‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 109 sur 149 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

NOTIONS GÉNÉRALES

319. La philosophie occidentale, byzantine et juive. — Ainsi qu'aux périodes précédentes, la philosophie occidentale présente le mouvement d'idées le plus intéressant ; nous l'étudierons en détail.

1) Les magistri de TUniversité de Paris (1310), Philippe, roi de France (1310) et le chancelier de Paris (1311) attestent publiquement que les œuvres de R. Lullus ne contiennent rien de contraire à la foi et aux mœurs. Mais ces protestations sont-elles authentiques? se demande Denifle {Chart. IL 142,144, 149). On en doute, si l'on songe qu'à cette époque personne ne contestait leur orthodoxie. — -) Denifle, Zttr Verdanimung der Scliriften des Baimund Lull. {Arcli. f. Litt. II. Kirchg. 1888, p. 352).

Quant à la philosophie byzantine, pendant le xiv^ s., et jusqu'à la chute de l'empire grec en 1453, elle ne secoue pas sa léthargie séculaire (238). Elle continue avant tout de commenter, sans originalité, les deux grands penseurs qui, depuis des siècles, alimentent ses controverses. Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (versl347),souscrit à des solutions platoniciennes dans son Upo^jo^r.ozoïicf., qu'on peut appeler un réquisitoire de l'âme contre le corps, suivi d'une défense présentée par ce dernier ^). De même, Nicéphore Gregoras se déclare hautement pour Platon. Au contraire, l'empereur Jean VI Cantacuzène prône vigoureusement Aristote et paraphrase les premiers livres de l'Éthique à Nicomaque. Théodore Metochita et Sophonias ^) commentent d'autres traités aristotéliciens. Un personnage non moins remarquable de ce temps, Nicolas Cabaislas, écrit une réfutation des Hypoty poses Pyrrhoniennes de Sextus Empiricus qui, depuis le v® s., sous l'influence des idées chrétiennes, avaient disparu de la circulation littéraire. Tous ces théologiens et ces philosophes ont contribué en même temps à la renaissance byzantine des lettres anciennes ^).

Malgré les rapports de plus en plus nombreux entre Byzance et l'Occident, la philosophie byzantine n'a jamais reçu de la philosophie occidentale autant de services qu elle lui en a rendus. Enregistrons néanmoins quelques traductions du latin en grec^ qui perpétuent le mouvement inauguré par Maxime Planudes (p. 238). Georgius Scholarius (Gennadius, -\ vers 1464), traduit les Summulœ de P. Hispanus, le de sex principiis de G. de la Porrée et des traités de S. Thomas ; de même Demetrius Kydo^'es traduit plusieius œuvres de S. Thomas d'Aquin.

1) Réédité par Halix en 1885, — -) Les commentaires de Sophonias sont édités dans les Commenfaria in Aristotelem Grœca, B'J XXIII, Berlin 1883-84. — 3) Cfr. Elter et Radermacher qui ont édité le -/ara rwv J.îyoasvwv ttzol Toù TtpiTYipiov TY^z (XAr,Qzia.z si sort Tiacà nvp''covoç rcG zara&àroj de N. Cabasilas. (Progr. Bonn, 1899.)

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