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I. — LOGIQUE

35. Notion de la logique. — Aristote est le créateur de la logique ou de 1' « analytique >► de l'esprit. Renchérissant sur Socrate et sur Platon, qui n'avaient approfondi que l'élaboration des concepts généraux, Aristote a fixé Y ensemble des lois que doit suivre V esprit humain pour acquérir la science. Son point

de vue est avant tout méthodologique, et bien que la logique, dans l'économie de son système, ait d'étroites attaches avec la psychologie et la métaphysique, elle joue surtout le rôle d'un instrument du savoir : elle fixe la science dans sa forme, abstraction faite de son contenu.

Qu'est-ce que savoir t C'est connaître ce qu'est une chose, son essence ; c'est se rendre compte des causes de sa réalité. La démonstration scientifique, et le syllogisme qui est à sa base, nous apprennent à découvrir l'essence des choses et leurs causes : voilà pourquoi ils constituent le pivot de la logique d'Aristote, et font l'objet de son principal traité, les Analytiques. Mais l'un et l'autre de ces deux processus de l'esprit supposent une étude des opérations élémentaires en lesquelles ils se résolvent : le concept et le jugement.

36. Le concept et le jugement. — Le concept nous représente les choses sous des déterminations abstraites et générales, les unes propres à une seule espèce de choses, les autres communes à diverses espèces d'un même genre. La logique s'occupe du concept pour autant qu'il devient élément d'un jugement. Aussi, quand Aristote transpose dans sa logique la classification des êtres en* Catégories, il entend par là, non point des classes de choses telles qu'elles existent en dehors de nous (40), mais des classes de concepts objectifs, en tant qu'ils sont susceptibles d'être prédicat ou sujet du jugement. Les Postprédicaments sont une ajoute de l'école aristotélicienne.

Le jugement ou renonciation (ànoiçoivaiç) résulte de l'union de deux concepts, dont l'un est affirmé (prédicat) de l'autre (sujet). Le irspl épfxr/veta; étudie la qualité des jugements (affirmation, négation), leur quantité (universalité, particularité), leur modalité (nécessité, possibilité, contingence).

37. La syllogistique. — C'est principalement la syllogistique qui préoccupe Aristote (Premières Analytiques). Le premier, il décrit ce procédé par lequel l'esprit humain, n'apercevant pas immédiatement le rapport entre deux concepts, termes d'un jugement, les compare successivement à un terme moyen. Le

syllogisme est un raisonnement dans lequel, certaines choses étant posées (prémisses), une autre chose en résulte nécessairement (conclusion). Rattacher les idées les unes aux autres en déduisant le particulier du général, coordonner et subordonner les notions de notre esprit suivant leur degré d'universalité, tel est le processus mental qui nous conduit à la science. Le syllogisme fait voir que le prédicat de la conclusion est enveloppé dans la compréhension d'une tierce idée, qui comprend dans son extension le sujet de la conclusion. Les règles du syllogisme, leurs figures et leurs modes sont exposés avec une sûreté et une précision telles que la postérité n'a pas eu à retoucher les leçons du Stagirite. L'induction, opposée au syllogisme, est un procédé qui va du particulier, c'est-à-dire de l'observation des faits, au général, c'est-à-dire à l'abstraction de l'essence ou du type qui se révèle dans les cas particuliers. On peut dire qu'Aristote a posé les principes de l'induction scientifique.

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