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SILVESTRE DE FERRARE. CAJETAN

lus. Mais, tandis que celui-ci butine à travers les œuvres de S.Thomas et fait entrer sa doctrine dans les cadres des Sentences de P. Lombard, ceux-là commentent méthodiquement, en suivant le texte du maître, l'un la Somfne Théologique, l'autre la Somme contre les Gentils. Ces commentaires sont remarquables de clarté et de pénétration. Aujourd'hui encore les exégètes du thomisme les consultent avec fruit, et on les juge dignes de réimpression.

Le plus parfait de ces deux commentaires est celui de Cajetan. On y rencontre, outre une exposition des doctrines thomistes, diverses polémiques contre les scotistes et les averroïstes, que Cajetan avait rencontrés à Padoue. Sur la question de l'immortalité de l'âme, bruyamment agitée par Pomponatius, Cajetan se sépare de S. Thomas. Il tient que la théorie attribuée par Averroès est bien celle que le stagirite a défendue, et conçoit luimême des doutes sur le pouvoir de la raison dans sa démonstration de l'immortalité de l'âme. Ce qui explique qu'un de ses confrères, qui fut pour lui un adversaire violent, Barthélémy Spina de Pise, confondit dans une commune réfutation Pomponatius et Cajetan : Propugnaculum Aristotelis de immort, anitnae contra Thomam Cajetanum ; Tutela veritatis de immort, animae contra P. Pomponatium ; Flagellum in très libros apologiae ejusdem.

Cajetan exerça une grande influence sur Vittoria, le fondateur de l'école de Salamanque, et ainsi se trouve établi un lien entre l'école thomiste et la scolastique espagnole du XVIe s.

454. Sources et Bibliographie. — De J.Versor, les Quaest. s. veterem artem existent en incunables de Venise ( 1497) el de Cologne (i486, 1497, 1503), ces 3 dern. édit. contiennent les comment, s. omnes libros novae logicae et sur le de ente et essentia ; Comment, sur P. Hispanus ont reçu nombr. édit. — De même le Clipeus thomist. de Nigri, notamment à Venise 1504. — De G. de Monte, le comm. de ente et essentia et VAf>o/ogetica, à Cologne vers 1492 ; le comment, seul en 1489 — Comment, de L. de Monte, Cologne 1493, 1488, 1505, 151 1 ; de G. Harderwijk, Cologne, 1494 ; de A. de Luyde, Cologne 1507, 1496, 1500. De P. Soncinas : 5. artem veterem, Venise 1499, !5^7- Ed- traités de J. a Lapide àBàle ; defallaciis de Taegius, Pavie 151 1 ; traités de M. Saravetius, Rome 15 16; de D. de Flandre, Venise 15 14, 1587, Cologne 1621 ; de Manzolus à Venise, 1523. Summularum artis dialecticae interf>retatio de P. de Bruxelles, Paris, 1508 ; Quodlibet de C. Kôllin, à Munich, 1523.

524 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE DU XVe AU XVIIe SIÈCLE.

Sur tous ces personnages, v. Prantl, op. cit., IV, pp. 220 et suiv. 273 et sui?. à qui nous empruntons un grand nombre de renseignements bibliographiques. Sur H. de Campo, Dominique de Flandre et P. Bruxelles, Cf. notre HisL pkiL scol. de P. Bas, pp. 309, 314 et suiv.

Les comment de la S. contra génies de S. Ferrare ont reçu nombr. édit., la prera. à Venise en 1524 du vivant de l'auteur, la dernière et la meilleure à Paris en 1660. Sestili a fait paraître en 1898 à Rome le premier vol. d'une édit. nouvelle. Les autres comment, de S. de Ferrare ont été édit. à Venise 1517, 1577, 1619 et à Rome. — Les opuscules de Cajetan ont reçu de nombreuses édit. spéciales à Venise (1506, 1587, 1599 etc.), Rome, Paris, Bologne et nous renonçons à les citer. Plus nombreuses encore sont les édit. des comment, de la Somme, soit seuls, soit joints à la Somme. Ils sont joints à la récente édit. romaine de la Somme (n° 310). Il n'y a pas d'édit. complète des œuvres de Cajetan. Deux collect, partielles, mais qui se complètent, à Anvers 1612, et Lyon 1541.V. le détail des édit. ds un art. du Dict. de théol. cath. (au mot Cajetan, 1904) de Mandonnet. — Édit. des trois traités de B. de Spina en 15 18.

§ 3. — La scolastique espagnole.

455. Notions générales. — Le xvie s. est témoin d'une éclatante restauration de la théologie et de la philosophie scolastiques.Le mouvement théologique, qui fut le principal, naît d'une réaction contre la Réforme ; il sort des délibérations du concile de Trente (1563) et s'inspire de l'œuvre théologique de S. Thomas, proclamé docteur de l'Église par Pie V en 1567. Ce sont les hérésies qui guident la théologie dans le choix des questions sur lesquelles elle reporte ses prédilections.

La restauration philosophique, qui se développe parallèlement à la restauration philosophique, se caractérise d'abord par un retour aux grandes systématisations du XII P s., et principalement au thomiste. On rassemble et on classe les théories et les arguments pour les soumettre à une minutieuse critique. D'autre part les doctrines organiques (282-307) reçoivent une interprétation originale^ et des théories nouvelles se font jour. Pour ces diverses raisons, la scolastique espagnole est un mouvement d'idées autonome, et on ne pourrait considérer ses représentants comme de simples commentateurs, même si on rencontre chez eux des déclarations en ce sens. — On trouve aussi chez certains d'entre eux X influence des préoccupations nouvelles de la Renais-

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