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CHAPITRE

223. La philosophie occidentale, arabe, juive et byzantine. — Le xme s. est l'âge d'or de la philosophie médiévale, et c'est en Occident que son triomphe éclate. A la fin du XIIe s., la philosophie occidentale entre en contact avec les philosophies arabe, juive et byzantine ; mais c'est à son profit exclusif. On dirait terminé le rôle historique des Arabes et des Juifs, tandis que le génie byzantin sommeille jusqu'à la Renaissance.

En effet, la lignée des philosophes arabes s'éteint avec Averroès, les mystiques qui lui ont succédé n'ayant qu'une importance secondaire dans cette histoire. Les Juifs ne produisent rien d'original. D'une part, les discussions sur le système de Maimonides sont circonscrites en quelques synagogues de Provence, de Catalogne et d'Aragon, où le fanatisme des Almahades avait contraint les Juifs de se transporter, et bien que le parti des philosophes rationalistes l'emporte sur celui des théologiens, il ne s'écarte pas des enseignements du Guide des égarés. D'autre part, la souveraineté d'Averroès sur les écrivains juifs s'affirme de plus en plus. Samuel Aben Tibbon, dans Les opinions des philosophes (commencement du xine s.), Juda ben Salomo Cohen, un des protégés de Frédéric II, dans La recherche de la sagesse (1247), l'espagnol Falaquera (né vers 1226), Ger- SON BEN Salomon, dans sa Porte des deux (2me moitié du

256 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIIIe SIÈCLE.

XIIIe s.), ne produisent que des encyclopédies dont Averroès fait tous les frais. Et c'est encore Averroès qui a les honneurs des nombreuses versions arabo-hébraïques du XIIIe siècle (225, II).

Quant à Byzance, sa production philosophique au XIIIe s. se résume dans l'œuvre de deux ou trois hommes qui sont des encyclopédistes bien plus que des penseurs : Nicéphore Blemmides (milieu du xme s.) et George Pachymeres (1242- 1310). Le premier mérita, à raison de l'étendue de son savoir, le surnom de philosophe (0 <pi).dao<poç) ; le second écrivit un résumé de toute la philosophie aristotélicienne et publia une paraphrase bien connue des œuvres du pseudo-Denys. Mais ce sont là pâles ébauches, éclipsées par les synthèses de la pensée scolastique.

C'est sur la philosophie occidentale, et principalement sur la scolastique que nous concentrerons notre attention pendant cette période.

224. Division de cette période. — La scolastique ne triomphe pas sans lutte ; elle se voit obligée d'engager une croisade philosophique contre des théories rivales et puissantes. D'autre part, tous ceux qui se réclament de ses solutions synthétiques ne maintiennent pas avec la même rigueur la pureté de ses principes fondamentaux, et Ton voit ainsi se produire quelques déviations de l'esprit scolastique. Trois chapitres auront respectivement pour objet :

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