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DAVID DE DINANT

de Paris ; la même année, un groupe de prêtres et de clercs sont condamnés à Paris pour s'être faits les protagonistes de ces hérésies, et les prohibitions sont réitérées cinq ans plus tard, par Robert de Courçon à Paris et par le concile de Latran.

30 David de Dînant. Indépendamment d'Amaury de Bènes, David de Dînant en Belgique ou de Dinan en France — un personnage dont la vie est presque inconnue, mais dont les écrits eurent leurs heures de célébrité — formule dans les dernières années du XIIe s. le panthéisme matérialiste le plus entier. Le titre de son ouvrage de totnis id est de divisionibus (également cité sous le nom de Quaternuli) accuse déjà l'influence que J. Scot dut exercer sur le philosophe panthéiste. Peut-être aussi David connut-il le Fons vitae d'Avicebron, mais son panthéisme n'a rien de commun avec le de unitate de Gundissalinus (v. p. 1.), comme on l'a pensé longtemps, ce dernier ouvrage étant conçu dans l'esprit de l'individualisme scolastique x).

Nous connaissons David de Dinant par les appréciations qu'ont portées sur lui Albert le Grand et Thomas d'Aquin, et par les condamnations dont ses œuvres furent l'objet. Dieu est la matière identique qui gît au fond des êtres a). Il est vrai que David dresse une triple catégorie de substances : Dieu, les âmes et la matière, mais ces trois êtres se confondent dans une même unité numérique. Albert le Grand nous a conservé son raisonnement subtil : « Pour que deux choses puissent différer, il faut trouver en elles un élément commun et un élément différentiel. Or, si l'esprit différait de la matière, il y aurait une matière dans la matière première, et il faudrait procéder à l'infini 3). »

Les Quaternuli furent condamnés, en 12 10, au concile réuni à Paris par Pierre de Corbeil, archevêque de Sens. Cinq ans plus tard, le cardinal Robert défendit de lire les ouvrages de David à Paris dans les Facultés de théologie et des arts. La même proscription frappa Amaury et Maurice d'Espagne 4).

') Nous corrigeons en ce sens notre Histoire de la PhiL scol. etc. p. 36. — ') S. Thomas, 5. theolog. I, q. III, art. 8, in corp. — ') Ai-b. Magnus, 5. theolog. p. i", tr. 4, q. 20, m. 2. — 4) ChartuL univ. Paris., publié par Denifle et Châtelain, I, 70.

Amaury de Bènes et David de Dinant apparaissent à l'aurore du xiii s., mais tous deux appartiennent à l'époque qui vient de finir. Ni l'un ni l'autre n'ont connu les écrits d'Averroês, le grand « commentateur » d'Aristote au XIIIe s. A la période suivante, l'antiscolastique continuera de guerroyer sous des formes nouvelles contre la scolastique triomphante.

209. Sources et Bibliographie. — Barach et Wrobbl ont édité le de mundi universitate libri duo sive Megacosmus et Microcosmus de B. Silvestris (Bibl. philos, mediae aetatis, 1876).

Bjeumker, Ein Tractât gegen die Amalricianer aus dem Aufang d. XIII. Jahrh. (Jahrb. f. Phil. u. spekul. Theol. 1893, p. 346). Ce traité publié par Baeumker constitue une source de premier ordre pour l'intelligence des théories amauriciennes. Les autres sources sont Césaire d'Heisterbach, Guillaume le Breton, et une relation des actes du concile qui condamna Amaury, et que publient Martène et Durand, Thésaurus Anecdotorum, IV, 163. Sur Amaury, v. Delacroix, op. cit., chap. II. — Jourdain, Mémoires sur les sources philosophiques des hérésies d' Amaury de Chartres et David de Dinant (Excursions, etc., 1888, p. 101). Conclusions à modifier.

Section ame. — La Philosophie byzantine.

210. Ses caractères généraux. — Bannie d'Athènes par le décret de Justinien en 529, forcée d'évacuer Alexandrie lors de l'invasion des Arabes en 640, la philosophie grecque se transplante dans la capitale de l'empire d'Orient (89-91). Elle s'y maintient pendant tout le moyen âge, mais son développement est irrégulier, lent, comme le génie byzantin lui-même. Bien que les idées antiques aient été recueillies de première main et dans leur forme originale par la philosophie byzantine, leur infiltration y est beaucoup plus superficielle que dans la science arabe, qui les reçut par de nombreux intermédiaires

(Sect. 3me).

Prise dans son ensemble, l'œuvre de la philosophie byzantine est peu féconde ; elle a des allures encyclopédiques ; ses représentants se réclament les uns de Platon, les autres d'Aristote, sans avoir de personnalité bien marquée.

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