SOURCES ANCIENNES ET MODERNES
incidemment des philosophies byzantine, arabe et juive, sans leur consacrer des sections spéciales.
Enfin, il n'y a pas lieu de tenir compte, en Occident, d'un principe de classification géographique, la philosophie étant internationale, comme toute la culture scientifique et la civilisation du moyen âge.
123. BIBLIOGRAPHIE. — Picavet, Le moyen âge, caractéristique thêologique tt philosophicoscientifique. Limites chronologiques. Dans Entre Camarades (Paris, 1901). Considérations très générales. — V. de nombreuses divisions de la philosophie dans les traités signalés.
§ 3. — Sources anciennes et modernes d'ordre général,
124. Les sources anciennes. — Les manuscrits philosophiques du moyen âge constituent évidemment la source primordiale d'une histoire philosophique. Ils sont disséminés, en très grand nombre, dans les fonds des bibliothèques européennes. Beaucoup sont inédits et même inconnus. L'histoire de la philosophie bénéficiera de la publication entreprise, un peu partout, des catalogues de manuscrits pour les diverses bibliothèques. D'autre part, la publication des textes inédits, la réédition critique, et surtout le travail d'attribution des œuvres, particulièrement délicat pour la philosophie du moyen âge, se poursuivent vigoureusement depuis quelques années.
En dehors des œuvres de philosophie, il faut, pour trouver d'autres documents, consulter les sources générales de l'histoire des idées, le moyen âge n'ayant pas laissé des travaux consacrés ex/>ro/esso à l'histoire de la philosophie. Ces sources sont très nombreuses et de valeur inégale. Ce sont, par exemple, les œuvres des annalistes anciens, continuateurs du de viris illustribus de S. Jérôme (Isidore de Séville, Sigebert de Gembloux, Honoré d'Autun, etc.) et dont les renseignements ont été rassemblés par Trithemius au xv°, Miraeus au xvne, Fabricius au xvm8 s. Ce sont surtout les histoires-biographies de tous les écrivains d'un ordre religieux : chaque ordre eut son ou ses annalistes ; très souvent ils sont tentés de magnifier le passé, mais des compilations comme celle de Quetif- Echard, Scriptores Ordinis Pracdicatorum, Paris, 1719, 2 vol. ont une grande valeur historique. Ce sont aussi les dictionnaires de biographies nationales, constitués par pays (parfois par provinces), comme Y Histoire littéraire de France, commencée par les Bénédictins de St-Maur au xvni* siècle. Les nombreux recueils de Scriptores Ecclesiae fournissent aussi des documents, à raison des liens qui ont uni la philosophie à la théologie.
Ces sources anciennes n'étant pas propres à la philosophie du moyen âge.
nous renvoyons aux bibliographies modernes qui s'en occupent ex pro/esso, nous réservant toutefois de mentionner Tune ou l'autre de ces sources à propos d'une question spéciale. Les principaux ouvrages modernes de bibliographie générale sur le moyen âge sont : Ebert, Atlgemeine Geschichte d. Litteratur des Mittelalters im Abendlande (3 Bd. 1874-1887) ; H. Oesterley, Wegweiser dure h die Litteratur der Urhundensammlungen (2 Bd. 1885, 1886) ; U. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge. 1. Bio-Bibliographie (Paris 1877- 1886, et suppl. 1888) ; Potthast A., Bibliotheca historien medii aevi(2. Aufl. 1896) ; Bernheim E., Lehrbuch der historischen Méthode und d. Gcschichls-philosophie (4e Aufl. 1903) et les bibliographies relatives à des pays particuliers comme Wattenbach, Deutschlands Geschichtsquellen im Mittelalter bis zur Mit te d. 13. Jahrh. (7. Aufl. 1904) ; Lorenz O., Deutschlands Geschichtsquellen im Mittelalter seit der Mit te des 13. Jahrh. (3. Aufl., 2 Bd., 1886).
125. Ouvrages modernes. — On ne trouvera dans cette bibliographie que les ouvrages et les études relatifs à la philosophie du moyen âge en général. Les ouvrages spéciaux seront signalés au cours du livre. De plus, cette liste n'est pas complète, elle n'embrasse que les œuvres les plus importantes ou les plus récentes.
1° Ouvrages généraux sur rhistoire philosophique du moyen âge. — StôC&l, Geschichte der Philosophie des Mittelalters, Bd. I-III (Mayence, 1864-1866). Grande valeur doctrinale, devenu insuffisant au p. v. documentaire ; Hauréau, Histoire de la philosophie scolastique (3 vol. 1 872-1880). Très érudit, se méprend sur les doctrines philosophiques qu'il mutile d'ailleurs, au p. v. rationaliste, à consulter avec prudence ; Ueberweg-Heinze, Grundriss d. Gesch. d. Philos., II. Die mittlere oder die patristische und scholastische Zeit (8. Aufl., 1898) ouvr. très précieux au p. v. bibliographique. Une partie de Pouvr. est revue par M. Baumgartner, une autre par M. Wehofer ; Windelband, Zur Wissenschaftsgeschichte der romanischen Vôlker (dans Grôber, Grundriss d. romani se h en Philologie, IF, 1893, pp. 55o-578),objectif. Très résumé. Suit ordre chronologique; Willmann, Geschichte d. Idealismus, t. II. Pères de l'Église et moyen âge (Brunswick, 1896). Etude idéologique. Excellent ; Gonzalez, Histoire de la Philosophie, t. II (1898). Bon, mais insuffisant; Erdmann, Grundriss d. Geschichte d. Philosophie (4e Aufl., 1896), résume œuvres philos, et trav. modernes. Les travaux de Werner embrassent presque tout le moyen âge, mais sont faits souvent avec légèreté et l'auteur prend pour norme de ses jugements la théorie surannée du Guntherianisme (v. plus loin au cours de l'ouvrage) ; Adlhoch B., Praefationes ad artis Scholasticae inter Occidentales fat a (Brunae, 1898), intéressant, l'auteur exagère le côté idéologique et ne tient pas assez compte de l'ordre historique ; De Wulf, Histoire de la philos, scol. ds. les Pays-Bas, etc. (Louvain, 1895) ; Introduction à la Philosophie nêo-scolastique (Louvain, 1904). La première partie contient des études générales sur la scolas-