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CHAPITRE TROISIÈME

LA PHILOSOPHIE GRECQUE DEPUIS LA MORT d'aRISTOTE

jusqu'à l'avènement de l'école néo- platonicienne.

(de la fin du IVe s. av. J.-C. jusqu'au III0 s. ap. J.-C.)

§ 1 . — Notions générales.

58. Caractères généraux. — i° La prédominance de la morale est le caractère fondamental de la philosophie après la

mort d'Aristote. Les événements extérieurs ne furent pas sans influer sur cette orientation nouvelle des idées. La bataille de Chéronée (338) mit fin à l'indépendance politique de la Grèce. Désormais ses destinées furent liées à celles de la Macédoine, et plus tard, à celles de la république romaine. Les malheurs publics atrophièrent la puissance synthétique du génie grec, et les penseurs de ce temps, se repliant sur eux-mêmes, songèrent avant tout à la sécurité personnelle. Ils éprouvaient un besoin d'autant plus pressant de demander à la philosophie le secret du bonheur, que le scepticisme religieux gagnait de jour en jour du terrain.

20 La morale en honneur est la morale personnelle. Pour tous, le bonheur consiste dans la quiétude de l'âme, mais tous ne s'accordent pas sur les moyens de la posséder. On se désintéresse de la morale sociale et politique.

30 Les spéculatio?is théoriques sont subordonnées à la morale. Volontiers on emprunte au passé des doctrines toutes faites, sans se donner la peine d'en édifier de nouvelles.

40 La philosophie devient cosmopolite, comme la civilisation grecque, et se dépouille de tout sentiment de nationalité. La conquête macédonienne disperse les Grecs ; les cités de la mèrepatrie se dépeuplent, et les émigrés se dirigent vers d'autres centres importants : Alexandrie, Rome, Rhodes et Tarse ne tardent pas à rivaliser avec Athènes.

59. Division de cette période. — i° Au début du 111e siècle, quatre grandes écoles se trouvent en présence : l'école péripatéticienne, l'école stoïcienne, l'école épicurienne, et la nouvelle Académie, continuant la lignée platonicienne. Pendant un siècle et demi ces diverses écoles vivent côte à côte, poursuivant chacune dans la plus complète indépendance leur idéal respectif.

20 Mais, dès la seconde moitié du 11e siècle av. J.-C, les philosophes se départissent de l'absolue pureté de doctrine professée par les fondateurs de leurs écoles respectives. On peut dire, en général, qu'ils sont éclectiques.

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