Peu à peu la cosmologie est subonki^ à des principes logiques, à des discussions sur le passage de f^ plusieurs, sur la possibilité du devenir. Ce qui fait rinlérci** philosophie anté-socratique, c'est ce développement de I* P*^
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(ui du physique est conduite au logique, et de l'univers est ramenée en elle-même.
, Thaïes est ]e premier des philosophes ioniens. Il était citoyen de lilet, contemporain de Grésus et de Solon. On place sa naissance 'ers Tan 640. Aristote [Métaphys., I, m, 983, b. 20) remarque que rhcdès n'a fait que substituer à TOcéan et à la Thétis des théogolies Télément humide. Ce changement est une re'volutiôn qui crée % philosophie. La science, selon la remarque profonde d' Aristote, !>uche à la poésie, mais elle s'en dégage. Il ne s'agit plus d'en ppeler aux traditions sacrées, il s*agit d'observer la nature et de éfendre ses idées par le raisonnement. Thaïes disait que toutes hoses sont pleines de dieux, icàvToc icXiJpT) 6eâ>v (Arist., de Anima, , 5); et il attribuait une âme à l'aimant, parce qu'il meut le fer» C \ri8t., de Anima, I, 2.) Il est vraisemblable qu'il s'est représenté % matière première comme vivante, analogue h l'ancien Chaos et mouvant engendrer les choses par elle-même (hylozoïsme). Anoxirkondre de Milet (614 av. J.-C.) prend comme premier principe Tin- Ini» 'co airsipov. L'infini n'a rien, pour lui, d'un concept abstrait; 'est une matière indéterminée , une substance formée d'un chaos ['éléments qui coexistent fondus en une masse indistincte. Anaxiriène de Milet, plus jeune qu'Anaximandre et peut-être son disiple, prend l'air pour principe de toutes choses. Il est infini et ivant ; il embrasse le monde entier ; dans un mouvement perpéuel il engendre sans cesse des êtres nouveaux ; tout se forme de uî par condensation (ir'jxvuxric) et par raréfaction (ixàvwjii; — àpaîcDdiç). iprès Anaximène, il y a dans l'histoire de l'école ionienne une acune importante, qui répond sans doute à la lutte de l'Ionie coure les Perses. L'hylozoïsme milésien garda pourtant ses partisans usqu'à l'époque de Périclès. Diogène d'Apollonie nous donne l'idée le ce qu'était devenue la vieille physique ionienne. Plus jeune ju'Anaxagore (il florissait entre 480 et 450), il dut le rencontrer à Athènes, devenue comme la capitale de là philosophie. Selon lui, l'être primordial : i® doit être la substance commune de toutes choses; 2** doit être doué de pensée. Si toutes choses ne venaient pas du même principe, on ne comprendrait pas leurs actions et réactions réciproques. La mesure et l'ordre de l'univers, où tout est pour le mieux (wc àvuorov xàXXiŒra), démontrent assez clairement Tintelligence du premier principe. {Fragm. ap. Simplicium, Phys., 320.) Ce principe est l'air pensant qui gouverne et domine toutes choses, parce qu'il les pénètre, parce qu'il en est la substance. Ce qu'il y a d'intéressant dans la doctrine de Diogène, c'est Teffort pour rajeu-
nir la vieille physique ionienne. Anaxagore avait fait du N»^ s principe distinct; Diogène reprend rhylozoïsme en donnaiitàii matière non pas seulement la force, mais la pensée. Son œm est une réaction de Tesprit panthéistique contre le dualisme.
Les Pythagoriciens* — Vie de Pythagore; m Institut. — Doctrines. — 11 faut se garder de confondre llâr toire avec le roman du pythagorisme. Nous ne pouvons accoràr aucune confiance aux légendes mises en circulation pendant Is premiers siècles de Fère chrétienne par les Néo- Pythagoricien Nous savons bien peu de chose de Pythagore et de ses premier disciples. Pour établir leur doctrine, nous ne pouvons nous apfHmr que sur les textes d'Aristote et les rares fragments de Phiiolaûs.
Pythagore naquit à Samos vers 588. Gomme Xénophane et Hèiclite parlent de lui, il est probable qu'il enseigna d'abord dans 9 patrie, d'où son nom se répandit dans la Grèce ionienne. Il estai!âcile de savoir ce qu'il y a de vrai dans les traditions qui le fo^ voyager chez les Égyptiens, les Assyriens, les Ghaldéens, les PersEF et les Hindous. Vers Tan 540, il partit pour l'Italie , s'établit à On^ tone, colonie dorienne, et mourut vers 500 à Métaponte, peut-éti^ avant, peut-être après la révolte des villes de la Grande-Grèce catre l'ordre qu'il avait fondé. Pythagore n'est pas seulement onpb' losophe, c'est un réformateur politique et religieux.
tt Le pythagorisme, comme tentative de réforme morale et religieuse, it^ dans une série de tentatives faites & la même époque ou même aupcn^ témoin l'œuvre d'Épiménide et d'Onomacrite, le développement des mjitêre!.ti aagesse des sept sages et des poètes gnomiques. » (ZeUer, tr. fr., 1. 1*', p-^ C'est qu'au moment où naît la philosophie, l'esprit grec traverse une o» redoutable qui répond aux révolutions constantes des cités et aux pCGU^ révoltes de la réflexion critique contre la reUgion populaire.
Pythagore fonda un ordre religieux, politique et scientifique, <^ de Crotone se répandit dans toute la Grande-Grèce. Une périodes noviciat préparait l'initiation définitive. Les affiliés se reconnais salent à des signes secrets; ils se devaient aide mutuelle, iJs s> j gageaient envers le maître à l'obéissance absolue ( xjtôc l^h ^ ' maître l'a dit).
La vie commune était soumise à des règlements précis, qui prescri^tfot^ vêtement, les aliments, les chants et les prières. 11 semble qu'il yaitfs^ membres du dehors, ol Ifo), dévoués à l'ordre, sans être initiés à tous "^ secrets. On a comparé (Grote) Tordre pythagoricien à Tordre des jésuites. G^*-* à la conspiration de toutes leurs forces, les Pythagoriciens dominèrent iN0 toutes les cités de la Grande-Grèce. L'aristocratie fut rétablie. Mais }àf^