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CHAPITRE PREMIER

NOTIONS GÉNÉRALES

227. Philosophie occidentale, arabe, juive et byzantine. — Le XIII* s. est l'âge d'or de la philosophie médiévale, et c'est en Occident que son triomphe éclate. A la fin du xii* s., la philosophie occidentale entre en contact avec les philosophies arabe, juive et byzantine ; mais c'est à son profit exclusif. On dirait terminé le rôle historique des Arabes et des Juifs, tandis que le génie byzantin sommeille jusqu'à la Renaissance.

En effet, la lignée des philosophes arabes s'éteint avec Aveiroès, les mystiques qui lui ont succédé n'ayant qu'une importance secondaire dans cette histoire. Une école arabe de théoloeiens chrétiens fut fondée par Jahja ibn Adî (f 1285), traducteur d'Aristote, auteur de traités théologiques où il défend les dogmes chrétiens '). Les Juifs ne produisent rien d'original. D'une part, les discussions sur le système de Maimonide sont circonscrites en quelques synagogues de Provence, de Catalogne et d'Aragon, où le fanatisme des Almahades avait contraint les Juifs de se transporter, et bien que le parti des philosophes rationalistes l'emporte sur celui des théologiens, il ne s'écarte pas des enseignements du Guide des égarés. D'autre part, la

') G. Graf, Die Philosophie uni Gotteslelre des yahjâ ilii Adî iind spàtercr Auioren. Skizzen meist nach ungedrucklen Quellen. (Beitr. Gesch. Phil. Milt. Mil, 7, 1910).

souveraineté d'Averroès sur les écrivains juifs s'affirme de plus en plus. Samuel Aben Tibbon, dans Les opinions des philosophes (commencement du xiii* s.), Juda ben Salomo Cohen, un des protégés de Frédéric II, dans La recherche de la sagesse (1247), l'espagnol Falaquera (né vers 1226), Ger- SON BEN Salomon, dans sa Porte des deux (2'"^ moitié du Xlll^ s.), ne produisent que des encyclopédies dont Averroès fait tous les frais. Et c'est encore Averroès qui a les honneurs des nombreuses versions arabo-hébraïques du xiii^ siècle.

Quant à Byzance, sa production philosophique au xiii^ s. se résume dans l'œuvre de deux ou trois hommes qui sont des encyclopédistes bien plus que des penseurs : Nicéphore Blemmides (1197 ou II 98-1 272) et George Pachymeres 1242- 13 10). Le premier mérita, à raison de l'étendue de son savoir, le surnom de philosophe (ô qpiXôcrocpoç) et rédigea notamment un épitome de logique et de physique ; le second écrivit un résumé de toute la philosophie aristotélicienne et publia une paraphrase bien connue des œuvres du pseudo-Denys. Ajoutons-y les noms de deux commentateurs aristotéliciens, SOPHONIAS et LÉON Magentinos. Mais ces hommes ne peuvent soutenir le parallèle avec les maîtres de la pensée occidentale.

C'est sur ces derniers, et principalement sur les scolastiques, que nous concentrerons notre attention pendant cette période.

228. Division de cette période. — La scolastique ne triomphe pas sans lutte ; elle se voit obligée d'engager une croisade philosophique contre des théories rivales et puissantes. Deux chapitres auront respectivement pour objet :

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