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Principaux représentants. — Déjà les derniers

tenants du néo-platonisme, Themistius et Proclus (89, 90), ont des attaches avec Byzance. Mais on ne rencontre pas de nom saillant avant le VIIIe s. Malgré d'innombrables difficultés créées par les règnes tourmentés de la dynastie isaurienne, Jean Damascène (t avant 754) tente l'accommodation des doctrines aristotéliciennes et néo-platoniciennes au dogme chrétien. On peut dire que sa Urr/ii yvwaew; est un premier essai de synthèse philosophique. Ses divisions sont hiérarchisées et chaque partie contient des prolégomènes philosophiques (xe^àXatz <pi).o*o<fixâ) où l'on trouve mainte doctrine aristotélicienne de logique et de métaphysique. L'ouvrage de J. Damascène était fort répandu, même en Occident (181).

Michel Psellus l'Ancien et surtout le patriarche Photius remplissent le IXe s. Celui-ci est un philologue distingué et le premier philosophe de son temps. Il se fait l'ardent promoteur de l'aristotélisme, et poursuit de ses critiques le réalisme platonicien.

Ce que Photius entreprend pour la restauration de l'aristotélisme, Arethas, son disciple (xe s.), le réalise pour le platonisme. Arethas appartient d'ailleurs, comme Nicetas le Paphlagonien, et comme Suidas, l'auteur d'un lexique bien connu, à cette pléiade de savants que savait encourager l'esprit libéral et élevé de l'empereur Constantin VII Porphyrogénète . Le Xe s. est un des plus brillants de la civilisation byzantine, tandis qu'il marque un arrêt en Occident. Toutefois, le souffle qui anime la science byzantine au Xe s. n'est pas celui de la nouveauté ; ses représentants n'ont d'autre ambition que de garantir contre l'oubli le legs littéraire du passé et la collection des œuvres existantes. Il va sans dire que la philosophie bénéficie, comme les autres sciences, de ce souci conservateur.

La personnalité scientifique la plus marquante du XIe s. est Michel Psellus. Premier ministre de Michel Parapinakes, professeur de l'Académie de Constantinople — une création récente de l'empereur Constantin Monomache — , Psellus est

l'initiateur d'un mouvement qui aboutit sans solution de continuité au platonisme de la renaissance italienne. Ce n'est pas un simple compilateur ; il professe un éclectisme teinté de néoplatonisme • et d'aristotélisme. Psellus écrit des ouvrages platoniciens (par exemple Et; ryjv tyvyoyoviav tov Ulàzwoç) ; il commente en outre le Traité des cinq voix de Porphyre, le Ifcpt épfjLyjveta; d'Aristote.

Le XIIe s., qui marque l'apogée de la science byzantine, n'est pas aussi fécond en œuvres philosophiques. Notons cependant le nom de quelques commentateurs d'Aristote : Johannes Italus, successeur de Psellus à l'Académie, Anne Comnène (1083- 1148), Michel d'Éphèse, disciple de Psellus, et Eustratius de Nicée. Nicolas de Méthone ne fait que copier en tout ou en partie le traité écrit au Ve s. par Procopius de Gaza contre la orot^siWt; Qt(ùloyMYi de Proclus (105).

212. Rapports de la philosophie byzantine et de la philosophie occidentale. — Le schisme grec (858) fut le point de départ de malentendus séculaires entre l'Occident et l'Orient. Aussi, avant le XIIIe s., le contact des deux civilisations est superficiel, et ces deux grandes familles humaines travaillent chacune de leur côté, sans échanger les résultats de leurs spéculations. Les croisades et surtout la prise de Constantinople en 1204 mettent fin à cet isolement : à partir du xme s., un fait caractéristique marque l'évolution de la philosophie byzantine : elle fait apport de ses idées à la philosophie occidentale.

213. Sources et Bibliographie. — Ludwig Stbin, Die Continuitàt der gricchischen Philosophie in der Gedankenwelt der Byzantiner (Arch. f. Gesch. d. Philos., Bd. II, H. 2, 1896). — K. Krumbacher, Gesch. der byzantin. Litteratur. 2 Aufl. Miinchen, 1897. — Articles de M. Huit, dans Annales Philos. Chrét.,

Section 3,n0. — La Philosophie orientale.

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