‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 98 sur 149 · Deuxième groupe de problèmes : La nature humaine · texte numérisé non relu

Deuxième groupe de problèmes : La nature humaine

(92). — 1° L'âme, forme substantielle du corps. C'est l'homme ou le composé humain, et non pas seulement l'âme, qui est l'objet propre de la psychologie. L'âme en effet est la forme substantielle ; le corps, en tant qu'élément distinct de l'âme, est la matière première de notre être. Dès lors, l'âme donne au corps son existence même, elle est dans la nature humaine le principe de toute activité : les fonctions respectives de l'âme et du corps dans le composé sont régies par la théorie générale de riiylemorphisme (269). Le xiii^ s. a définitivement renoncé aux doctrines augustiniennes delà période précédente ^).

Cependant, si tous les docteurs s'accordent h appliquer à la nature humaine la théorie hylemorphique, chacun d'eux se reporte à son système métaphysique, pour décider si l'information de l'âme spirituelle exclut ou non la présence dans le composé d'autres formes substantielles, et notamment celle du médiateur plastique (forma corporeitatis). C'est sur le terrain psychologique, on le comprendra aisément, que les partisans de la pluralité et de l'unité des formes engagent leurs plus chaudes luîtes. Le lecteur connaît la thèse que S. Th. défendit en cette matière, malgré les vives oppositions de ses contemporains (§ 8) ; elle finit par prévaloir, mais la doctrine contraire ne fut jamais abandonnée .

2° La spiritualité et l'immortalité de l'âme. Si la scolastique renie Platon et S. Augustin dans leur théorie sur l'union

') On maintient la théorie du spfri^ttsp/4î/stcw«, léguée au moyen âge par l'antiquité grecque (cf. le 7rv£Û|U.a des Stoïciens, p. 87); mais ce spiritus n'est plus, comme chez Alain de Lille par exemple, un troisième facteur, servant de trait d'union entre l'âme et le corps ; il n'est pas identifié non plus avec Tâme humaine, comme dans la psychologie matérialiste de la Renaissance ; au contraire, il émane du principe informant, et dispose la matière brute aux activités de la vie organique.

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