‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 123 sur 149 · Le déterminisme fataliste de J. de Mirecourt · texte numérisé non relu

Le déterminisme fataliste de J. de Mirecourt

On retrouve la même déteinte de Thomas Bradwardine chez un autre bachelier en théologie de ce temps, Jean de Mirecourt, condamné en 1347. Son livre sur les Sentences poursuit les répercussions du déterminisme théologique dans la vie morale et conclut au fatalisme le plus absolu. 11 n'y a pas de libre arbitre, puisque ce n'est pas nous qui voulons, mais Dieu qui veut en nous. ^) Le péché même est son œuvre, et on ne pourrait mal faire en le commettant. ^) Le déterminisme de J. de Mirecourt renverse la morale scolastique au même titre que le déterminisme averroïste, avec qui il présente de grandes ressemblances.

352. Le panthéisme de Guido. — La suppression de l'activité des causes secondes mène logiquement au panthéisme. Il n'est pas étonnant que, parmi les adhérents de Th. Bradwardine, d'aucui]s formulèrent les conséquences extrêmes de ses idées. Tel un certain Guido, que les auteurs du Chca^tularhun identifient avec Aegidius de Medonta. Dans l'acte de révocation de ses erreurs (1354) , nous voyons qu'après avoir nié la liberté morale "^), il énonçait sans détours le principe du panthéisme.^)

1) Chart., pp. 577 (14), 584 (58) et (59). — 2) Chart. II, p. 612, no 35. " Quod voluntas creata qualitercunque causât aliquid seu aliqualiter agit, illud agit seu taliter agit virtute prime cause moventis et sic causantis. „ N" 9 : " Quod qualitercunque sit, Deus vult efticaciter sic esse, et quod voluulas divina cujuslibet rei ad extra, qualitercunque ipsa sit vel fiât ab aliquo, est efficiens prima causa. „ — 3) V. nos <)-18, 27, etc. — ^) " Dixi quod bonum meritum est a Deo, ita quod nichil est a voluntate. „ Chart. III, p. 22, n« 5. Cfr. n° 6. — 5) " Dixi et scripsi quod nuUa creatura rationalis specialiter est in se, nisi quia Deus est sibi inesse. Ex hoc intuli in eodem scripto, quod in omni eo quod non est Deus,essentialius est non-esse, quam ipsuni esse.,, Ibid., no 8.

382 LIVRE m. LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE.

Page 1