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Deuxième groupe de problèmes : la nature de

l'àme. — i° Lame et le corps. La définition de l'âme précise ses relations avec le corps : puisque l'âme est la forme du corps, elle est sa détermination intrinsèque. La psychologie n'est pas l'étude de l'âme (Platon), mais de l'homme, composé de corps et d'âme ; ce n'est point l'âme (Platon), mais l'organisme qui est le siège des fonctions végétatives et sensibles.

20 Spiritualité et im?nortalité . A raison- des fonctions qu'elle accomplit sans le concours intrinsèque et immédiat de l'organisme, l'intelligence (joù^) est spirituelle ; et son immatérialité entraîne son immortalité.

La théorie de l'immortalité a soulevé chez les commentateurs d'Aristote des controverses séculaires ; -elle présente des difficultés, à raison de la scission établie entre l'intellect passif et l'intellect actif. Celui-ci seul est impérissable. Dès lors, s'agit-il d'une immortalité personnelle ou impersonnelle? Parlant du bonheur de la vie future, le Stagirite le compare à une espèce d'insensibilité, les morts, dit-il, ne pouvant agir. En réalité cependant, il s'est abstenu de donner une solution précise à ce troublant problème, et s'est borné à enseigner la survie du principe pensant. L'isolement de Dieu et de l'homme persiste dans la vie future.

55. Éthique. — La philosophie pratique subordonne la connaissance à la direction de la conduite. Sous le nom de Politique, Aristote entend en général la science de l'ordre à établir dans nos actes. Mais il distingue l'Ethique et la Politique proprement dite.

L'éthique a pour objet l'étude des actes de l'individu dans leur rapport avec la fin dernière. Que l'activité humaine tende vers une fin dernière, cette thèse n'est qu'une application de la loi de la finalité. (50,4°). Or, la fin de l'homme consiste dans l'exercice harmonieux de toutes ses facultés (y compris les facultés sensibles), et formellement, dans le déploiement de ses

activités les plus élevées, les activités intellectives. La possession de la fin constitue le bonheur; et comme la vertu n'est que l'exercice bien approprié d'une activité, la fin de l'homme s'appelle tantôt la vertu , tantôt le bonheur.

De même qu'il y a une raison théorique et une raison pratique, de même il y a une double série de vertus, les vertus dianoètiques, les plus élevées, les vertus morales subordonnées, mais non moins essentielles au bonheur. Il est d'autres éléments du bonheur, tels la fortune, le plaisir, mais ils sont secondaires. La morale d'Aristote est un eudémonisme rationnel.

Les vertus morales forment l'objet propre de l'éthique. Elles sont définies : une disposition de la volonté à suivre les jugements de la raison qui nous indiquent quel est, entre des tendances opposées de notre nature, le juste milieu qu'il convient de garder. Dans sa psychologie, Aristote admet la liberté, sans s'étendre sur les difficultés que cette notion soulève. Il ne scrute pas davantage cette idée en éthique; par contre, il se livre à une étude détaillée de plusieurs vertus morales particulières, notamment de l'amour (<ftXt\*) et de l'amitié, fondements de la famille et de la société.

56. Politique. — La politique est l'étude des actes sociaux. L'homme est naturellement social (<puaei îroXtnxov Syov) et la forme parfaite de la société est l'Etat. Assurer le bonheur du citoyen dans la société et, de ce chef, élever le peuple dans la pratique de la vertu, qui seule conduit au bonheur, telle est la mission de l'Etat. Quant à la forme de l'Etat, la meilleure n'est pas nécessairement la république (Platon), mais celle qui convient le mieux au caractère et aux besoins du peuple — ce qui n'empêche pas Aristote de trouver l'idéal absolu de l'État dans la forme aristocratique.

La famille est un élément de l'Etat ; elle comprend les relations de l'homme et de la femme, des parents et des enfants, du maître et du serviteur. La femme est la libre compagne de l'homme, mais est soumise à son autorité ; l'enfant n'a aucun droit vis-à-vis du père dont il est partie ; l'esclavage est nécessaire et légitime.

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