‹ Histoire de la philosophie mediévaleChapitre 109 sur 241 · École franciscaine d'Oxford. — L'organisateur des · texte numérisé non relu

École franciscaine d'Oxford. — L'organisateur des

') Felder, o/>* cit., p. 297. — *) Bonum universale de apibus, 1. 1, c. 20, cité par Felder, op. cit., p. 212. — 8) N°234.

études franciscaines à Oxford est Robert Grossetête, l'ancien condisciple d'A. de Halès à Paris (p. 258). Bien que chancelier de l'université, Robert avait consenti à professer au couvent des franciscains. Il interrompit ses leçons en 1235, au moment de devenir évêque de Lincoln, mais continua de s'intéresser aux études de l'ordre. Trois autres clercs séculiers, grâce à lui, se succédèrent dans la chaire des frères mineurs (un certain M agister Petrus, Roger Wesham et Thomas Wallensis). Avec Adam de Marisco commence la longue série des maîtres franciscains. Sa correspondance avec Robert Grossetête témoigne que déjà en 1248 Adam était magister en théologie à Oxford. Lui succédèrent Ralph de Colebruge (vers i25o),Eustache de Normanville et Thomas D'YoRK,ce dernier, auteur de commentaires sur la Métaphysique d'Aristote *).

25a. Sources et bibliographie. — La meilleure édition de la Somme d'A. de Halès est celle de Venise, 1575, 4 vol. — On prépare à Quaracchi une édition critique de la Somme, qui jettera un nouveau jour sur l'histoire de cette période. La meilleure monographie qu'on possède est celle de Endres, Des Alexander v. Haies* Leben u. psychologische Lehre (Philosoph.Jahrbuch,i888). Sur la méthode didactique cf. Picavet, v. n° 180. Rapports avec Avicebron. Guttmann, op. cit. (pp. 32-64), v. n° 22g. Vacant, Alexandre de Halès (Dict. Théol. Cath., 1900, t. I, col. 775-785). Superficiel, contient plusieurs erreurs. Cf. Ehrle, Felder et de Martigné (n° 237). — Le de anima de J. de la Rochelle est édité par Domenichelli en 1882. De cette œuvre, Hauréau (Not. et extr. qles tns. la t., V, 45-48) rapproche un traité anonyme de definitione multiplia potentiarum animae.

§3. — Saint Bonaventure.

253. Vie et œuvres. — Bonaventure (Jean de Fidanza) naquit en 1221, à Bagnorea en Toscane; probablement en 1238 il prit l'habit de saint François, et fut envoyé à Paris en 1242. Il suivit les leçons d'Alexandre de Halès qu'il appelle patcr et magister *) et reçut en 1248 la licentia publiée legendi. De cette époque date l'origine de la plupart de ses ouvrages théologiques. En 1255, il fut mêlé aux différends qui divisaient les séculiers et les réguliers, et se défendit vaillamment, à côté de Thomas d'Aquin avec qui il se lia d'une amitié étroite. Ce n'est que le 23 octobre 1257 que l'Université, cédant aux injonctions papales, lui conféra, en même temps qu'à S. Thomas, le titre de magister. Cette même

') Felder, op. cit., pp. 284-301. — ') In II l. Sent., dist. XXIII, q. 3. Cf. 254.

300 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIIIe SIÈCLE.

année, Bonaventure fut appelé au généralat de son ordre. En 1260, il rédigea, au chapitre de Narbonne, les nouvelles constitutions franciscaines ; il fut créé cardinal en 1273 et prit part au concile de Lyon, mais mourut en 1274, avant la fin des travaux. La postérité lui donna le nom de doctor dévolus, et, à partir de Gerson, celui de doctor seraphicus.

Parmi les ouvrages théologiques nécessaires à l'intelligence de la philosophie de S. Bonaventure, et dont l'authenticité n'est pas douteuse, citons ') : i° Commentarii in 4 l. sententiarum P. Lombardi, commencé vers 1248, et où Bonaventure, tout en se réclamant d'Alexandre de Halès, son maître, s'élève bien au-dessus de lui par la profondeur et la clarté doctrinale. Les passages de la Somme d'Alexandre où on a cru découvrir un plagiat de Bonaventure sont, au contraire, des interpolations, introduites après et d'après Bonaventure ; 2° Quaestiones disputatae (notamment de paupertatc) ; 30 Breviloquium (avant 1257); 4° Ie célèbre Itinerarium mentis in Deum (en 1259); 5° de reductione artium ad theologiam, classification du savoir humain.

Les principaux ouvrages de mystique sont de triplici via, et Solitoquium, imités de Hugues de S. Victor.

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