‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 52 sur 149 · Caractères du scepticisme néo-pyrrhonien. — l» Les · texte numérisé non relu

Caractères du scepticisme néo-pyrrhonien. — l» Les

sceptiques de cette période se réclament de Pyrrhon; mais ils sont surtout tributaires d'Arcésilas et de Carnéade. bien qu'ils prétendent s'en écarter.

2o L'influence du scepticisme nouveau est moins grande et moins durable que celle du scepticisme d'Arcésilas. Par lassitude de pensée on avait soif de dogmatisme, — et c'est ainsi que le scepticisme néo-pyrrhonien est un acheminement vers les idées inspiratrices du néo-platonisme.

132.Les principaux représentants.— Aenésidème.— Le premier qui revint au pyrrhonisme est Ptolémée de Cyrène. On ne possède pas de détails sur sa doctrine, non plus que sur celle de ses successeurs, Sarpédon et HÉRACLiDEs. Ce dernier eut pour disciple un philosophe mieux connu, Aenésidème (fin du i^^' s. av. J.-C). La chronologie de ces hommes est difficile à fixer.

Dans ses nvppâiviLoi lôyoi^ Aenésidème professe en termes absolus le doute réel et universel. Non seulement il rejette le dogmatisme des derniers académiciens, mais il renie la théorie de la vraisemblance qui dans la philosophie d'Arcésilas constitue, dit-il, une défection au pyrrhonisme. Ni la connaissance sensible, ni la connaissance intellectuelle ne peuvent nous donner aucune certitude. Aenésidème réunit ses preuves en dix tropes, constituant le code du scepticisme antique. Sextus Empiricus les subdivise selon qu'ils se rapportent à la nature du sujet connaissant, à la nature de l'objet connu, aux rapports du sujet à l'objet. Toutes les objections d'Aenésidème pivotent autour de cette idée fondamentale: nos représentations étant relatives, nous ne pouvons avoir aucun critère de vérité. En conséquence, nous devons nous abstenir de tout jugement. Lui-même ne prétend pas démontrer la rectitude de sa thèse — ce qui serait une contradiction —mais donner des renseignements sur notre état interne. Sa philosophie n'est pas une doctrine (xïozm;), mais un principe de

conduite, une tendance (àywyyj). Ses disciples se sont donné le nom de ànopTiTfiiol, ecpexTtxoi, (^7]r/yTix.ot, etc.

Dans la vie pratique, cette attitude de l'esprit engendre le repos de l'âme, le bonheur. D'accord avec les autres sceptiques, Aenésidème admet que nos sensations peuvent nous guider dans notre conduite.

Agrippa, l'un des successeurs d'Aenésidème, simplifia la formule de son scepticisme, en le condensant en cinq tropes.

133. Sextus Empiricus. — A la fin du ii^ siècle ap. J.-C, Sextus Empiricus récapitula dans de longs traités (surtout les Hypotyposes pyrrhoniennes) , l'œuvre complexe de l'école sceptique : ils constituent un réquisitoire très documenté, mais peu ordonné, contre toutes les écoles dogmatiques.

lo Sextus attaque à la fois les procédés formels de la science et son contenu réel. Ses procédas sont impuissants, car il n'y a point de critère infaillible du vrai; il n'y a point non plus de moyens légitimes de démonstration. Son contenu est vide : le concept de cause que Sextus étudie avant tout en métaphysique, ne peut rien nous apprendre sur la réalité extérieure. Dès lors nous ne savons rien ni de Dieu, cause efficiente, ni du corps, cause matérielle. Il en est de même en physique, de la génération et de la décomposition, du temps, de l'espace, etc. La morale elle-même ne peut être une science : les contradictions des philosophes sur la nature du bien suffisent à montrer qu'en soi rien n'est bon. Toutes ces thèses sont accompagnées de prolixes commentaires, d'inégale valeur, où très souvent Sextus ne fait que reprendre les vues d'^nésidème et de la nouvelle Académie.

Puisqu'à chaque affirmation on en peut opposer une autre, en s'appuyant sur des raisons d'égale force (to-oo-QÉveta twv Aoywv), il faut douter et se garder de toute affirmation (èTro;^/;) Le doute lui-même n'est point l'objet d'une affirmation certaine.

2^ Si nos connaissances sont trop relatives pour nous apprendre ce que sont les choses hors de nous, elles suffisent à diriger notre vie pratique et à nous conduire au bonheur.

Après Sextus, on cite Favorinus comme un des derniers représentants du scepticisme.

Le scepticisme, tout comme l'éclectisme qui se développe parallèlement, se meut dans de perpétuelles répétitions du passé qui accusent l'épuisement de la philosophie. Néanmoins le génie grec devait prendre un dernier essor, en changeant pour la quatrième fois l'orientation générale de ses spéculations.

QUATRIEME PERIODE

Le Néo-Platonisme et les systèmes précurseurs dn Néo-Platonisme

(depuis le III^ s. ap. J.-C, ou bien depuis la fin du P' s. av. J.-C. jusqu'au Fie s. ap. J.-C.)

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